Propos de Chirac sur l’Iran : Washington au secours de l’Elysée





"Nous n'avons aucun doute quant à la détermination de la France" sur la question du nucléaire iranien a affirmé le département d'Etat suite à la polémique déclenchée par les propos de Jacques Chirac.

La Maison-Blanche est venue au secours de Jacques Chirac visé par une polémique sur le nucléaire iranien en relativisant les propos du président français et en lui renouvelant sa confiance.
"Je crois qu'il a révisé et développé ces propos", a ainsi déclaré devant la presse le porte-parole de la Maison-Blanche Tony Snow.
"Notre position sur l'Iran est claire: ils ne doivent avoir aucune arme nucléaire" et suspendre les activités ultrasensibles d'enrichissement d'uranium, "ce n'est pas seulement la position déclarée des Etats-Unis, mais aussi celle de ses alliés, y compris la France", a-t-il dit.
"Nous n'avons aucun doute quant à la détermination de la France à atteindre (l')objectif politique" d'un Iran sans arme nucléaire, a de son côté dit le porte-parole du département d'Etat Sean McCormack, accordant "crédit" à la rétractation de Jacques Chirac.
"Tout le monde a le droit à un 'mulligan' de temps en temps", a-t-il dit en faisant référence à la seconde chance qu'un joueur de golf peut accorder à son partenaire après le premier coup de celui-ci.
Alors que George W. Bush ne cesse d'évoquer comme un péril majeur l'éventualité que le régime islamique ait la bombe atomique entre les mains, Jacques Chirac a jugé lundi auprès du Nouvel Observateur, du New York Times et de l'International Herald Tribune qu'il ne serait "pas très dangereux" en soi que l'Iran ait "une bombe peut être une deuxième un peu plus tard".
"Ce qui est très dangereux, c'est la prolifération", a-t-il dit selon le Herald Tribune ou le New York Times.
Il a convoqué les mêmes journalistes mardi pour se rétracter et demander que ses propos soient rectifiés avant leur publication prévue ce jeudi.
Les trois journaux ont fait leur une sur le sujet, à un moment où le groupe 5 + 1 semble de nouveau partagé face à un Iran qui persiste dans son attitude de défi, bien que le Conseil de sécurité de l'Onu lui ait imposé le 23 décembre des sanctions pour son refus de suspendre l'enrichissement.
"Je n'interprète certainement pas (les déclarations de Chirac) comme ouvrant une brèche entre les Etats-Unis et la France", a dit le porte-parole du département d'Etat.
Très contesté dans son action diplomatique, accusé d'avoir méprisé ses partenaires comme la France en attaquant l'Irak, George W. Bush se prévaut aujourd'hui de l'unité affichée selon lui par la communauté internationale face à l'Iran.
Cette unité va de nouveau être mise à l'épreuve dans les prochaines semaines à l'heure de décider des suites à donner si l'Iran continue à refuser de suspendre l'enrichissement. La résolution du 23 décembre du Conseil de sécurité lui donnait 60 jours pour le faire.

____________________

Démenti

Un haut responsable iranien a démenti hier l'assemblage de nouvelles centrifugeuses dans le site d'enrichissement de Natanz (centre) et toute restriction dans le travail des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
"Nous n'avons pas commencé l'installation de nouvelles centrifugeuses", a déclaré ce responsable sous le couvert de l'anonymat.
Des diplomates basés à Vienne et proches de l'AIEA ont déclaré que l'Iran avaient commencé à assembler les premières des 3.000 centrifugeuses qu'il veut installer dans un site souterrain pour enrichir de l'uranium malgré les appels de l'ONU et avait restreint le travail des inspecteurs de l'AIEA.
"La construction a commencé, mais les cascades n'ont pas encore été assemblées", a déclaré l'un de ces diplomates.
Selon un autre diplomate, la mise en place des pièces de centrifugeuses a débuté la semaine dernière.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com