Festival du rire : Avant, quand j’étais noir !





De l’humour noir, l’expression est courante. Mais on peut utiliser de l'humour pour faire tomber les préjugés et vider certaines têtes remplies de jugements hâtifs à propos du Noir. C’est en tout cas, la démarche adoptée par Mouss Diouf dans son one man show «avant quand j’étais noir», présenté jeudi au Théâtre Municipal de Tunis.

«Gens de couleur», «Hommes de couleur» «Nègre» et encore... Les concepts et les expressions ont certes évolué, c’est aux mentalités de leur emboîter le pas», lance Mouss Diouf au public avec humour. Car pour le comédien et humoriste franco-sénégalais, si les concepts et les expressions évoluent et que les pratiques et les mentalités n’en font pas autant, c’est l’empire du chaos et le royaume de l’intolérance qui vont régner. Une intolérance qui résulte de la méconnaissance de l’autre. «Mais également parce qu’on ne voyage pas non plus beaucoup. On ne connaît pas la vraie vie de ce Noir venu d’ailleurs, ou de l’Arabe», a martelé le comédien. L’humoriste, pour exprimer et illustrer la méconnaissance de certains vis-à-vis de certaines régions de l’Afrique et de la condition de vie de ses habitants, s’est aussi permis de poser certaines questions en rapport avec la géographie et portant sur la situation géographique du «Kilimandjaro», la montagne culminante en Afrique et qui se trouve en Tanzanie. Mais pour davantage exprimer son style humoristique, le comédien braque une sorte de diatribe contre une certaine conception visant à tout réduire à la morphologie ou à la couleur de la peau, la nationalité, le pays «Je suis né en Afrique, comme beaucoup de Français et même de blancs». Et d’ajouter: «On n’a pas de rides, et c’est étonnant dans un pays aride comme l’Afrique». Toutes ces assertions démontrent chez le comédien franco-sénégalais, une certaine révolte qu’il véhicule à travers un humour et des gestes accompagnés de vociférations.

Broyer du noir
Dans un autre style mi-comique, mi-révoltant, Mouss Diouf s’acharne contre tout un arsenal conceptuel, concocté pour réduire le Noir, au malheur et au négatif. «Broyer du noir», «Journée noire» Affaire noire», «Marché noir», telles sont les expressions contre lesquelles Mouss Diouf s’est élevé. «Pourquoi réduit-on tout négatif au noir alors que tout le monde s’assoit sur la chaise anglaise de la même manière et que tout le monde procède de la même pratique sur cette chaise» lance-t-il à l’adresse du public.
Mais reconnaissons-le, même si le one man show ne peut être réduit qu’au spectacle pour attiser le rire, il est loin d’être innocent dans certains de ses compartiments. A travers de «Quand j’étais noir», Mouss Diouf a régalé l’assistance d’un spectacle splendide et expressif. «Une heure de rire non stop», mais qui fait passer un message riche en enseignements. Après avoir enregistré un succès à travers toute la France, ce spectacle qui a connu un franc succès a débarqué en Tunisie pour cette première édition du festival du rire.
Le spectacle est produit en collaboration avec Kamel Ben Nefla, un franco-tunisien.

Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com