Une voix discordante





La décision du sénateur américain, de surcroît républicain, John Warner de se ranger dans le clan des opposants à la politique de Bush sur la gestion du dossier irakien est significative à plus d’un titre. Le sénateur en question vient refléter la position de 71% des Américains qui sont hostiles à la politique de l’Administration Bush dans le conflit irakien, un conflit inutile d’autant plus qu’il repose sur un casus belli monté de toutes pièces. Ce n’est plus un secret pour le commun des mortels.
Malgré le lever de boucliers de partout à ce sujet, l’Administration Bush persiste dans l’intransigeance et dans l’erreur. Bien plus, la démarche suivie jusqu’alors ne laisse aucun doute sur la détermination de l’Administration Bush à trouver une issue de secours caractérisée particulièrement par une fuite en avant. La décision de l’envoi de 21.000 Marines supplémentaires en Irak, ne constitue pas de l’avis de plusieurs observateurs la solution appropriée.
Le problème irakien nécessite une solution en profondeur qui rétablisse la souveraineté des Irakiens sur le territoire de leur chère patrie et non pas un gouvernement de façade issu de simulacre d’élections. La situation nécessite également le départ de toutes les troupes étrangères dont la présence n’a fait que raviver les tensions et attiser les violences.
La voix discordante du sénateur américain démontre si besoin est que la politique de Bush ne fait plus l’unanimité parmi les siens et qu’il existe un certain malaise au sein des Républicains.
L’administration Bush est appelée plus que jamais à revoir sa stratégie dans la région et appréhender la réalité dans toute sa dimension et en toute objectivité pour épargner un désastre de plus en plus éminent.
Toutes les données laissent penser que l’Administration Bush, insensible aux critiques, ne semble point disposée à lâcher du lest et demeure disposée à poursuivre l’escalade dans l’espoir de parvenir à une sortie honorable.
La voix discordante de John Warner constitue sans aucun doute une brèche significative dans la stratégie de Bush dans la gestion du conflit irakien. Elle constitue un signal d’alarme qui mériterait d’être appréhendé dans sa véritable dimension.

Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com