Le spectre des enlèvements plane sur Gaza





L'AFP était toujours sans nouvelles hier de son photographe, Jaime Razuri, enlevé lundi dans la Bande de Gaza par des inconnus armés alors que les menaces d'enlèvements d'étrangers dans ce territoire s'amplifient.

Le Quotidien-Agences
L'Agence France-Presse n'avait reçu hier aucune information sur le sort de son photographe malgré les efforts diplomatiques du Pérou, dont il est ressortissant, de la France, et les recherches lancées par les services de sécurité palestiniens sur ordre du président Mahmoud Abbas.
"Malgré nos propres efforts, et ceux du gouvernement français, nous n'avons toujours pas d'informations sur l'identité des ravisseurs", a affirmé le PDG de l'AFP, Pierre Louette, dans une lettre adressée à Abbas et au Premier ministre Ismaïl Haniyeh.
"Au nom de l'Agence France-Presse (...) je suis confiant dans le fait que que vous et vos assistants n'épargnerez aucun effort pour retrouver Razuri et assurer sa libération sain et sauf", a-t-il ajouté.
Le mouvement islamiste Hamas qui contrôle le gouvernement a condamné le rapt, ainsi que les Brigades des Martyrs d'al-Aqsa, liées au parti Fatah de Abbas, et du Jihad islamique, tout comme les organisations de défense des journalistes.
"Le Hamas appelle les ravisseurs à libérer immédiatement le journaliste et à stopper ce genres d'actions malhonnêtes, non nationales et contraires aux traditions des Palestiniens car elles portent atteinte à la lutte de notre peuple", a affirmé le Hamas dans un communiqué.

* Risque élevé
"Ce crime ne correspond pas aux traditions du peuple palestinien", a-t-il ajouté, estimant que les "enlèvements d'étrangers visent à dégrader l'image du peuple palestinien et de la résistance".
Dans ce contexte, les services de sécurité palestiniens ont demandé hier aux ressortissants occidentaux, américains et européens, de quitter la Bande de Gaza en raison de risques élevés d'enlèvements.
"Nous avons lancé des alertes sur des opérations d'enlèvements et nous avons demandé aux ressortissants américains et européens de quitter la Bande de Gaza", a affirmé un haut responsable sécuritaire.
Il a précisé que l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) avait notamment été informée de cette alerte.
"Christar Nordahl, directeur-adjoint (de l'Unrwa) à Gaza a confirmé avoir reçu un conseil général de la part de la sécurité préventive sur des risques d'enlèvements", a affirmé à l'AFP le porte-parole de l'agence, Johan Eriksson.
"Cela ne change pas la situation telle qu'elle est depuis deux ans. Pour l'instant, nous restons", a-t-il toutefois ajouté.
Au total, une vingtaine d'étrangers, dont plusieurs journalistes, ont été enlevés ces derniers mois à Gaza. Ils ont tous été relâchés, pour la plupart très rapidement.
Les ravisseurs d'étrangers exigent généralement de l'Autorité palestinienne, en échange de la libération de leurs otages, le paiement de salaires ou la libération de détenus.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com