Par Abdelmajid CHORFI





L’Amérique pavée de pavot

Un grand quotidien américain a déploré récemment la montée de la consommation de la drogue dans le pays. Il a attribué ce grave phénomène au fait que le ministère de la Défense, auquel est dévolue la lutte contre ce fléau, est actuellement accaparé par la guerre en Irak et en Afghanistan.
Est-ce simplement une affaire de manque de temps, et de disponibilités qu’il s’agit ? Ces sommes fabuleuses englouties par les guerres menées au Moyen-Orient, d’ailleurs sans grands résultats, sont certainement débitées sur d’autres comptes du Budget. Et l’on sait que partout dans le monde les crédits alloués aux secteurs de la jeunesse et de la culture sont les premiers à être rognés en cas de besoin.
Ensuite, quand une guerre est impopulaire, comme cela est aujourd’hui le cas, les jeunes ressentent un grand malaise. Ils essaient alors d’exprimer le révolte et leur ras-le-bol en se ruant sur les moyens d’évasion les plus fous. Et les plus séduisants de tous, c’est évidemment la boisson et, surtout, la drogue. Fragilisés psychologiquement, ces jeunes deviennent une proie facile pour les trafiquants de drogue et les dealers. Tant est que le jeune est souvent tenté de détruire une négativité en se laissant investir par une autre négativité.
De mauvais esprits pourraient accabler les autorités américaines : en s’attaquant à un mal, les Talibans, elles avaient en même temps redonné sa chance à la culture du pavot. Une culture qui permet aux rebelles de s’assurer un bon pécule destiné à l’achat d’armes et de munitions. Et de chercher, par la même occasion, à plonger la jeunesse américaine dans la turpitude.
Rappelons que, quand ils avaient exercé le pouvoir, les soldats du Mollah Omar avaient fait table rase de cette plante malfaisante. Se retrouvant aujourd’hui dans une position inconfortable, ils ne se sont pas gênés d’en remettre la culture à la mode du temps.


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J’y suis, j’y reste... !

Le Président Bush conditionne le retrait des Etats-Unis du territoire irakien au départ de tous les éléments étrangers qui s’y étaient infiltrés. Il pose d’autres conditions mais celle-ci ne laisse vraiment pas d’étonner. Certes, elle part d’une idée généreuse. L’indépendance de ce pays tient à cœur à tous ceux qui l’avaient connu prospère et rayonnant par son prestigieux passé, sa diversité culturelle et confessionnelle et sa situation centrale dans le Moyen-Orient.
On ne pourrait donc que se féliciter de cette prise de position de la part du chef de l’exécutif américain. Hélas ! En vérité on ne le peut pas, car le champion de la liberté et de la démocratie a oublié d’associer à ce retrait celui de ses propres troupes qui forment, à ce que je sache, le gros des intrus.
«Charité bien ordonnée commence par soi-même», dit le dicton, Bush aurait mieux fait de s’en inspirer. Ce faisant, il aurait débarrassé les pauvres Irakiens de cette chape de plomb intolérable. Et en même temps, il aurait fait plaisir à ses propres bidasses, lesquels, comme tout le monde le sait, ne sont pas très chauds pour prolonger la «villégiature».
En réalité, le sieur Bush n’a aucune intention de quitter les lieux, même si les éléments étrangers dont ils parle vidaient le coin. Ces mots de Mac-Mahon au fort de Malakoff, «J’y suis j’y reste», Bush semble les avoir faits siens. J’irais même plus loin : je parierais que ceux qui lui succéderont à la tête de la Maison-Blanche, adopteraient la même devise. Ils y mettraient certes la forme en se délestant de cette maudite arrogance qui a mis à mal l’image de l’Amérique dans le monde. Mais il ne la renieraient pour rien au monde, cette devise. Dame, ce serait pure folie que de tourner le dos à ce pays de Cocagne. Oui ! mais pas pour ses enfants qui n’en finissent pas de manger leur pain noir.

A.C.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com