La stratégie du non-sens !





Exception faite de quelques alliés inconditionnels de Washington, la nouvelle stratégie militaire U.S. en Irak, annoncée par le Président Bush, suscite le scepticisme aussi bien de l’opinion publique américaine qu’internationale. Selon un sondage de la chaîne CBS publié, hier, un Américain sur deux n’a pas été convaincu par cette nouvelle stratégie, tout en exprimant son opposition à une augmentation des troupes dans ce pays.
Signe des temps, ce projet controversé fait les choux gras de la presse américaine. Dans un éditorial intitulé “Elan vers la débâcle en Irak et au Moyen-Orient”, le Financial Times n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour tirer à boulets rouges sur cette nouvelle initiative. “Le Président américain n’a déjà que le soutien d’un Américain sur quatre pour l’envoi de troupes supplémentaires et n’en aura plus aucun lorsque très bientôt, le patchwork ethnique et confessionnel déjà indéchiffrable de l’Irak sera encore plus ensanglanté et mis en pièces. M. Bush, obstinément pris dans un filet d’aveuglement et de déni, semble incapable d’appréhender l’ampleur de la débâcle qu’il a causée en Irak”, écrit en substance le quotidien new-yorkais.
Ce scepticisme à tout crin, objectif et logique du reste, est largement partagé par de nombreux journaux du Golfe qui estiment à l’unisson que cette nouvelle stratégie, “essayée par le passé, est vouée à un échec inéluctable et lamentable”. Le ministre néerlandais des Affaires étrangères abonde d'ailleurs dans le même sens et pense que l’envoi de 20.000 militaires supplémentaires “ne changerait rien à la situation en Irak”.
Obstination stérile et improductive, c’est le moins qu’on puisse dire en fait pour qualifier l’insoutenable et inacceptable politique de l’Administration américaine en Irak qui s’évertue à persévérer sur la même voie... sans issue. Un cul-de-sac qui se vérifie d’ailleurs à travers la situation exécrable et chaotique prévalant dans le pays que l’occupation ne fait qu’attiser davantage.
L’Administration Bush qui a manifestement épuisé en vain tous ses arguments ne fait que proposer un plan réchauffé qui a depuis longtemps révélé ses limites et son inutilité.
Pourtant, il faudrait qu’elle se rende à l’évidence que la solution ne peut être que politique et non point militaire. Car l’augmentation du nombre des GI’s qui seront inéluctablement barricadés dans leurs bases ne fera qu’accroître la violence et le chaos dans un pays qui a fini par sombrer dans les abîmes de l’incertitude et l’instabilité.
Il faudrait avoir le courage de l’admettre et de rectifier le tir avant qu’il ne soit trop tard ...

Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com