Gary Kurtz : Un sacré numéro !





Avec son premier spectacle tunisien «Juste une illusion», le Canadien Gary Kurtz, invité par l’Unesi et ses sponsors à la première édition de La Semaine du Rire, a effacé le temps d’un soir la grisaille de la nuit. Des moments forts avec du rire, encore du rire jusqu’aux éclats et de la magie dans l’air... A croire ou non et à vous d’en juger...

Le Théâtre municipal de Tunis était plein à ses trois quarts au moins. Pourtant le prix du billet n’est pas vraiment donné. Mais cela n’a pas empêché les gens (plutôt jeunes et d’un niveau intellectuel au-dessus de la moyenne) de venir assister au spectacle de ce grand, mince et ... fort à la fois, Gary Kurtz.
Rien en regardant sa tête et l’expression multiple de son visage, on est déjà embarqué dans le rire. Mais attention, les plus distraits n’ont pas ici leur place. Car il faut courir, écouter à la lettre ce que Gary Kurtz dit et suivre sans relâche ce qu’il fait (et sans le lâcher vraiment d’une semelle). Il bouge comme le vent et il parle «à la cinquième vitesse» qui plus est en langue française avec un petit accent du Canada anglophone.
Drôle à plaisir et déroutant à la fois, Gary lors de deux parties, a fait tourner la tête des spectateurs, devenus au fil du temps ses complices sur scène ou dans la salle. Avec ses sacrés numéros de magie, il a donc saisi l’audience.. à ne pas croire. Il faut vraiment se frotter les yeux pour dire qu’on n’est pas dans un rêve. «Un véritable phénomène!» m’a murmuré un voisin de siège alors qu’on avait la bouche bée.
Au programme de la deuxième soirée de La semaine du rire: un tour de cartes, un voyage dans le temps, la révolution et l’encyclopédie... et d’autres numéros. Puis un énième de plus en plus corsé et à ne pas finir. L’un après l’autre et sans «trêve», sans laisser une seconde au public de réaliser ou ne pas réaliser.
Surtout qu’en invitant le public à un troublant voyage mental où les «invités mêmes deviennent les cobayes consentants», je dirais peut-être hypnotisés par le pouvoir de ce magicien capable par on ne sait quelle force de deviner ce que vous avez dans le fond de votre sac, le numéro de votre seul billet d’argent, de vous dire votre date de naissance et de vous rappeler les grands moments dans le petit cercle familial ou des voyages que vous avez effectués lors de votre parcours professionnel. Capable aussi d’anticiper les aiguilles d’une montre, de connaître le numéro du cellulaire de votre ami, de...de... et de ne pas finir. Quand le public lui-même et à son tour (à l’inverse) prévoit ce qu’il y a dans la boule. La première en cristal et la seconde suspendue d’en haut avec un léger fil. Là-dedans, il y a tout sur la prochaine tournée encore non dévoilée et que le public a prévu de Gary Kurtz. Nous avons frotté donc les yeux à plusieurs reprises et même on s’est pincé la peau pour s’assurer qu’on est dans la réalité.
«Ce n’est pas du pouvoir d’un commun des mortels et je vous assure que la fille qu’il a invitée pour un tour sur scène était avec moi et c’est moi qui l’a invitée à ce spectacle et n’avait aucune complicité pour connaître son prochain voyage au Brésil avec le nombre de semaines et même ce qu’il a dans son compte bancaire au dollar près...», nous a dit le lendemain notre collègue. Qui n’est pas apparemment encore bien réveillé. Il parle encore de ce spectacle à tous ceux qu’il croise sur son chemin et il n’en revient pas.
Comment a-t-il fait pour devenir magicien? Réponse d’une des assistantes de l'artiste: «Il n’a jamais appris la magie ou l’astrologie. Mais dès sa tendre enfance il aimait faire ça. Tout au début il a commencé sa carrière comme danseur-chorégraphe. Puis il s’est penché sur l’humour. Qu’il a développé à Montréal d’où son petit accent. En France, ça fait déjà trois ans qu’il est en tournée..». Eh oui ! Maintenant on sait d’où on l’a déjà vu. C’est dans quelques numéros diffusés sur F3 et M6 et sa tête nous est donc familière. Au terme du spectacle, le public était enthousiaste et... épanoui. Il s’est marré et il a eu sa bouffée d’oxygène et s’est bien aéré la cervelle.
Quant à l’artiste, il a quitté la scène et derrière lui tout un cortège de fans. Parmi eux, nous avons vu le chef de la diplomatie canadienne accrédité chez nous discutant avec ce «phénomène» et l’apostrophant sur sa vie d’artiste et de ses projets...
Un spectacle réussi et nous remercions l’Union des Ecoles spécialisées et intégrées (Unesi) et son partenaire officiel Tunisiana avec d’autres sponsors. Infiniment.

Zohra ABID




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com