Club Culturel Tahar Haddad : Au-delà des mémoires tuniso-maltaises…





Le programme du «Mois de Malte» tire à sa fin.
Une exposition, des spectacles d’animation, des rencontres-débats avec des plasticiens, universitaires…ont agrémenté ce mois, visant à rapprocher les deux peuples. «Mémoires maltaises de Tunisie au temps du protectorat français», présentées vendredi soir, était le dernier maillon de cette chaîne de l’amitié.

Avec une vingtaine de minutes de retard, la première partie de cette journée d’études intitulée «Mémoires maltaises de Tunisie au temps du protectorat français», a été lancée, avant-hier, au Club Culturel Tahar Haddad en présence d’une brochette de nos universitaires et de leurs homologues maltais, des étudiants, des Maltais vivant en Tunisie…et bien sûr des responsables du corps diplomatique maltais accrédité en Tunisie, chapeauté par Mme l’ambassadrice.
Sous les arcades de la salle de conférences du Club Culturel Tahar Haddad grouillant de monde, nos universitaires Habib Kazdaghli et Dalenda Larguèche et le Pr.Henry Frendo, de l’université de Malte, ont dépoussiéré quelques pages de l’histoire commune, du vécu tuniso-maltais, défrichant des fragments de l’ambiance générale qui régnait à cette époque… «Aujourd’hui, nous sommes en train d’élaborer un projet détaillé pour faire communiquer les universités maltaises et tunisiennes. Certes, les relations diplomatiques entre les deux pays vont bien mais la coopération universitaire reste en deça des attentes. «Pour situer cette rencontre dans son contexte scientifique, je veux noter que dans le cadre du laboratoire de recherches sur les régions et les ressources sur le patrimoine, nous avons mené des travaux sur les mémoires grecques, italiennes, russes, espagnoles, maltaises…mais c’est pour la première fois que nous présentons un colloque tout entier sur les mémoires maltaises», a expliqué l’enseignant- chercheur Habib Kazdaghli, de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba qui a cherché dans la symbolique du quartier Bab El-Khadhra et de quelques remparts de la Capitale comme la rue Mongi Slim connue pour la grande concentration des Maltais et la rue de «Malta seghira».
Dans ce va-et-vient à travers les pages de l’histoire commune entre Maltais et Tunisiens, cet universitaire a mis l’accent sur le rôle de l’école dans la promotion et le rapprochement social. «Nous ne pouvons jamais nier ces traces maltaises et surtout ce rapprochement au niveau de l’habit, l’alimentation et dans d’autres aspects de la vie quotidienne. Il y a eu un échange fructueux dans le cadre de la complexité et la diversité. Loin du repli identitaire, les Tunisiens ont réussi à conserver leur identité tout en s’ouvrant sur l’expérience et le vécu maltais», a -t-il noté. Pour sa part, l’universitaire maltais Henry Frendo qui a tenu avec force à lire une communication qui dépasse une dizaine de pages, a axé son intervention intitulée «L’émigration maltaise du 19ème siècle à nos jours» sur une analyse comparative de quelques publications qui remontent à cette époque et qui mettent en exergue quelques aspects de cet échange.
Dans cette analyse, le Pr. Frendo a focalisé sur le journal «Melita», publié à Sousse à la fin des années 1930. «Le personnage principal du journal Melita était Laurent Ropa (1891-1967), écrivain accompli et traducteur dont la famille a immigré de l’île de Gozo vers l’Algérie quand il était enfant. Il était un passionné de la langue maltaise et de la littérature, y compris la poésie, et considérait ceci comme une caractéristique principale de sa nationalité et de sa singularité», a précisé cet universitaire maltais en hommage à cette figure maltaise éminente, saisissant cette occasion pour déclamer quelques fragments de la poésie maltaise de Mary Meilaq et Anastasio Cuschieri . Des fragments purement maltais qui parviennent facilement à l’oreille grâce à une bonne concentration des expressions en langue arabe. L’intervention de notre universitaire Dalenda Larguèche a été une occasion pour une meilleure compréhension de «La contrebande des Maltais sur les rivages tunisiens avant l’établissement du protectorat français». En se référant à des récits de voyage, cette chercheuse a décortiqué ce phénomène du commerce illicite et les raisons pour lesquelles les Maltais ont opté pour les Côtes tunisiennes. Les témoignages de MM. Louis Mangani et René Cauchi, deux Maltais qui se sont installés depuis des décennies en Tunisie ont permis au public présent d’écouter en «live» quelques fragments de cette histoire commune. Mais la fausse note de cette rencontre a été le grand bruit dans la salle d’à-côté où on accrochait une exposition…Les échos qui se sont conjugués avec les rires ont gêné le public qui a trouvé des difficultés pour se concentrer.

Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com