Se concentrer sur l’essentiel…





Les combats violents et meurtriers qui opposent depuis quelques jours les activistes du Hamas et du Fatah dans la Bande de Gaza laissent à croire qu’il y a réellement le feu à la maison palestinienne.
Le déchirement interpalestinien prend des allures pathétiques avec la mort, hier, de quatre Palestiniens, portant à 32 le nombre des victimes de cette guerre fratricide absurde, tombées en quatre jours de combats.
La situation n’incite pas du tout à l’optimisme et en l’absence d’un compromis entre les principaux protagonistes de cette crise sans précédent, les scénarios les plus cauchemardesques sont désormais envisageables. Faute de reprendre langue et de chercher par la voie d’un dialogue constructif à transcender leurs divergences pour trouver une issue favorable à cette crise, les deux mouvements continuent à camper sur leur position en se rejetant la responsabilité des nouvelles violences qui ont provoqué l’interruption du nouveau round de négociations sur la formation d’un gouvernement d’union nationale entamé le 23 janvier. Dans cette gabegie régnante, la guerre des communiqués fait rage. Le Hamas accuse ainsi ouvertement le Fatah de «vouloir provoquer une guerre civile», non sans afficher sa détermination de «châtier ces criminels pour les crimes horribles qu’ils ont commis».
Le même discours accusateur se vérifie de l’autre côté de la barricade où les responsables du Fatah font porter au Hamas la responsabilité de la fin du dialogue et des derniers événements sanglants.
Dialogue de sourds donc et une situation éminemment inquiétante qui risque de dégénérer à tout moment. La rencontre qui a eu lieu le 21 janvier entre le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas et le Chef du Bureau politique du Hamas en exil à Damas, Khaled Mechaâl, a certes donné de l’espoir. Mais cet espoir n’aura été finalement qu’un feu de paille révélant l’ampleur de la crise qui fait peser à l’évidence une lourde menace sur l’unité palestinienne et partant la noble Cause du peuple palestinien dans son ensemble.
C’est dans ce cadre qu’intervient justement l’initiative du Roi saoudien Abdallah pour une réunion de réconciliation à La Mecque en Arabie Saoudite à une date qui n’a pas été précisée.
De son côté, l’Egypte a aussi proposé ses bons offices pour mettre fin aux affrontements.
Quand bien même toutes ces initiatives seraient positives et encourageantes, c’est aux Palestiniens d’abord de puiser dans leurs ressources propres et de consacrer la raison pour mettre un terme à cette guerre fratricide qui ne sert nullement leurs intérêts. Il est en effet pour le moins absurde et aberrant que les Palestiniens s’engagent dans une lutte farouche pour le leadership alors que leur pays continue de végéter sous le joug d’une occupation impitoyable qui perdure depuis voilà plus d’un demi siècle. Pour tout dire, aussi bien le Fatah que le Hamas gagneraient à ne pas se perdre en conjectures inutiles et stériles et à se focaliser sur l’essentiel au détriment de l’accessoire. La logique et la raison veulent, en effet, que tous les efforts doivent être concentrés avant tout sur la Cause première du peuple palestinien, à savoir la création d’un Etat palestinien autonome et libre.
Mahmoud Abbas et son Premier ministre Ismaïl Haniyeh sont plus que jamais appelés à consacrer la raison et la sagesse...

Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com