Hideyuki Ozawa : Un Japonais sous le charme du désert





Il a traversé des mers et des océans en quête d’un nouveau souffle pour réchauffer son cœur, nourrir ses toiles et surtout pour découvrir, pour la première fois dans sa vie, le désert. L’artiste japonais, Hideyuki Ozawa, est tombé sous le charme du Sahara tunisien, ou il trouve une nouvelle source d’inspiration au cœur des oasis et des dunes enchanteresses de Douz.
Pour les Ozawa, la peinture est une affaire de famille. Une affaire de cœur qui se transmet de père en fils. Enfant, Hideyuki Ozawa a été littéralement subjugué par la beauté d’un monde qu’il a découvert à travers les toiles éparpillées ça et là dans l’atelier de son père. Une découverte qui a marqué son enfance et son adolescence, esquissant son destin. Les années se sont écoulées depuis et le môme d’hier est devenu aujourd’hui un artiste confirmé et sollicité par les galeristes du pays du «Soleil Levant». «Je me rappelle bien que j’avais à cette époque presque 16 ans quand mes peintures sont sorties du carnet de l’adolescent au public. A cet âge, mes essais artistiques se sont élaborés de plus en plus et ma vision des couleurs, des formes, des sujets s’est concrétisée, fusionnant avec une bonne maîtrise des techniques de la peinture japonaise. Il faut dire que j’ai été beaucoup influencé par mon père et par son univers artistique. Quand, nous ouvrons les yeux dans un cadre pareil, avec un père artiste qui sacralise son art, nous ne pouvons que tomber amoureux des pinceaux et des palettes de couleurs», confie sur un ton nostalgique l’enfant de Aichi en évoquant ses premiers pas artistiques. La quarantaine élégante, Ozawa ne laisse échapper aucun détail de ses débuts. Dans la peinture japonaise, il s’est plongé, ouvrant son cœur à l’écoute de la nature dans toute sa splendeur, et son environnement…rêvant d’un monde meilleur, d’un monde paisible. Cette vie en rose qu’il mène sur ses toiles, ne lui a jamais fait oublier les douloureux événements qui ont secoué, il y’a plus que soixante ans, son pays à travers la tragédie vécue à Hiroshima. «Et qui peut oublier le drame de Hiroshima ? Personne. Les USA commettent, aujourd’hui, en Irak, la même faute qu’ils ont commise en 1945, à Hiroshima mais avec quelques petites différences dans les détails de ces deux scénarios. C’est vraiment triste de vivre dans un monde déchiré par les guerres et les conflits. Un dialogue solide et transparent s’impose pour une meilleure compréhension de l’autre», dit Hideyuki Ozawa, en expliquant les histoires qui intriguent son esprit d’artiste dont la souffrance de la guerre. Loin des images sinistres et moroses des guerres, ce peintre japonais ne cache pas son bonheur de visiter la Tunisie et de découvrir la splendeur du désert. Hideyuki Ozawa a beaucoup entendu parler du charme du Sahara et de sa lumière féerique inspiratrice des plus grandes œuvres et des célèbres peintres. «C’est le moment le plus heureux dans ma vie : La couleur et moi ne font plus qu’un. Je suis peintre», déclarait Paul Klee, artiste suisse et théoricien de l’art, qui n’a pas hésité à affirmer à haute voix et à écrire suite à sa visite en Tunisie en 1914 ces quelques phrases d’admiration. Hideyuki Ozawa n’a pas tardé à confier ses premières impressions même avant de débarquer à Douz. Des impressions qui sont nées après qu’il eut respiré l’air frais de Carthage et s’être baladé pour quelques jours dans les rues et les ruelles de la Capitale. «C’est pour la première fois que j’expose en dehors de mon pays…je suis sur le point de faire la grande découverte de ma vie et à travers le soleil, le sable, le Sahara et …le charme du silence. Pour le moment, je suis vraiment habité par cette idée de peindre ces ambiances spéciales et ces couleurs tunisiennes, de laisser ma vision errer derrière les dunes et les grains de sable, valsant avec le vent…je pense à une œuvre qui peut contenir les couleurs de la Tunisie et celles du Japon. Une œuvre qui puise dans cette lumière tunisienne ensorcelante et la beauté japonaise tranquille et sereine», confie l’artiste au sujet de ses projets artistiques à venir. Pour le moment que des rêves en rose, en attendant qu’il se confie à ses pinceaux et ses toiles pour donner le jour à des œuvres mi-nipponnes, mi- tunisiennes, consacrant dans la grâce et la beauté le tant espéré dialogue des cultures.

Imen ABDERRAHMANI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com