Nucléaire iranien, les 3 options d’Israël : Assassiner les dirigeants de Téhéran, normaliser les relations ou faire la guerre





Pour stopper le programme nucléaire iranien, Israël peut avoir recours à l’élimination physique des dirigeants de Téhéran, proposer la normalisation des relations ou encore frapper militairement.
Telle est la thèse adoptée par le journal israélien Maariv.

Le Quotidien-Agences
Pendant que le gouvernement israélien tente de se sortir des conséquences du fiasco de la guerre du Liban, les responsables militaires israéliens, eux, trépignent. Car ils savent que, à un millier de kilomètres au nord-est, une menace pour l’existence même du pays se confirme. L’Institut d’études stratégiques nationales de Tel-Aviv estime que, malgré les sanctions qui ont déjà été adoptées contre l’Iran, il est inimaginable qu’un navire de guerre américain arraisonne un pétrolier iranien. Or, le temps joue en faveur d’un Iran qui n’a jamais été aussi près d’acquérir la bombe. Rappelant en riant les déclarations de l’ancien chef d’état-major Moshe Yaalon selon lesquelles Israël disposait de cent moyens de frapper les installations iraniennes, Ephraïm Kam, directeur adjoint de l’INSS, estime que les Occidentaux disposent de deux leviers face au cas iranien. Le premier, ce sont les sanctions. Mais il estime généralement que, même appliquées de façon continue et efficace, ces sanctions n’auront aucun effet décisif sur le régime iranien. En outre, il considère que le front européen qui s’était constitué contre le programme d’armement iranien s’est lézardé du fait de sanctions minimales adoptées sous l’impulsion d’une Russie trop désireuse de continuer à fournir à Téhéran des missiles à longue portée. Du coup, le second levier face à l’Iran ne peut être que d’ordre militaire.
Pour le général Giora Eiland, ancien directeur du Conseil national de sécurité, ce ne sont pas de deux, mais de trois options que disposent Israël et les Occidentaux face à l’Iran. La première consiste à prendre acte du fait que, quoi qu’il arrive et quoi que l’on fasse, les Iraniens auront l’arme nucléaire. Dès lors, Israël devrait agir sur d’autres terrains, par exemple en essayant de déstabiliser le régime et en faisant payer aux dirigeants iraniens un prix personnellement et physiquement élevé pour leurs choix politiques.
La deuxième option consiste à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique en usant d’une carotte suffisamment appétissante et d’un bâton suffisamment crédible. Or, de ce point de vue, Eiland estime que le bâton brandi par les Occidentaux est si dérisoire que les Iraniens ne croient pas une seconde à la réalité des menaces américaines. Pour ce qui est de la carotte, Washington devrait faire miroiter une normalisation de ses relations avec les Iraniens et les associer à la résolution des conflits du Moyen-Orient, ce qui rassurerait les dirigeants iraniens et leur permettrait de revendiquer une victoire morale ou symbolique.
La troisième option est strictement militaire et ses répercussions seront extrêmement graves. Elle consiste à coordonner des attaques meurtrières contre des installations nucléaires éparpillées sur tout le territoire iranien, au risque de représailles. Pour Eiland, ce serait une erreur de croire qu’attendre que les Américains frappent l’Iran épargnera aux Israéliens de telles représailles. Ces frappes seront toujours considérées comme le fruit d’une politique dictée par Israël. Autant que nous prenions alors nos responsabilités.
La situation, en tout cas, est grave. D’autant que, si les plans existent, du fait de la crise politique que vit Israël depuis six mois, il ne se trouve pas de dirigeant israélien suffisamment déterminé pour assumer les répercussions d’une offensive militaire contre l’Iran. Or ces répercussions seront forcément plus dramatiques que celles de la guerre du Liban. Faut-il se préparer à vivre un nouvel équilibre de la terreur ?




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com