Des dizaines de morts en 48 heures : Scènes de guerre en Irak





Deux soldats américains tués à Bagdad où des combats faisaient rage hier deux jours après l'annonce par le Premier ministre Nouri al-Maliki du lancement d'un nouveau plan de sécurité pour Bagdad, en proie à des violences confessionnelles.

Le Quotidien-Agences
Deux soldats américains ont été tués par des attaques de la résistance irakienne, ce qui porte à 3.005 le bilan des pertes militaires américaines en Irak depuis l'invasion du pays, a annoncé hier l'armée américaine.
L'un des soldat est "mort de ses blessures pendant une opération de combat dans la province de Salaheddine dimanche", a détaillé l'armée.
L'autre a été tué au nord de Bagdad quand sa patrouille a été visée par des tirs "à l'arme légère". Son équipe était en train de réparer une ornière creusée par une bombe, a précisé l'armée.
Entre-temps, des affrontements ont repris hier le matin dans le quartier de Haïfa, sur la rive ouest du Tigre et en plein cœur de la capitale irakienne, et se poursuivaient sans répit dans l'après-midi, selon des correspondants de l'AFP à Bagdad.
Haïfa est un quartier majoritairement sunnite où habitaient de nombreux hauts responsables gouvernementaux sous le régime de Saddam Hussein. C'est aujourd'hui un fief de la résistance sunnite.
Les détonations et les tirs d'armes automatiques résonnent à intervalles réguliers dans Bagdad, sans qu'il soit possible d'en déterminer l'origine.
Samedi et dimanche, des hélicoptères et avions de chasse américains avaient survolé à basse altitude et à plusieurs reprises les quartiers du centre-ville, où des combats entre groupes armés ont duré plusieurs heures.
Dimanche, la télévision publique irakienne avait annoncé la mort d'une trentaine d'autres combattants de l'insurrection sunnite, dont des étrangers, tués samedi dans de violents échanges de tirs au centre de Bagdad.
Le communiqué du ministère de la Défense intervient deux jours après l'annonce par le Premier ministre Nouri al-Maliki du prochain lancement d'un nouveau plan de sécurité pour Bagdad, en proie à des violences confessionnelles qui ont fait des milliers de morts en 2006.

Chaos
Attaques à la bombe, enlèvements, tirs de mortiers, affrontements entre milices chiîtes et groupes insurgés sunnites... la capitale connaît chaque jour de nombreux actes de violence, dont la plupart ne sont pas recensés.
Hier encore, les forces irakiennes ont tué 26 "terroristes" et arrêté cinq lors d'opérations menées ces dernières 24 heures en Irak et plus particulièrement à Bagdad, où des combats à l'arme automatique se déroulaient hier, selon le ministère de la Défense.
"Au cours des dernières 24 heures, les forces irakiennes ont pourchassé et tué 26 terroristes dans plusieurs opérations", a indiqué le ministère dans un communiqué. Vingt-trois ont été tués dans la capitale, deux à Mossoul et un à Ramadi.
Cinq "terroristes" ont été arrêtés, toujours selon le ministère.
Toujours à Bagdad, au moins sept irakiens, dont quatre employés de l'aéroport de Bagdad, ont été tués hier, a-t-on appris de sources sécuritaires.
Un autobus transportant des employés en charge du nettoyage de l'aéroport international de Bagdad a été mitraillé par des inconnus alors qu'il traversait le quartier sunnite de Jihad près de l'aéroport, ont indiqué ces sources. Quatre des passagers ont été tués et neuf blessés.
Ce bilan a été confirmé par une source à l'hôpital voisin de Yarmouk, où les quatre corps ont été transportés.
Dans le sud de Bagdad, trois civils ont été tués et un blessé par l'explosion d'une bombe sur un marché du quartier de Zaafaraniyah, selon les mêmes sources. L'engin avait été dissimulé sous une voiture.
Trois pèlerins de retour de la Mecque en Arabie saoudite ont été blessés dans le sud de la ville par l'explosion d'un engin piégé au passage de leur véhicule.

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Plus de 17.000 morts en trois mois

Plus de 17.000 civils et policiers irakiens ont été tués au second semestre 2006, un chiffre en forte augmentation par rapport aux six premiers mois de l'année, indique lundi le Washington Post.
Le journal cite des statistiques confidentielles du ministère irakien de la Santé selon lesquelles 5.640 civils et officiers de police irakiens avaient été tués au cours des six premiers mois de l'année.
Ce chiffre a pratiquement triplé au cours des six derniers mois pour atteindre 17.310 morts, selon ces statistiques fournies au journal par un responsable du ministère.
Ce responsable s'exprimant sous le couvert de l'anonymat a précisé que ces statistiques étaient encore incomplètes, suggérant que les chiffres définitifs devraient être plus élevés, ajoute le Washington Post.
L'augmentation du nombre des victimes de la violence en Irak est survenue malgré une opération militaire conjointe américano-irakienne dans la capitale menée par des milliers de soldats et destinée à contrôler les quartiers les plus sujets à la violence, précise le journal.
Le chiffre total de morts pour 2006 établi par le ministère de la Santé atteint 22.950 personnes tandis que les chiffres publiés conjointement le 1er janvier par les ministères irakiens de la Défense, de la Santé et de l'Intérieur ne font état que de 13.896 victimes.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com