Perçu comme hostile par le Kremlin : Le bouclier antimissile américain se rapproche de la Russie





La Russie s'inquiète des projets de déploiement de bases américaines de défense antimissile en Europe de l'Est alors que Washington négocie leur installation avec Varsovie et Prague. La presse russe suit attentivement une évolution perçue comme hostile par le Kremlin.

Le Quotidien-Agences
Pour la première fois, le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek a confirmé la demande faite par Washington d'installer en République tchèque une base militaire américaine dans le cadre du système de bouclier antimissile des Etats-Unis. "Nous sommes prêts à entamer des négociations sérieuses concernant la proposition américaine et les conditions de sa réalisation. Je pense que l'installation d'un radar sur notre territoire est dans notre intérêt", a-t-il déclaré samedi 20 janvier, rapporte la Nezavissimaïa Gazeta. Et le journal moscovite de titrer : "Le Pentagone recrute Prague", précisant que "Varsovie est son deuxième partenaire dans la guerre spatiale". En effet, "les Américains veulent déployer en Europe leur système de défense antimissile dans deux pays de l'ancien pacte de Varsovie", note N.G. : un radar en République tchèque et une base de missiles antimissiles en Pologne. Washington assure vouloir installer un bouclier européen aux possibles attaques de l'Iran et de la Corée du Nord. La réalisation de ce plan coûterait 1,6 milliard de dollars.
Mais rien n'est acquis, à en croire les sondages. "La majorité des Polonais (54 %) sont contre l'installation de missiles américains", note Vremia Novostieï et "craignent une dégradation des relations avec la Russie". D'après le quotidien russe, les propositions américaines sont "un cadeau dangereux".
Officiellement, côté russe, on éprouve une certaine inquiétude. Pour le chef d'état-major russe Iouri Balouevski, "la Russie et la Chine sont les véritables cibles du bouclier antimissile américain", rapporte N.G. Par ailleurs, le journal souligne que "l'Iran et la Corée du Nord, qui ne disposent pas des technologies de production de missiles balistiques intercontinentaux, se trouvent loin, alors que la frontière russe est proche". Pour le général Vladimir Beloous de l'Institut moscovite d'économie mondiale et de relations internationales (IMEMO), "la création de bases antimissiles américaines en République tchèque et en Pologne peut être perçue comme un geste antirusse de la part de l'administration Bush".
Mais d'autres voix se montrent plus mesurées. Le général Vladimir Dvorkin, autre expert à l'IMEMO "est persuadé que le potentiel stratégique russe de résistance n'est pas menacé", rapporte la Nezavissimaïa Gazeta. De même que Kommersant cite le ministre de la Défense Sergueï Ivanov pour qui "l'apparition du bouclier antimissile américain en Europe de l'Est ne nous plaît pas, mais elle n'aura pas d'impact sur la sécurité de la Russie, parce que nous avons de nouveaux missiles mobiles Topol-M qui supplantent n'importe quel système antimissile".




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com