Tunis Wassila, de l’enfer familial à l’enfer conjugal





Wassila s’est mariée très tôt pour se sauver d’un père violent et alcoolique. Elle ignorait, malheureusement, qu’elle s’est jetée dans la gueule du loup ...

Tunis - Le Quotidien
La garde-robe était entrouverte. La jeune mariée ne savait pas quoi choisir entre les sous-vêtements pour faire plaisir à son mari.
A vrai dire le jeune couple est à sa quatrième nuit de mariage. Le henné est encore frais sur les mains de la mariée. Quant au jeune époux, il ne s’est pas toujours débarrassé de sa chemise blanche, celle qu’il portait le soir de son mariage.
Un couvre-lit cachait un drap en satin qui devait protéger les deux jeunes mariés du courant d’air et bientôt l’odeur d’un parfum pénétrant allait envahir toute la chambre.
Wassila tendit ainsi la main et ôta le couvre-lit avant de se glisser sous le drap en attendant que son mari vienne la rejoindre.
La même scène se répéta pratiquement tous les soirs durant ce premier mois de mariage. On s’attendait, en effet, à ce que la vie du jeune couple reprenne son cours normal.
L’époux devait, justement, prendre congé de sa femme et reprendre le travail. Seulement la reprise tarda à venir. Suscitant plusieurs interrogations, et obligeant la jeune mariée à en parler avec son époux.
Avec un sang-froid inégalable, le jeune mari confia, à sa douce moitié, ses intentions...
Wassila avait dix-neuf quand lorsqu’elle avait quitté le domicile familial. Elle n’avait jamais connu d’hommes à l’exception de son père. Elle est fille unique. Sa mère éternellement malade n’avait jamais réussi à tomber enceinte une seconde fois.
Son père bascula rapidement dans le monde de l’alcool. Il en était tellement accroc qu’il devint alcoolique. Il consacra la grande partie de son salaire pour sa consommation quotidienne d’alcool. Il jeta des miettes à sa femme et à sa fille.
Et lorsque, les deux femmes osaient contester, elles furent réprimandées de la manière la plus violente.
Wassila ne connut ni enfance heureuse, ni adolescence normale et quitta les bancs de l’école très tôt.
Alors qu’elle n’avait pas encore soufflé sa quatorzième bougie, on lui confia toute la corvée, s'occupant tantôt de sa mère mourante, tantôt de son père violent et agressif.
Wassila n’avait alors qu’un seul rêve, à savoir quitter cet enfer. Alors, lorsqu’on est venu demander sa main, elle n’avait pas hésité à dire oui quoi qu’elle n’avait jamais connu cet homme qui voulait d’elle comme épouse.
D’ailleurs son mariage fut célèbré dans la précipitation.
L’important était qu’elle quitte cet enfer.
Ainsi elle débarqua dans cette maison louée par son jeune mari. Wassila rêvait de la transformer en un véritable paradis. Elle voulait avoir plusieurs enfants.
Elle espérait rendre heureux son mari. Un mois durant, Wassila avait fait des projets qui tombèrent à l’eau sitôt son époux avait-il dévoilé ses intentions.
Wassila pouvait-elle faire marche arrière? Oserait-elle dire non?Aurait-elle le courage de demander le divorce après un mois de mariage?

Finalement, elle s’est laissée faire. Du coup, tous les soirs, son mari lui emmenait un nouveau client qui après avoir assouvi ses désirs glissait quelques billets dans les mains du mari qui, en un laps de temps très court, avait réussi à faire une petite fortune.
Le temps est, alors, venu pour se débarrasser d’une épouse n’étant plus bonne que pour le divorce. Seulement, comment s’en débarrasser?
Après mûre réflexion, le mari eut l’idée diabolique de se faire aider par l’un de ses amis. Il passa avec lui un contrat dans le seul but d’impliquer sa femme dans une sale affaire.
L’époux remit, en effet, la somme de trois cents dinars à son ami et lui demanda de s’esseuler avec sa femme dans la chambre à coucher. Après quoi, le mari, est allé informer les agents de police que son épouse le trompait à la maison avec un homme étranger.
Les deux amants furent, effectivement, pris en flagrant délit. Mais, à la dernière minute, l’ami décida de tout déballer aux auxiliaires de la justice.
Du coup, l’affaire prit une autre tournure.
Le trio fut traduit devant la justice.
Ils écopèrent chacun de huit mois de prison.
Pourtant Wassila avait certainement besoin qu’on lui trouve les circonstances atténuantes.

Habib Missaoui




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com