Rétrospective 2006 : L’année du partenariat





Jamais l’activisme stratégique de la Tunisie n’a caracolé sur de tels sommets qu’en 2006, aussi bien dans sa dimension endogène qu’exogène.

Tunis - Le Quotidien
Portes ouvertes et symbioses ont émaillé la politique nationale de la Tunisie en 2006 où l’activisme anticipatif des uns et des autres les a conduit à une logique de partenariat stratégique que l’on a observé partout où que l’on se soit attardé.
Ce partenariat a été flagrant au sein du pouvoir législatif dont les deux Chambres (celles des députés et des conseillers) ont prouvé une complémentarité exceptionnelle dans la recherche de la meilleure perspective pour la Tunisie. Les débats et les échanges ont souligné également la complémentarité de leurs statuts respectifs et de leur approche jusqu’à propos de dossiers aussi délicats que le budget de l’Etat.
Un autre partenariat, tout aussi capital pour notre pays, a été clairement ressenti dans les relations qu’entretiennent entre elles la Centrale patronale et la Centrale syndicale qui ont organisé leurs grands Congrès en novembre et en décembre. Dans leurs discours et dans leur profonde compréhension des choses, l’UTICA et l’UGTT ont souligné l’interdépendance stratégique qui les lie et leur devoir commun de préserver aussi bien l’entreprise que l’emploi.
Les partis politiques ont également consacré cette notion de partenariat, aussi bien direct qu’indirect avec, dans la foulée, une excellente unité dans les intentions des uns et des autres qui affirment haut et fort que leurs approches respectives s’inscrivent dans les choix stratégiques de la Tunisie. D’ailleurs, pour ponctuer cette conviction, nous avons observé, au cours de l’année 2006, une multitude de tables-rondes organisées par les partis à propos de questions d’actualité, nationales et internationales. Nous avons également assisté à des efforts d’assainissement internes qui poursuivaient le but de partir sur des bases solides ainsi que des positions communes sur certaines constantes de la politique nationale : le débat, les échanges, le soutien des initiatives nationales, le refus de l’intervention étrangère, refus de l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques, dépassement des clivages gauche-droite ...
Les exemples de partenariats endogènes en Tunisie sont innombrables; par exemple au sein du secteur associatif, dans le monde de l’entreprise, au sein-même de l’administration et du gouvernement ...
Mais celui qui suscite, sans conteste, notre respect et notre admiration est sans doute le monde des Consultations nationales. Car il s’agit réellement de tout un monde de partenariat entre toutes les parties concernées directement ou indirectement par le sujet en question. Nous dirions même que ces Consultations cristallisaient un partenariat entre tous les Tunisiens car, en définitive, tous les sujets évoqués touchent la totalité de la Communauté nationale.
Sur le plan international, la Tunisie a poursuivi ce chemin de partenariat avec le même brio. D’innombrables accords de coopération ont ainsi été signés, en 2006, d’abord avec divers pays de l’Union Européenne qui demeure incontestablement le premier partenaire de la Tunisie, suivis par les pays asiatiques, les pays du Maghreb et du Monde arabe. La Tunisie a également signé des conventions avec des pays et des institutions d’Afrique et du Monde islamique ainsi qu’avec des organisations internationales et avec l’Amérique du Sud. D’autres accords de partenariat ont été conclus avec la plus grande multinationale de la planète (Microsoft) et des pays hors UE comme la Principauté de Monaco, la Suisse et la Serbie.
Tous ces partenariats se sont étendus à différents domaines économique, social, commercial, environnemental, touristique, juridique ...

Manoubi Akrout
manoubi.akrout@planet.tn

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Mohamed Trabelsi (Secrétaire général-adjoint de l’UGTT)
2007, l’année du dialogue national

«En Tunisie, nous souhaitons que l’année 2007 soit celle du dialogue sur les grands dossiers. Notre pays a réalisé de nombreux acquis incontestables sur tous les plans. Il est donc grand temps de faire le bilan afin de s’arrêter sur les bons résultats, d’identifier les lacunes et de déterminer les sentiers à battre durant l’étape à venir. L’évaluation de la «moisson» des deux dernières décennies devrait être totale et sincère. Elle requiert en aval la mise en place de certains mécanismes de débat franc et d’élargir les espaces du dialogue. Toutes les forces vives du pays et les composantes de la société civile sont appelées à contribuer à cette dynamique de dialogue et d’évaluation loin de toute exclusion. Sans ce dialogue nécessaire nous risquons de tomber dans le piège de l’immobilisme et de la monotonie.
Il va sans dire que l’élargissement des tribunes du dialogue desserre l’étau sur la centrale syndicale. Cette dernière aspire à approfondir le dialogue social, lequel ne devrait en aucun cas rester occasionnel et se limiter uniquement aux rounds de négociations triennales.
Le dialogue social devrait également toucher tous les dossiers d’intérêt national tels l’emploi, la sécurité sociale, l’enseignement, le chômage, la fiscalité, les médias...
D’autre part, on aspire à une issue consensuelle de la crise de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme qui constitue un acquis national incontestable. Sur le plan international, l’espoir de voir les troupes américaines quitter l’Irak est désormais permis. Cela nécessite un minimum de consensus entre les pays arabes, plus que jamais appelés à rompre avec l’incapacité de prendre des positions audacieuses et de sortir de la situation de l’effritement. Les forces démocratiques devraient assumer leurs responsabilités à ce sujet».

