La Rachidia : Pour un «new-look»





Dans sa peau toute neuve, la Rachidia a été, vendredi 5 janvier la fierté des mélomanes. Mais derrière l’aura de cette belle vitrine,il y a toujours quelques zones ombragées ...

Pour revenir au concert de la plus vieille de nos institutions musicales, donné vendredi dernier au théâtre municipal de Tunis, il y a de quoi afficher (enfin !) satisfaction.
La surprise était agréable en comparant cette soirée à celles données il y a seulement quelques mois.
Derrière ce petit (et grand) changement il y a bien sûr des hommes et des idées. Et de la volonté pour sauver cette Rachidia née en 1934 pour préserver notre patrimoine musical.
L’Association de la Rachidia est constituée aujourd’hui de douze membres. Ils sont les Mohsen Boulahia (président), Mohamed Béchir Sghaïer (vice-président), Hédi Mouhli (secrétaire général), Mohamed Oueslati (trésorier) et les membres permanents Ridha Mejri, Mohamed Ben Othmane, Mohamed Lotfi Cherif, Radhia Risa, Mokhtar El Mestaisser, Mohamed Hamouda, Zouheïr El Jid et bien sûr Mohamed Lamine Kaouache, un mécène averti.
L’Association dont l’aide du ministère de la Culture et de la sauvegarde du Patrimoine s’élève à 100 mille dinars, compte aujourd’hui faire un bon lifting.
Depuis la disparition du maestro Benâlgia, le comité n’a pas cessé de se réunir pratiquement toutes les semaines dans ses locaux pour revoir ce qui va et ce qui ne va pas et créer “la révolution tranquille” dans tout son système.
On parle souvent de ses locaux qui accusent vétusté et la troupe est loin d’être satisfaite des conditions de répétition, qu’en pensez-vous? Réponse du secrétaire général : “Le comité est en train de travailler en pool avec le ministère de la Culture pour restaurer les biens de la Rachidia. Mais bien avant, il faut légitimer la propriété comme les “Mkhazen” de la rue du Dey et de celle de Dabdaba”. Et d’ajouter que le comité est en train de mettre de l’ordre dans l’enseignement musical tout en laissant l’ouverture à tout produit tunisien répondant aux exigences de cette institution, seule référence crédible de l’authenticité de notre musique.
Pour le dernier concert, vous avez parlé d’un “new look, si vous nous parliez des coulisses? Réponse : “Il y a tout d’abord le nombre de la troupe. De cinquante on n’a laissé que trente que vous avez vus sur scène. La municipalité nous a aidés par la gratuité de son espace. Quant au son et au décor, c’était notre affaire. Les billets ont été fixés à seulement dix dinars par tête. On a accordé entrée libre à près de 50 personnes qui sont, et c’est légitime, nos élèves de la Rachidia”.
Pour le moment ce legs musical est chapeauté, dans l’enseignement du malouf et la musique, par Zied Gharsa comme il le fut avec Tahar Gharsa et Abdelhamid Benâlgia. Mais les choses vont se dérouler autrement. Pour le seconder, Zied a choisi tout d’abord Nabil Zommit. Mais le comité avec Zied est en train de voir quelqu’un d’autre de plus disponible, d’après Hédi Mouhli, en cas d’absence du numéro un de la Rachidia.
Quoi de neuf ? “Nous sommes en négociation avec la télévision pour qu’elle nous parraine dans les spectacles, avec notamment des spots. Et c’est ainsi qu’on va répondre aux demandes des membres de la troupe qui veulent être mieux rémunérés”, explique Hédi Mouhli qui nous a informés de l’élargissement de la troupe en pensant aux élèves pour un groupe annexé à la Rachidia-mère.
Quant au coût du concert-hommage à Ahmed El Ouafi, il a coûté entre six et sept mille dinars, et l’institution est apparemment rentrée dans ses frais pour le moment, avant l’augmentation des honoraires et la restauration des locaux.

Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com