Le monde s’indigne : «Une faute totalement inacceptable»





L'exécution de Saddam Hussein continue de suciter l'indigniation dans le monde arabe et en Occident où plusieurs voies ont mis en exergue le caractère honteux de la mise en scène de la pendaison.

Le Quotidien-Agences
En France, le principal candidat de la droite française à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy, estime que l'exécution de Saddam Hussein est "une faute", au nom d'une opposition "de principe" à la peine de mort, dans une tribune publiée hier par le quotidien Le Monde.
Le ministre de l'Intérieur et président du parti UMP regrette aussi que la mise à mort de l'ancien président irakien ne nuise à la démocratisation de l'Irak.
"Il est difficile de réconcilier les différentes composantes d'un peuple au sortir d'une dictature. Mais cette tâche me paraît d'autant plus malaisée lorsque la lumière n'est pas faite sur le passé. L'exécution de Saddam Hussein est une faute", affirme Sarkozy.
La candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, avait de son côté fait part d'"un sentiment indéfinissable de dégoût" après cette exécution.
En Grande Bretagne, Le vice-Premier ministre britannique John Prescott a qualifié pour sa part de "déplorable" la manière dont Saddam Hussein avait été exécuté, samedi à Bagdad.
Prescott a également qualifié de "totalement inacceptable" la diffusion dès dimanche sur internet de la vidéo complète, filmée par un téléphone portable, de la pendaison de l'ancien raïs, qui le montre raillé par certains témoins, scandant le nom du chef radical chiîte Moqtada Sadr.
"La manière était vraiment extrêmement déplorable", a déclaré Prescott à la BBC Radio Four. "Je ne pense pas que quiconque puisse approuver cela, quelle que soit votre opinion sur la peine de mort."
"Franchement, voir ce genre de vidéos sortir est totalement inacceptable et je pense que ceux qui sont responsables de ça devraient avoir honte", a-t-il ajouté.
La ministre britannique des Affaires étrangères Margaret Beckett avait réagi à l'exécution, au nom du gouvernement, en affirmant que Saddam Hussein avait "payé" pour ses crimes, mais en rappelant que la Grande-Bretagne "ne soutenait pas le recours à la peine de mort en Irak ni nulle part ailleurs".

* L'échafaud de l'Histoire
En Afrique, une organisation ivoirienne de défense des droits de l'Homme a condamné la pendaison "horrible et macabre" de Saddam Hussein, la qualifiant d'"atteinte grave à la dignité humaine".
L'Action pour la protection des droits de l'Homme (APDH) a dénoncé dans un communiqué une "déshumanisation de l'homme, une atteinte grave à la dignité humaine" à travers cette exécution.
"Si l'objectif des autorités irakiennes actuelles, soutenues par leurs alliés occidentaux, était de punir Saddam Hussein de ses crimes, c'est plutôt l'horreur du film de la pendaison qui aura choqué la plupart des esprits", écrit Gervais Boga Sako, président de l'APDH.
"Si Saddam était criminel, ceux qui l'exécutent, le filment et qui se réjouissent de présenter les images de sa mort au monde entier ne sont-ils pas autant criminels que lui?, s'est interrogé Sako, cité dans la plupart des quotidiens ivoiriens.
L'APDH a également dénoncé le "cynisme des autorités irakiennes et de leurs alliés qui pour parachever leur œuvre de +justiciers de la planète+ ont présenté au monde entier et aux enfants l'horreur de la mort par des hommes".
Enfin, en Algérie La presse locale a vivement réagi hier contre la pendaison de Saddam Hussein, la qualifiant de "vengeance chiîte", prédisant le "retour" de l'ancien président irakien en 2007 et des difficultés accrues pour les Etats-Unis en Irak.
Le quotidien gouvernemental El-Moudjahid, qui paraît en noir en signe de deuil, écrit que "le monde (est) sous le choc" après "la pendaison de Saddam Hussein, prisonnier de guerre".
L'Algérie avait exprimé ses regrets pour l'exécution de Saddam Hussein, la qualifiant de "mise à mort" et rappelant que le supplicié "a été exécuté pour des actes relevant de ses activités à la tête de l'Etat".
Pour le quotidien du Front de libération nationale (FLN - majorité), Sawt el-Ahrar, "après l'exécution du président Saddam Hussein, les Arabes sont devant l'échafaud de l'Histoire".
Le Quotidien d'Oran souligne que "Saddam sera de retour en 2007", car, écrit-il, "l'exécution de Saddam", qu'il qualifie de "lynchage sordide", "n'a rien à voir avec la justice".
Al-Watan dénonce le "marketing de l'horreur" de la diffusion par les télévisions du monde d'images de la pendaison de Saddam Hussein et affirme que "Bush plonge l'Irak dans la division".
L'Expression se demande "si l'on ne vient pas de découvrir que le pire ennemi des Arabes et des Musulmans sont les mollahs de Téhéran et leurs affidés chiîtes au pouvoir à Bagdad".




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com