Walid KHEFIFI

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Moncef Dhouib (cinéaste)
Des notes d’espoir et beaucoup d’ambitions…

« L’année 2006 se veut celle de la bonne moisson cinématographique pour la production et la distribution. Je pense que nous tournerons la page de 2006 avec une image positive d’un cinéma tunisien qui a pu trouver sa place auprès de son public, d’un cinéma qui a réussi à refléter les occupations du Tunisien. A mon avis, le bilan de cette année qui touche à sa fin est très encourageant puisque nous avons vu sortir plusieurs films…et la scène cinématographique s’est enrichie par de multiples productions de diverses visions et c’est très important pour réconcilier le Tunisien avec son cinéma et promouvoir de plus en plus la production nationale.
Pour l’année 2007, je pense qu’on ne peut l’entamer qu’avec des notes d’espoir et beaucoup d’ambitions. Car nous pouvons vraiment réaliser beaucoup de projets avec les moyens dont on dispose. Seules la créativité et la recherche doivent régner et guider le chemin des créateurs tunisiens. Parmi les idées qui peuvent être comme des vœux pour l’année 2007 et qui peuvent, à mon avis, bien servir notre cinéma il y a l’encouragement de l’idée du cinéma ambulant. Il faut que le cinéma se déplace vers son public, quitte les salles de la capitale pour rencontrer un autre public qui a le droit de découvrir et de juger ces productions nationales. Le cinéma doit être un art populaire et non élitiste, c’est pour cette raison que les créateurs tunisiens doivent aller au public et communiquer avec lui et cette idée de faire du cinéma ambulant nous permettra d’atteindre cet objectif même si nous ne disposons pas d’assez de salles de cinéma.
Mais, en mettant en œuvre cette idée, il faut qu’on ne projette que les films tunisiens. Il n’est pas question de projeter des films égyptiens, américains, français etc. Cette initiative permettra d’inscrire le cinéma tunisien dans nos traditions culturelles et de faire bien la promotion de cet art dans tous les coins et les recoins de la Tunisie sans exception. Nous pouvons même imaginer des films tunisiens qui tournent dans toutes les régions, indépendamment du cadre spatio-temporel, et en présence du réalisateur et de quelques comédiens. Cette idée nous permettra de résoudre en quelques sortes le problème de la distribution et de l’exploitation.
Mon deuxième vœu pour cette année est de voir nos laboratoires de cinéma ouvrir de nouveau leurs portes pour tous les créateurs. Cette ouverture permettra de jeter les assises d’une vraie industrie cinématographique nationale, de préserver la devise et de nous faire gagner du temps. Nos cinéastes ont malheureusement perdu beaucoup de temps dans les déplacements pour faire le suivi des différentes étapes de la post-production. La relance des activités de ces laboratoires donnera plus de dynamisme à notre cinéma et plus de liberté d’expression à nos cinéastes. Mon troisième vœu sera aussi cinématographique puisque je vis par et pour le cinéma. J’espère voir naître durant l’année de 2007, l’Association des amis du film tunisien dont le but sera de faire la promotion médiatique de nos productions nationales surtout dans les manifestations internationales. Cet organisme est le maillon qui manque à ce circuit artistique. J’ai été invité à plusieurs reprises dans des manifestations cinématographiques internationales et j’ai vraiment constaté l’importance de lancer une association qui s’occupe essentiellement de la présentation et la promotion pas uniquement des films participants mais du cinéma tunisien en général, auprès des médias étrangers. Nous pouvons creuser dans ce sens et inventer d’autres idées qui peuvent bien servir l’image de notre cinéma et présenter les efforts de nos créateurs et surtout avec nos moyens financiers. Et si l’année 2006 a été l’année des grands efforts, j’espère que l’année 2007 sera celle de la continuité dans ce sens positif.».

Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com