Hamida, l’aide ménagère «bonne» à tout faire





Lorsque la porte de sa chambre s’ouvrit, Hamida ne savait pas qui des deux frangins allait abuser d’elle ce soir-là. Pourtant, elle n’avait jamais osé se plaindre. Elle craignait, en effet, qu’on la renvoyât dans son bled…

Tunis-Le Quotidien
La chambre donnait sur la cuisine. Bizarrement, tous les soirs, “Les va et vient” dans cette pièce ne finissent jamais. Pourtant, Hamida était la seule personne dans cette vaste et luxueuse villa à occuper le rez-de-chaussée. Le reste de la famille avait chacun une pièce luxueusement meublée, située au premier et au deuxième étages.
A vrai dire, Hamida ne s’était jamais plainte de sa situation. Depuis, en effet, son arrivée dans cette famille, elle était plutôt bien traitée.
Certes, elle était toujours considérée comme une aide ménagère, mais beaucoup de choses se sont améliorées. Elle avait, justement, appris à mieux s’entretenir. La maîtresse des lieux n’avait jamais lésiné sur les moyens pour l’habiller et s’occuper de son apparence à telle enseigne qu’on la prenait toujours pour la sœur voire la fille de cette enseignante universitaire mariée à un médecin et habitant le quartier huppé d’Ennasr. Hamida est ici depuis deux ans. Un jour, on est venu dans son bled chercher une fille pour aider une famille tunisoise à s’occuper de leur domicile. Son père, un pauvre paysan avait exigé qu’on lui verse le salaire d’une année à l’avance. Ainsi, Hamida avait pris place dans cette luxueuse voiture à destination de la capitale.
Elle n’avait encore que dix-sept ans, lorsqu’elle avait mis les pieds à Tunis pour la première fois de sa vie. Tout au long du voyage, elle n’avait jamais cessé de rêver de sa nouvelle vie. Et quoi qu’il arrive, pensait-elle, les choses ne pouvaient pas être aussi médiocres qu’elle ne le sont avant qu’elle ne soit recrutée par sa “nouvelle famille”.
Finalement, la voiture s’était arrêtée. Hamida quitta le véhicule pour pénétrer à l’intérieur d’un vaste jardin donnant sur une porte en bois massif.
La maîtresse des lieux lui indique la chambre à coucher. Hamida ouvrit le seul sac qu’elle portait et se mit à placer ses vêtements dans la garde-rode.
Constatant que la jeune fille n’avait que peu d’habits, la maîtresse des lieux, l’emmena dès le lendemain dans une grande surface de la place où elle lui a achetée des robes, des jupes, des chemises, des tee shirts et bien sûr des tenues de travail.
Du coup, Hamida s’est transformée devenant une jeune fille tunisoise assez charmante. Elle attira, au passage, l’attention des deux fils de ses employeurs. Deux jeunes étudiants qui se sont frottés les mains en découvrant le charme et la beauté de la jeune Hamida.
Il est vrai, cependant que la jeune fille était belle et ne pouvait passer inaperçue.
Les démons de l’amour se sont réveillés et par une nuit assez froide, l’un des deux frangins s’est aventuré dans la chambre de Hamida. La jeune fille n’était pas en mesure de se défendre. Craignant le pire, elle s’est laissée faire. Depuis, les “va-et-vient” dans sa chambre n’ont jamais cessé. Pis encore, les deux frères se relayaient abusant de la jeune fille qui craignait qu’elle ne soit renvoyée dans son bled subissant son sort en souffrant en silence. La situation allait durer presque deux ans et ne prit fin que lorsque la maîtresse des lieux eut découvert que Hamida était enceinte.
En lui demandant des explications, la mère n’avait pas cru ses yeux et encore moins ses oreilles en découvrant que les responsables de cette grossesse ne sont autres que ses deux fils.
Bien évidemment, la maîtresse des lieux avait décidé d’étouffer le scandale en faisant avorter la jeune Hamida. Seulement, comme les délais légaux étaient dépassés, la jeune fille était obligée de garder le fruit du péché.
Du coup, l’affaire a pris une autre tournure. Saisie, la justice devrait rendre à Hamida ses droits.

Habib MISSAOUI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com