Transport en commun à la veille de l’Aïd : Voyage au bout du calvaire…





Encombrement, retard, désagréments dus à la promiscuité...En dépit des milliers de dessertes supplémentaires programmées à l’occasion de l’Aïd El Idha, les relations entre les Tunisiens et les moyens de transport en commun ne sont pas idylliques. Reportage...

Tunis - Le Quotidien
Jeudi 28 décembre. Il est 11 heures tapantes. Des dizaines de voyageurs qui ont pris place sur les marches à l’entrée de la gare ferroviaire de Tunis commencent à s’impatienter.
Dans le hall plein comme un œuf, beaucoup de voyageurs jouent des coudes et s’adonnent à une course de slalom pour se rendre aux quais. Partout, ça chuchote, ça murmure, ça papote dans les coins. Le grand brouhaha est entrecoupé de temps à autre par une voix fatiguée annonçant l’arrivée d’un train.
Amel et Sabrine, deux fillettes de 8 et 10 ans commencent à trépigner de colère. Accompagnées de leur mère, elles viennent de louper le train à destination de Sousse. Le prochain train partira à 12h05. Hélas, il est déjà plein à craquer. «C’est toujours la même rengaine. Le train est loin d’être synonyme de confort sur la ligne reliant Tunis à Sousse. On ne tient pas compte du nombre des voyageurs à pareille période», peste la mère des deux fillettes qui décide d’aller voir du côté de la station des louages jouxtant le souk de Moncef Bey.

Wagons bondés
Au niveau des quais, l’atmosphère est à cheval entre les joies de l’Aïd et les angoisses liées à l’encombrement. Visiblement pressé et muni de bagages très lourds, Am Taher et sa femme ne cachent pas leur amertume. «Nous devons attendre le train express à destination de Sfax. Dans les autres trains, on connaît des vertes et des pas mûres des portes qui restent ouvertes alors que le train roule à toute allure, des trains en retard de deux, voire trois heures, des jeunes proférant de gros mots, des saletés partout, et j’en oublie...», maugrée le sexagénaire. Sa femme acquiesce en hochant la tête.
Du côté de la station de louages de Bab Alioua, les bousculades sont légion. «Ici au moins on est sûr qu’il n’y a pas de retard. Seulement, il faudrait jouer les durs pour décrocher une place», constate Adel B. , louagiste. Il n’est pas rare en effet au niveau de cette station de voir deux hommes échanger de gros mots et se disputer une place dans un louage à destination de Nabeul ou encore Hammamet. Ces désagréments dûs à la promiscuité et à l’excès de zèle de certains voyageurs tournent parfois au vinaigre.

Déficit d’informations
Dans le hall archicomble de la gare routière et à quelques dizaines de mètres seulement de la station des louages, de nombreux voyageurs se plaignent du manque d’informations et d’orientation. «Nous nous sommes habitués aux retards. Qu’ils nous informent au moins si le bus qui dessert «Essers» va venir. Si ce n’est pas le cas, qu’on nous le dise pour qu’on se débrouille autrement», fulmine un quinquagénaire accompagné de sa femme et de ses cinq enfants.
A l’entrée de la gare, les voyageurs continuent à arriver en petites grappes humaines. «Je m’en fous de l’encombrement. L’essentiel pour moi est de fêter l’Aïd en famille», lance un jeune homme muni de plusieurs valises...

Walid KHEFIFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com