Endettement des ménages : La cote d’alerte…





Le phénomène de l’endettement des ménages enregistre depuis quelques années une montée en flèche qui inquiète les pouvoirs publics et les banques.

Tunis-Le Quotidien
Lundi 25 décembre. Une foule bigarrée s’agglutine dès les premières heures devant le bureau du chef de la succursale d’une banque de la place. La majorité d’entre eux est venue s’enquérir du sort de leurs demandes de crédits à la consommation ou encore de crédits sur salaire.
Au niveau des banques, la période allant de septembre à décembre représente le pic des demandes de différents types de crédits. Les quatre mois en question sont souvent marqués par des occasions durant lesquelles les ménages se trouvent acculés à dépenser sans compter. La succession de ces occasions, en l’occurrence la rentée scolaire, le Ramadan, l’Aïd El Fitr et l’Aïd El Idha, constitue un véritable cauchemar pour les pères de famille appartenant à la classe moyenne. «Les ouvriers, les cadres moyens et les seconds coûteaux de l’administration trouvent toutes les peines du monde pour joindre les deux bouts en temps normal.
Que dire alors quand les fêtes se succèdent ? «La seule solution est de s’endetter», indique Adel, un jeune cadre qui vient tout juste de sortir du cocon familial, avec beaucoup d’amertume. «Ce n’est pas évident, corrige Imène, une jeune étudiante en gestion des ressources humaines. Beaucoup de nos concitoyens sont aujourd’hui endettés jusqu’au cou car ils tiennent à vivre au-dessus de leurs moyens, à s’offrir tous les luxes très vite et à fêter tout ce qui se fête. En un mot, ces gens ont les yeux plus grands que le ventre».

Cumul des crédits
Les Tunisiens recourent de plus en plus aux crédits bancaires et à beaucoup d’autres formes d’endettement afin de subvenir à des besoins plus ou moins vitaux. «Dans dix ans je partirai à la retraite. Sans crédit-logement je ne pourrai jamais construire une minuscule maison. Donc c’est loin d’être un choix. C’est une obligation», explique Achour, fonctionnaire.
De nombreux cadres n’hésitent pas à cumuler plusieurs types de crédits. En plus de ceux relatifs au logement et à l’achat d’une voiture (les demandes des crédits-voitures dépassent chaque année les 40 mille), ils font appel aux crédits à la consommation ou encore aux crédits sur salaire qu’octroient aussi bien les banques que les caisses sociales. «Pendant le mois Saint, environ 60% de nos clients ont fait appel aux crédits à la consommation sans compter les avances sur salaire et le retrait via les cartes bancaires qui permettent à leurs titulaires de dépasser les sommes disponibles dans leur compte», confie le chef d’agence d’une banque semi-étatique.
En réaction à cette montée en flèche, les autorités de tutelle et les banques viennent de décréter la rigueur en limitant l’octroi de certains types de cartes bancaires et des carnets de chèques et en interdisant l’octroi des crédits sans garanties immédiates.
Toujours est-il que des études scientifiques devraient être réalisées afin de mieux appréhender le phénomène et de mettre fin aux excès.

Walid KHEFIFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com