Les partisans de Saddam : “Saddam n’est pas mort, il vit encore dans nos cœurs”





Les partisans de Saddam Hussein continuaient hier à lui rendre hommage, autour de son ancien bastion de Tikrit deux jours après sa pendaison, alors que le reste du pays connaît un calme relatif pendant les fêtes l'Aïd al-Adha.

Le Quotidien-Agences
Plusieurs centaines de partisans de Saddam Hussein se réclamant du parti Baath dissous se sont rassemblés hier matin à al-Dour, près de Tikrit pour rendre hommage à l'ancien président et dénoncer le gouvernement irakien.
"Nous sommes les membres du parti Baath", chantaient les manifestants. Parmi eux de nombreux hommes armés, mais aussi des femmes et des enfants, réunis dans la petite ville d'al-Dour, à 20 km au sud de Tikrit, l'ancien bastion de Saddam Hussein, à 160 km au nord de Bagdad.
Certains brandissaient des portraits immenses du "martyr et héros Saddam Hussein", en tenue arabe traditionnelle, d'autres des drapeaux irakiens.
"Saddam n'est pas mort, il vit encore dans nos cœurs", a assuré Louhai Taih, 27 ans. "Nous sommes ici pour dénoncer le crime du gouvernement irakien qui a osé exécuter Saddam".
"Nous représentons les moujahidine, l'armée islamique et le parti Baath, pour dénoncer (le Premier ministre Nouri) Maliki et le gouvernement irakien", a expliqué un manifestant se présentant comme "un combattant de Saddam".
Aucun membre des forces de sécurité irakiennes ou de l'armée américaine n'était présent.
Les manifestants rassemblés depuis 09H00 (06H00 GMT) ont aussi conspué les noms du Premier ministre, de Moqtada Sadr, leader radical chiîte et chef de la milice chiîte de l'armée du Mahdi, qualifié de "lâche", et de Abdel-Haziz Hakim, qui dirige le Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), présenté comme "un traître à la solde de l'occupant".
Ailleurs en Irak et à l'inverse de ce qui s'est passé dans les zones chiîtes, où des manifestations de joie ont salué l'annonce de la mort de Saddam Hussein, le Kurdistan n'a connu aucun rassemblement d'importance.
Si le président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, s'est réjoui de la pendaison de Saddam, il a aussi laissé percer la crainte, qui est celle de nombreux Kurdes, d'un oubli des crimes commis à leur encontre.
Par ailleurs, les autorités n'ont donné aucune information sur la date d'exécution du demi-frère de Saddam, l'ancien chef des services de renseignements Barzan al-Tikriti et l'ancien président du tribunal révolutionnaire Awad al-Bandar, condamnés à mort en même temps que l'ancien président.
Leur pendaison avait été ajournée au dernier moment samedi par les autorités, après l'exécution de Saddam Hussein.

* Calme
Sur le terrain, le niveau de violence a significativement diminué en Irak depuis dimanche, en grande partie en raison des célébrations de l'Aïd al-Adha, la fête du sacrifice, qui a donné lieu à quatre jours de congés. La circulation dans les rues et sur les ponts de Bagdad, d'habitude fortement embouteillés, était quasi-nulle hier.
L'armée américaine a, pour sa part, affirmé avoir tué six "terroristes" hier matin au cours d'une opération à Bagdad contre une "cache" d'al-Qaïda, selon un communiqué transmis à l'AFP.
Interrogée par cette dernière, une source de sécurité irakienne a, de son côté, fait état d'une intervention dimanche soir d'hélicoptères américains dans le quartier d'al-Jamyiah (ouest) pour faire cesser des affrontements entre groupes armés rivaux, dont des hommes appartenant à la garde rapprochée de Motlaq.
Quatre civils, tous membres d'une même famille, ont été tués et deux hommes de Motlaq blessés, selon cette source, qui s'exprimait sous couvert d'anonymat.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com