Le courant de Sadr menace : Les renforts U.S. repartiront «dans des cercueils»





Le courant du puissant chef chiîte irakien Moqtada Sadr a averti hier que les milliers de soldats américains envoyés en renfort en Irak risquaient de repartir "dans des cercueils" et prédit l'échec de la nouvelle stratégie du président George W. Bush.

Le Quotidien-Agences
Cette menace survient sur fond de tensions au sujet de la détention de cinq Iraniens arrêtés la veille par l'armée américaine lors d'un raid controversé à Erbil dans le nord de l'Irak.
La "nouvelle stratégie (de Bush) n'est pas la bienvenue et, par-dessus tout, les soldats américains ne sont pas les bienvenus", a déclaré Abdoul-Razzaq al-Nadaoui, un porte-parole de Sadr, à Najaf, ville sainte chiîte au sud de Bagdad.
"Les Américains feraient mieux d'éviter à leurs fils de venir en Irak, d'où ils risquent de repartir dans des cercueils", a-t-il ajouté, après l'annonce mercredi par Bush de l'envoi en renfort de 21.500 militaires américains en Irak pour juguler la violence, s'ajoutant aux 132.000 GI's déjà présents.
"Le problème aujourd'hui en Irak est la présence des Américains. L'augmentation de cette présence ne fera qu'envenimer le problème (...) Ce n'est pas le premier plan annoncé par Bush. Tous ont échoué et celui-là ne fera pas mieux", a averti Nadaoui.
Adversaire résolu de l'occupation américaine, Moqtada Sadr dirige l'armée du Mahdi, l'une des plus puissantes milices irakiennes, régulièrement accusée d'exactions contre la communauté sunnite et d'attaques contre les forces de la coalition dirigée par les Etats-Unis.
Le courant Sadr, qui détient 32 sièges sur 275 au Parlement, fait partie du gouvernement du Premier ministre Nouri Al-Maliki et y détient cinq ministères sur 37. Mais Moqtada Sadr avait annoncé fin novembre qu'il retirait son soutien au Premier ministre, après une rencontre de ce dernier avec Bush.
Maliki mène depuis plusieurs semaines des négociations avec Moqtada Sadr pour obtenir de nouveau son soutien, malgré l'hostilité de l'administration américaine.
Selon un récent rapport du Pentagone, "le groupe qui a actuellement l'impact le plus négatif sur la sécurité en Irak est l'armée du Mahdi, qui a remplacé Al-Qaïda comme l'accélérateur le plus dangereux d'une violence confessionnelle potentiellement durable en Irak".

Controverse
Par ailleurs, un raid controversé de l'armée américaine à Erbil (350 km au nord de Bagdad) au cours duquel six Iraniens avaient été arrêtés la veille a suscité la colère des autorités kurdes, et a mis dans l'embarras le gouvernement irakien dominé par les chiîtes.
L'armée américaine a annoncé détenir encore cinq Iraniens vendredi après la libération de l'un d'entre eux.
Une polémique a éclaté sur le statut des locaux visés par le raid, présentés comme un "bureau de liaison" iranien par le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari, mais qualifiés de consulat par les autorités locales kurdes et le gouvernement iranien.
Zebari a expliqué que Téhéran avait déposé une demande acceptée par les Irakiens "pour ouvrir un consulat sur place" et "les procédures étaient en cours de finalisation mais n'étaient pas achevées".
Les employés iraniens "travaillaient avec l'accord du gouvernement" et "résidaient légalement en Irak", a-t-il ajouté, affirmant que son gouvernement tentait d'obtenir leur libération.
L'opération a été condamnée par les autorités locales du Kurdistan autonome et le gouvernement iranien qui ont dénoncé une "attaque" contre une enceinte bénéficiant de l'immunité diplomatique.
Le Pentagone a démenti que le bâtiment soit un consulat et l'armée américaine a indiqué que les cinq détenus "seraient interrogés et les documents et le matériel saisis examinés pour déterminer le degré des activités illégales ou terroristes".
Selon les résultats de ces investigations, "les mesures appropriées seront décidées sur le sort des détenus, soupçonnés d'être étroitement liés aux activités visant l'Irak" et les troupes américaines, a-t-elle ajouté.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com