L 1 – Après une phase aller très mouvementée : Ça ne peut plus continuer ainsi…





Le championnat de L 1 est à mi-parcours. Cette première partie a été très éreintante et on a passé plus de temps à rater, à rouspéter et à dérailler que de temps à admirer ce qui se passait sur les terrains.

C’est même devenu une habitude. Chaque journée apportait son lot de protestation et surtout d’écart de conduite. Joueurs et dirigeants, sur un front uni, se mettaient en évidence au cours ou après chaque match pour s’attaquer aux arbitres de manière indécente et irresponsable. Ça a été le cas à chaque journée, mais nous n’allons que revenir à ce qui s’est passé lors de la treizième ronde, celle du week-end dernier, aussi bien en Ligue 1 qu’en Ligue 2.
Samedi. L’EOGK recevait l’EST à Radès et l’arbitre, Samir Hammami, a brandi en seconde mi-temps un second carton jaune à l’encontre de Chaâbani, auteur d’un tacle dangereux. Le joueur fautif n’a cessé de clamer haut qu’il avait touché le ballon, ce qui n’est pas vrai, et ses dirigeants l’ont imité, chacun à sa manière. L’entraîneur-adjoint s’en est pris au quatrième arbitre puis à l’arbitre lui-même alors que le président espérantiste appelait à revoir les images de cette phase de jeu pour découvrir les erreurs de referee. Pourtant, le geste de Chaâbani méritait le carton rouge et ne laissait pas de place au doute.
Dimanche. A l’occasion du match CSHL - CSS, le président hammam-lifois se déclare content de voir un jeune arbitre diriger le match. Lors des journées précédentes, il n’a épargné aucun des arbitres connus et on va attendre sa réaction lorsque le CSHL sera «lésé» par un novice.
Dimanche. En Ligue 2, le derby du Nord-Ouest a connu une fin en queue de poisson. Les dirigeants de Jendouba Sport ont vivement contesté l’arbitrage de Zahmoul et l’ont même accusé de partialité en faveur de l’Olympique du Kef. Et au moment où la machine de JS semble tomber en panne depuis quelques semaines, on n’a pas osé chercher l’origine du mal puisque la solution de facilité était là, à savoir tout mettre sur le dos de l’arbitrage.
Dimanche, le Stade de Kairouan a vécu des incidents regrettables car l’arbitre et ses assistants ont refusé des buts marqués par l’A.S.Gabès. En vérité, un seul de ces buts a été régulier et l’arbitre-assistant avait eu le tort de le refuser. Sur le terrain, on a vu des dizaines de civils s’attaquer au trio arbitral comme il s’agissait d’un match de vie ou de mort.
Revenons un peu en arrière pour vous rappeler les propos de Bertrand Marchand, l’entraîneur clubiste, qui estimait que Wissem Yahia a été injustement expulsé à Gafsa car il a subi une agression par derrière ! Or, le joueur concerné a lui même affirmé qu’il avait glissé, mais son coach ne l’entendait pas de cette oreille car il voulait conclure que l’arbitre était derrière le semi-échec de son équipe.
Une semaine auparavant, Faouzi Benzarti s’est emporté contre l’arbitrage de Samir Hammami pour justifier l’incapacité de son équipe de battre l’A.S.Marsa à Sousse. Selon lui, le referee a sifflé de manière quelconque à gauche et à droite (sic) et a accordé un penalty imaginaire aux Etoilés. Allez comprendre quelque chose à cette contestation.
D’autres images reviennent à l’esprit dont ce fameux derby EST - ST qui a vu M. Mohamed Acheb, le président stadiste, donner une leçon d’arbitrage aux membres fédéraux en utilisant sa propre cassette-vidéo avec les décisions qui ont suivi.
A Sfax, on a même vu le président du CSS annoncer son départ rien que parce que le BF lui a désigné Kacem Bennaceur pour le match ST - CSS. C’était une «belle» manière de détourner l’attention sur ce qui se passait au sein de l’équipe sfaxienne, et pour revenir à la cuisine interne du CSS, on a entendu des gens très proches du club refuser le retrait du président car, disaient-ils en toute confiance, il devait aller jusqu’au bout de son mandat et rendre des «comptes» le jour de l’AG élective !
Ce ne sont là que des extraits d’un feuilleton qui risque de se prolonger jusqu’à la fin de la saison. Pour le moment, les dégâts ne sont pas énormes, mais une intervention énergique et rapide est nécessaire. On ne va tout de même pas attendre une attaque fatale contre un arbitre ou un envahissement géant de terrain pour prendre les mesures qui s’imposent. La trêve est venue au bon moment pour apaiser les esprits, mais, franchement, le danger guette toujours tant que ces intervenants continuent à penser que tout est permis.

Kamel ZAIEM




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com