Des diplomates accrédités à Tunis dénoncent…





L’exécution sommaire et expéditive, samedi, de l’ancien président irakien a suscité une vive indignation et une condamnation sans ambages de nombreux diplomates accrédités à Tunis qui se sont confiés au «Quotidien».

* S.E.M. Salmane Elherfi: ambassadeurde Palestine à Tunis : Une atteinte à la dignité de tous les musulmans

Ce qui s’est passé en Irak constitue une offense et une atteinte à la dignité de tous les musulmans. Il ne s’agissait pas de l’exécution d’un être humain mais de l’exécution de l’honneur de toute la nation arabe. Ce n’est autre qu’un crime à l’encontre du peuple arabe commis à l’issue d’un procès de façade de surcroît illégal fondé sur une colonisation illégale. Tout ce qui est bâti sur l’illégal ne peut être qu’illégal.
C’est un procès qui s’inscrit dans la lignée de la politique agressive des Etats-Unis. Il apparaît clairement aujourd’hui qu’il n’existe aucune relation entre la démocratisation de la région et la réalité sur le terrain.
L’objectif de la colonisation est évident. Les richesses de l’Irak et le pétrole constituent le principal enjeu de l’opération. Je suis plus que jamais convaincu aujourd’hui que le monde libre doit rejeter ces agissements incompatibles avec les valeurs universelles.
Le peuple irakien saura comment repousser cette agression barbare. Le peuple palestinien a ainsi perdu un soutien de taille à sa juste cause. Nous sommes redevables de resserrer nos liens et d’unir nos efforts pour affronter les dangers.
Nous sommes redevables également de tirer les enseignements de cette phase délicate de notre histoire. Nous n’avons plus de choix.

L.T.

* Son Excellence Rolando Gonzàlez Téllez, Ambassadeurde La République de Cuba à Tunis : «C’est illégal…»


«L’exécution de Saddam Husseïn est vraiment un acte illégal et injuste. D’ailleurs, notre ministère des Affaires étrangères a condamné cette opération américaine qui a coïncidé avec le jour d’une fête sacrée pour le monde musulman, celle de l’Aïd.
Le Monde Musulman a été choqué de la mise à mort expéditive de Saddam Husseïn de cette façon brutale et floue synchronisée avec un jour symbolique comme celui de l’Aïd qui reste le synonyme de la miséricorde, de la piété et de la pitié et qui a une place sacrée dans les cœurs des Musulmans.
Nous sommes vraiment touchés, en tant que Cubains, par cet événement douloureux et nous sommes très solidaires avec tous les pays musulmans et arabes. A mon avis, les forces américaines et leurs alliés ont choisi cette journée pour exécuter Saddam Husseïn sans prendre en considération les sentiments de millions de musulmans et sans réfléchir à l’avenir de la région et à sa stabilité.
Après une guerre absurde menée en Irak par ces forces occupantes, les Américains ont choisi de passer à la deuxième étape, celle de la mise à mort de Saddam Husseïn. J’espère que cet acte ne conduit pas à une réaction populaire qui divise les rangs des Irakiens et bouleverse de plus en plus l’Irak. Nous tenons toujours au droit absolu de chaque peuple dans la détermination de son destin sans aucune intervention extérieure».

Propos recueillis par Imen Abderrahmani

* L’ambassade algérienne à Tunis : «L’Algérie regrette la mise à mort le jour de l’Aïd El Idha»

En réaction à l’exécution de Saddam Husseïn, l’Ambassade algérienne nous a confié que sa position est exactement la même que celle du gouvernement algérien qui, avec un langage diplomatique, a fait allusion à toute l’incohérence de la décision, rappelant que l’esprit de l’Aïd El Idha est, au contraire de cette décision, porteur des hautes valeurs de pardon, de clémence et de générosité. Par ailleurs, le FLN, vivier principal du gouvernement, ne mâche pas ses mots en dénonçant un assassinat politique, une humiliation et une provocation.

Tunis - Le Quotidien
C’est, à notre sens, entre les lignes qu’il faut lire la position officielle de l’Algérie à la suite de l’exécution de Saddam Husseïn.
«Monsieur Saddam Husseïn, ancien président irakien, fait prisonnier de guerre, a été exécuté suite à une condamnation à mort pour des actes relevant de ses activités à la tête de l’Etat irakien.
Sa culpabilité a été établie par un jugement des homme dans des circonstances et dans un contexte faisant l’objet d’appréciations antagonistes et de positions polarisées.
Cet événement et les actions de l’ancien chef de l’Etat irakien relèvent désormais du jugement de l’histoire et l’évaluation de sa vie appartient au jugement de Dieu.
L’Algérie regrette la mise à mort de l’ancien président Saddam Husseïn le jour de l’Aïd El Idha, jour sacré, dont l’esprit originel, évocateur de sacrifices, s’est sublimé dans les valeurs du pardon, de la clémence et de la générosité pour tout le monde arabo-musulman.
L’Algérie forme le vœu que ce développement n’ajoutera pas à un surcroît de violence et d’épreuves à la tragédie que vit le peuple irakien frère.
Elle appelle les Irakiens de tous bords à un ressaisissement salutaire pour assurer un avenir qualitativement meilleur à leur pays dans l’unité de son peuple, l’intégrité de son territoire et la plénitude de sa souveraineté.
De nombreux vocables attirent l’attention: «prisonnier de guerre», «condamnation pour des actes relevant de ses activités à la tête de l’Etat irakien», «appréciations antagonistes», «les valeurs du pardon, de la clémence et de la générosité pour tout le monde arabo-musulman», «la tragédie que vit le peuple irakien»... Le ton mesuré, attentif à la nuance, ne cache certainement pas la désapprobation totale d’un tel acte
Le Front de libération nationale (FLN) n’y va pas par le dos de la cuillère. Sa position se fait à bride abattue, montrant du doigt un simulacre et une injustice historique.

«Assassinat politique
d’un dirigeant arabe»,
affirme le FLN
L’exécution du «président irakien Saddam Husseïn, fait prisonnier de guerre, est un assassinat politique d’un dirigeant arabe», «une humiliation et une provocation aux sentiments des musulmans», d’autant que sa mise à mort est intervenue à l’aube du premier jour de l’Aïd El Idha, a déclaré, le parti du Front de libération nationale (FLN).
«Les militants et militantes» du FLN ont appris la nouvelle de l’exécution de Saddam Husseïn «avec tristesse, indignation et consternation», dit le FLN qui a qualifié son exécution à l’aube du premier jour de l’Aïd El Idha de «violation du caractère sacré de l’Aïd El Idha et des mois sacrés, d’humiliation et de provocation aux sentiments des musulmans, des Arabes ainsi que de tous les nationalistes jaloux de la souveraineté de leurs pays».
Saddam Husseïn n’a nullement été renversé par «son peuple, ni son armée», mais «il a été fait prisonnier de guerre par des forces non irakiennes que le Conseil de sécurité a qualifiées de forces d’occupation», a tenu à rappeler le FLN, en ajoutant que l’ancien président irakien « a été jugé par une instance mue par un esprit de communautarisme haineux qui n’a ni foi ni loi».
«Même si l’homme en fut pas au-dessus de tout reproche», son exécution constitue «un assassinat politique d’un dirigeant arabe qui croyait en la Nation, en une Palestine arabe et en un Irak souverain», indique encore la même source.«Il est désormais évident pour tout un chacun qu’une liberté offerte est vite proscrite, seule une liberté arrachée est pérenne», a conclu le FLN.

Manoubi AKROUT
manoubi.akrout@planet.tn




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com