Sommet de l’UA : Le gouvernement soudanais au banc des accusés





Le gouvernement soudanais a été placé en position d'accusé hier à l'ouverture du 8e Sommet de l'Union africaine (UA) à Addis Abeba où le président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, a réclamé l'arrêt "des massacres et des bombardements" au Darfour.

Le Quotidien-Agences
La demande de Konaré a été relayée par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui a appelé, devant plus de 20 chefs d'Etat du continent, "à construire un consensus pour le déploiement urgent d'une force ONU-UA" au Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis février 2003.
Khartoum a accepté fin décembre que l'ONU apporte une aide technique et matérielle à la Mission de paix de l'UA au Darfour, mal équipée et sous-financée, mais refuse le déploiement de Casques bleus, malgré les pressions internationales.
"Nous devons travailler ensemble pour mettre fin à la violence et aux politiques de la terre brûlée par plusieurs parties, dont les milices, ainsi qu'aux bombardements", a ajouté le secrétaire général, soulignant que "le nombre de victimes de cette crise est inacceptable".
Nombre d'organisations humanitaires et une partie de la communauuté internationale accusent Khartoum d'envenimer la crise et ont appelé l'UA à ne pas confier la présidence tournante de l'organisation au Soudan, candidat au poste comme en 2006.
Le président soudanais Omar el-Béchir, présent au sommet, a d'ailleurs déclaré que ce ne serait "pas un problème" si la présidence ne lui revenait pas lors de ce sommet. "S'ils ne nous l'accordent pas, ce n'est pas un problème (...) On n'en a pas encore discuté, mais nous allons le faire. Le problème n'est pas encore résolu", a-t-il ajouté en marge du sommet.
La question de la présidence de l'UA est au cœur des conversations. Selon un haut responsable de l'UA, "les présidents se sont réunis à huis clos avant la réunion d'ouverture pour évoquer ce problème. On pense qu'ils ont déjà une idée sur qui succèdera (au président congolais Denis) Sassou N'Guesso."

Mise en garde
En ouvrant le sommet, le président de la Commission de l'UA a lancé "un appel à nos frères soudanais, gouvernement et rebelles, pour que la paix revienne au Darfour, pour qu'ils arrêtent les attaques et les bombardements".
"Il y a eu des avancées ces derniers mois au Darfour. Un accord est en gestation entre l'UA, les Nations unies et le Soudan. Il s'agit de l'appliquer sans tarder et de le respecter", a-t-il lancé, ajoutant: "la paix au Soudan, c'est la paix au Tchad et en République centrafricaine".
Sur la somalie, un autre dossier brûlant du continent, Konaré a prévenu que le pays serait plongé dans le "chaos" si les troupes africaines n'y étaient "pas déployées rapidement".
"Je me réjouis que les troupes éthiopiennes aient commencé à partir de Somalie. Mais si les troupes africaines ne sont pas mises en place rapidement, ce sera le chaos", a lancé Konaré, insistant pour que le gouvernement somalien joue la carte de l'ouverture politique.
Ban a lui aussi jugé très important que la communauté internationale insiste sur la réconciliation nationale.
La Somalie est en guerre civile depuis 1991. Mais la situation a radicalement changé depuis le début 2007, avec la débâcle des islamistes devant l'offensive des troupes éthiopiennes et gouvernementales somaliennes. Le 19 janvier, l'UA a décidé d'envoyer 7.650 hommes dans ce pays.
Selon Konaré, "aujourd'hui, à peine 4.000 soldats sont prêts à être déployés".




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com