Exposition Les nuances qui font… la différence !





L’artiste peintre japonais Hideyuki Ozawa n’est pas à sa première visite en Tunisie. Cette fois-ci, cet artiste a prolongé son séjour, choisissant d’ouvrir son album de souvenirs pour les fidèles de l’Espace «Caliga»… Une invitation ouverte pour les passionnés de l’art japonais même si les prix sont un peu piquants comme «la sauce de soja».

Habitué des ambiances tunisiennes, l’artiste Hideyuki Ozawa semble avoir trouvé sur la terre de Carthage le déclic pour donner le jour à de nouvelles œuvres qui rompent avec le quotidien japonais. Après un bon séjour à Douz où il a nourri son âme et son ouie par la lumière féerique du désert tunisien, ce Japonais a continué sa balade ici et là avant d’achever son périple à El Menzah 6, sur les cimaises de l’Espace «Caliga».
Invité par l’Amicale des Diplômés des Universités Japonaises, cet artiste offre au visiteur un survol virtuel du vécu nippon à travers plus d’une trentaine de tableaux qui ornent les murs de cet espace jusqu’à la fin du mois courant. «Chaque saison apporte sa palette de couleurs» tel semble être le slogan de Hideyuki Ozawa qui a choisi d’être à l’écoute de la nature conformément aux traditions de la peinture japonaise. «Vent d’automne»,«Début d’automne», «Le printemps», «Début de l’été», «Couleurs d’automne», «Début d’une soirée printanière» et d’autres œuvres racontent le changement des saisons qui fait de l’Archipel une belle œuvre artistique. On admire ces fleurs rouges qui jaillissent du fond des toiles, captivant les regards et plongeant l’Espace «Caliga» dans une ambiance printanière.
Grâce à une palette riche, Hideyuki Ozawa a peint toutes les nuances des saisons tout en restant fidèle aux sujets de la peinture de l’art traditionnel japonais et surtout à la gamme japonaise de couleurs où chaque nuance a une signification très précise. Dans cette balade hors temps, au fil des jours et des saisons, les œuvres d’Ozawa flashent les mémoires rappelant les collections du Musée National de Tokyo, des collections qui remontent à la période Edo. Sur les pas de ses ancêtres, Hideyuki Ozawa a marché avec justesse surtout au niveau des thèmes. D’ailleurs, et comme tout peintre japonais, cet artiste n’a pas oublié de peindre le célèbre Mont Fuji. Deux œuvres ont été consacrées au Mont Fuji qui constitue une source de fierté pour les Nippons. Pour la première, Ozawa invite le visiteur à contempler Fuji couvert d’une légère couche blanche de neige, une belle vue qui marque le quotidien des Japonais. De n’importe quel endroit de Tokyo et surtout des fenêtres des gratte-ciels, on peut d’ailleurs contempler la beauté de ce lieu symbolique du Japon. Quant à la deuxième œuvre qui présente le Mont Fuji, sous le rouge flamboyant du soleil, elle s’inscrit bel et bien dans la ligne adoptée par la majorité des peintres japonais comme Yokoyama Misao, Kabayashi Kokei…
Dans ce survol, Hideyuki Ozawa laisse son pinceau rapporter quelques fragrances des ambiances tunisiennes. «La porte bleue», «Réflexion», «Une cité historique», «Une aspiration», «Fort sur une dune»…sont autant de tableaux qui constituent une fenêtre ouverte sur quelques monuments et sites qui ont marqué la mémoire de cet artiste japonais. Son pinceau pénètre les arcanes de la Médina de Tunis et d’autres lieux pour peindre une porte traditionnelle, une façade ou même une silhouette d’une femme tunisienne traversant l’une des ruelles de la vieille Médina.
En flânant entre les œuvres et les lieux, une «Geisha» nous reçoit avec un petit sourire, une réception «chaleureuse» nous rappelle les ambiances du film de Nagisa Oshima «L’empire des sens», le roman de Inoue Yuki «Mémoires d’une geisha» et d’autres œuvres qui ont esquissé la vie d’une geisha. Mais en se baladant ici et là entre ces différentes vues, deux remarques jaillissent sur le choix de l’un des textes arabes qui a été écrit sur l’une des œuvres. Ce texte reproduit les paroles d’un tube de la jeune chanteuse libanaise Myriam Farés. Un choix étonnant de cet artiste qui ne parle aucun mot arabe. Des fragments de la poésie de notre poète Abou Al Kassem Chebbi ou des paroles des chansons de Hédi Jouini, Mohamed Jamoussi ou même de la Dame de la chanson arabe Oum Kalthoum ont été utilisés par ce peintre comme pour relancer le dialogue des civilisations. Quant à la deuxième remarque, elle concerne les prix exorbitants d’un bon nombre d’œuvres. L’un des visiteurs nous a chuchoté qu’il préfère faire un investissement pareil pour acquérir les œuvres de Bouabana, Hamadi Ben Saâd, Adel Megdiche ou celles des autres maîtres de la peinture tunisienne. Si vous êtes de passage par cette galerie, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil et c’est à vous de juger !

Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com