«Moi aussi je me souviens» : Le court qui en dit long





“Moi aussi je me souviens” est plus proche d’une chronique que d’un roman et son auteur de tenter de donner un sens à sa brièveté et faire (et surtout) du bruit dans la cité avec “un grand prix parrainé par Goncourt”, d’après ses dires.
De mémoire de journaliste, on se souvient, nous aussi, de cette conférence de presse tenue au club culturel Tahar Haddad il y a près de deux ans par Hatem Bouriel qui a annoncé la parution d’un roman dans les jours à venir. Les jours sont devenus des mois. Plusieurs mois car Hatem Bouriel n’a pas encore rassemblé ses souvenirs et n’a pas trouvé l’éditeur qu’il faut. “Il est déjà écrit dans ma tête”, nous a dit il y a une année et demie le romancier qui a fini par donner forme à ses idées-souvenirs. Quand au fond scellé dans quelques pages, il est tiré de sa mémoire. La mémoire d’un Tunisois qui se “trimballe” dans les coins et recoins de la capitale, côtoyant les strates d’une société “métisse”.
C’est en présence des copains et copines, même de classe des années collège et lycée et de quelques soixante-huitards nostalgiques du vieux Tunis, Tunis des années 1960-1970, que Hatem Bouriel a présenté avant-hier soir à la librairie Clairefontaine de la rue d’Alger, “Moi aussi je me souviens”, paru il y a quelques mois.
En surfant sur le contenu de seulement quelques pages aérées et écrites dans une langue correcte qui est le français, Hatem Bouriel a sauté sur cette occasion qu’il a peut-être provoquée pour répondre aux critiques ou comme il aime les nommer par ces “langues fourchues”. C’était une sorte de procès.
“L’origine de “Moi aussi je me souviens” est toute simple. En fait, je n’ai rien inventé et je me suis inspiré des aînés. Fou de littérature comme eux, j’ai repris le même titre”, a notamment dit Hatem Bouriel. Et d’ajouter que d’autres aussi, tout comme lui, ont écrit des ouvrages même de 24 pages et qui sont des romans. “Le roman n’est pas au poids. Moi aussi, j’ai de même fait à mon tour et j’ai emboîté le pas à d’autres qui m’ont précédé (NDLR)”.
“J’ai aussi ma petite ambition pour le réécrire en 2008 et ça va être la continuité. je me place en fait entre un espace illimité et un autre inachevé. je suis comme ça. Mais qu’est-ce que je raconte?”, s’interroge aussi l’éditeur de “120 livres”, c’est-à-dire parmi les plus prolifiques. D’après d’autres sources, on parle de 1200. De toutes façons, à ce niveau là, on n’est plus à un zéro près. “Je me suis réconcilié avec mes souvenirs et je les ai mis tout simplement en forme. Ce n’est qu’un jeu. Une sorte de travail qui peut ressembler à la banalité comme à la poésie. C’est un défilé d’images… et tout le monde a adoré”, a dit Hatem Bouriel qui a l’art de parler et qui a tout de même fini par avouer que son petit roman un inventaire à la Prévert. Et puisqu’on parle d’inventaire, l’auteur des Pages jaunes est, à notre avis, un grand romancier qui s’ignore. “Le Je que j’ai souvent utilisé et écrit en majuscule n’est pas moi mais appartient à tous ceux qui se souviennent de ces années-là”, précise-t-il et de continuer dans le registre de la mémoire qu’il a collecté de ses aînés des dires ainsi que des jeunes.
La rencontre avec Bouriel, on le sait, est toujours à cible et séduisante. Et comme attendu, notre romancier a ouvert un volet —qui pour le moment en train de provoquer du courant d’air. Le scoop de la soirée: “Je vous annonce qu’on est adopté par Goncourt et qu’on travaille avec des éditions du Maroc et d’autres. D’ailleurs, moi-même je suis membre du jury Atlas et on a décerné en novembre dernier le Grand prix 2006 à Azza Filali”. Qui on? Réponse de Bouriel et c’est une affaire à suivre: “Il y a moi et d’autres… Vous allez les découvrir les jours à venir et je vous assure que ce n’est pas de la concurrence au Comar d’or, mais il s’agit d’une idée vieille d’au moins dix ans”. Goncourt est au courant ou pas, ceci est une autre affaire. Entre-temps Bouriel a lancé un appel avant de passer à la dédicace et il n’exclut pas une petite aide si c’est possible pour promouvoir le livre par les mécènes. Et se promouvoir lui-même. Quant à ce grand prix qu’il annonce, on est plus sceptique que jamais en attendant être plus informés dans les détails sur le qui fait quoi et la crédibilité des correspondances avec Goncourt, s’il y en a, et du Conservatoire lui-même, le siège, les membres du jury…

Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com