Sous pression : La Somalie accepte une conférence de réconciliation





Après des semaines de pression, le président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed a accepté de convoquer une "conférence nationale de réconciliation" réclamée par la communauté internationale pour sortir le pays de 16 ans de guerre civile, a annoncé hier l'Union européenne.

Le Quotidien-Agences
Cette annonce a été faite par le commissaire européen au Développement, Louis Michel, qui s'exprimait aux côtés de Yusuf, en marge du 8e sommet de l'Union africaine (UA) à Addis Abeba.
" Yusuf s'est engagé" pour une conférence de réconciliation "qui inclura les autorités religieuses qui sont prêtes à renoncer à la violence" et qui devrait être organisée "dans deux ou trois semaines", a annoncé Michel, sans en préciser le lieu.
"Je suis impressionné par sa décision (de Yusuf) d'appeler à une conférence pour la réconciliation", a dit le commissaire européen à l'issue d'un petit-déjeuner avec le président somalien dans un grand hôtel d'Addis Abeba.
Le président somalien a refusé de commenter ces déclarations, se contentant de dire: "Nous nous sommes mis d'accord pour travailler ensemble".
L'UE avait jusqu'à présent "conditionné" le déblocage de 15 millions d'euros pour financer la force de paix africaine en Somalie à la réconciliation nationale.
"A mon avis, toutes les conditions sont remplies" désormais pour un financement européen à une telle force, a déclaré Michel.
La force de paix que l'UA a décidé, le 19 janvier, de déployer en Somalie dans "les plus brefs délais" manque cruellement d'hommes et de fonds, comme l'a rappelé le président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, lundi à l'ouverture du sommet. Il a prévenu que la Somalie pourrait replonger dans le "chaos" si la force de paix n'était pas déployée "rapidement".
Interrogé sur l'annonce de Michel, l'UA a refusé dans l'immédiat de la commenter, expliquant qu'elle attendait de voir la déclaration du commissaire européen.
Depuis la chute fin décembre-début janvier des islamistes, qui contrôlaient une grande partie du sud et du centre du pays, le gouvernement somalien tente, avec l'appui de l'armée éthiopienne, d'établir son autorité.

L'ONU "exhorte"
Selon la communauté internationale, cette nouvelle situation représente une occasion unique pour ce pays pauvre de la Corne de l'Afrique de connaître enfin la paix après 16 ans de guerre civile. Mais, insiste-t-elle, le gouvernement doit absolument dialoguer avec toutes les parties somaliennes, y compris les islamistes modérés.
Ce que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Msoon, a rappelé hier à Addis Abeba. "J'ai exhorté les dirigeants somaliens à s'engager dans un processus politique qui inclut toutes les parties", a déclaré Ban après s'être entretenu avec Yusuf.
Les autorités somaliennes de transition, en place depuis 2004, avaient jusqu'à présent fermé la porte du dialogue, notamment en faisant tomber le 17 janvier le président du Parlement, Sharif Hassan Sheikh Aden, qui aurait pu servir de lien avec les islamistes.
Au niveau du sommet de l'UA, les présidents africains, qui ont désigné lundi le président ghanéen John Kufuor pour assurer en 2007 la présidence tournante de l'UA, doivent étudier hier après-midi les rapports et résolutions préparées par le Conseil exécutif de l'UA en amont du sommet.
Parallèlement, le sommet planchait hier, pour le second et dernier jour du de travaux, sur des rapports consacrés aux changements climatiques et à leurs conséquences sur le continent africain, particulièrement vulnérable au réchauffement de la Terre.

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Cinq «sages» pour prévenir les guerres en Afrique

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine (UA) ont désigné hier cinq "sages", dont deux femmes, qui auront la tâche d'assurer, avec une grande liberté de parole, la prévention et la gestion des conflits du continent.
La création de ce "groupe des sages", ratifiée hier lors du sommet de l'UA à Addis Abeba, était prévue lors la création du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA en 2003, mais n'avait pas encore été mise en œuvre.
"Ce groupe des sages doit permettre à l'UA de s'exprimer plus librement sur les conflits en cours ou en gestation en Afrique", a expliqué un haut responsable de l'UA qui a requis l'anonymat.
"Le CPS reste une structure politique et gouvernementale. Mais les sages seront totalement libres: nous avons choisi des gens qui avaient leur carrière derrière eux pour qu'ils aient le courage de s'exprimer sans contrainte sur les conflits, qu'ils servent d'aiguillon aux décideurs politiques tout en étant moralement irréprochables", selon cette source.
Deux femmes font partie du groupe: Brigalia Bam, présidente de la Commission électorale indépendante de l'Afrique du Sud, et Elisabeth Pognon, présidente de la Cour constitutionnelle du Bénin. La première représente l'Afrique australe, la seconde l'Afrique de l'ouest.
Pour l'Afrique de l'Est, le Tanzanien Salim Ahmed Salim, ancien secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (OUA, ancêtre de l'UA) et actuel envoyé spécial de l'UA dans la province soudanaise du Darfour, a été retenu.
Pour l'Afrique centrale, Konaré a "sélectionné Miguel Trovoada, ancien président de Sao Tomé et Principe". L'ancien président algérien Ahmed Ben Bella représente l'Afrique du nord.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com