Union Générale Tunisienne du Travail : Les dossiers chauds des cinq prochaines années…





La nouvelle direction syndicale aura à relever tout au long de son mandat une liste à rallonge de défis liés aussi bien aux retombées sociales de la libéralisation accrue de l’économie qu’à la nécessaire réforme du militantisme syndical.

Tunis - Le Quotidien
Les débats passionnés qui ont marqué les travaux du 21ème Congrès de l’unique centrale syndicale en Tunisie dont les lampions se sont éteints le 17 décembre à Monastir ont donné un avant-goût des dossiers chauds de la période à venir. S’il est vrai que de nombreux intervenants ont évoqué passionnément Hassen Nasrallah, Saddam Husseïn et Hugo Chavez, il n’en demeure pas moins que l’anti-américanisme et le nationalisme-arabe bon teint ne constituent pas les seules préoccupations des travailleurs. Jusqu’ici la première organisation ouvrière arabe et maghrébine a réussi grâce à un subtil dosage de «consensualisme» et d’activités revendicatives à sauver l’essentiel des acquis sociaux. Les motions des dernières assises nationales de la centrale patronale réclamant une révision de la législation relative au travail vers plus de «souplesse» donnent cependant des sueurs froides aux syndicalistes.
L’organisation est également plus que jamais appelée à limiter les retombées néfastes de la privatisation des entreprises publiques et à lutter contre la sous-traitance de la main-d’œuvre. La réforme de l’assurance-maladie et la préservation du pouvoir d’achat des travailleurs - le 7ème round des négociations sociales est prévu pour 2008 - représentent aussi des défis de taille pour l’équipe sortie des urnes du congrès de Monastir.

Equation difficile
Sur le plan interne, la direction syndicale s’efforcera de résoudre une équation difficile. L’inoxydable secrétaire général, Abdessalem Jrad et ses compagnons devraient à la fois préserver l’indépendance de la centrale syndicale vis-à-vis des partis politiques et soutenir la société civile.
La démocratie interne, la transparence financière et la restructuration constituent, d’autre part, les principaux sentiers à battre pour préserver l’unité de l’organisation par ces temps où de nombreux syndicalistes brandissent la menace de créer des syndicats «indépendants».
En dépit de l’entrée de quatre nouveaux éléments dont trois secrétaires généraux connus pour leur soutien aux activités de la société civile et le représentant d’un courant qui garde ses distances par rapport à la direction syndicale, Jrad a montré qu’il demeure l’homme fort de l’UGTT par sa présence sans interruption au sein des instances dirigeantes depuis le 16ème Congrès. Cet «achouriste» qui navigue à vue entre les exigences de la base et les dures réalités sait comment rassurer la majorité et exerce encore et toujours ses talents de pacificateur. «Bienvenue à la critique. Critiquez-moi, venez me voir, conseillez-moi, complétez-moi. Mais ne m’attendez pas au tournant», a-t-il notamment lancé à ses détracteurs lors du congrès de Monastir.
La tendance favorable à des réformes de nature à permettre à l’UGTT de retrouver son passé prestigieux pourrait se «modérer» au contact de la dure réalité des conflits sociaux. Son chef de file, Ali Romdhane, qui a été souvent présenté comme une alternative à Jrad, est devenu le numéro deux de l’organisation. Toujours est-il que syndicaliste revenu au devant de la scène lors du congrès extraordinaire de Djerba après une longue traversée du désert ne pourra pas briguer tout comme les huit autres membres du Bureau exécutif sortant un nouveau mandat si on n’amende pas les statuts actuels de la centrale syndicale lors d’un congrès extraordinaire.

Walid KHEFIFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com