“Waçl” : Les tréteaux du mystérieux





“Waçl”, la nouvelle pièce de Selma et Sofiène Ouissi présentée vendredi au “Quatrième Art” a plongé les amateurs du théâtre dans une ambiance mystique hautement soufie. Mais ce style théâtral a eu du mal à convaincre un public peu habitué de ce genre de pièce.

Le décor de la pièce était d’un genre particulier qui en dit long quant au style même de “Waçl”. Une grande moustiquaire dressée sur la scène, trois acteurs qui défilent s’adonnant à des danses acrobatiques, mais lentes, un homme assis à terre: ce décor hautement mystique fait de cette pièce une création théâtrale difficilement saisissable par les fans ordinaires du théâtre. En témoigne d’ailleurs les premières minutes de la présentation. Tout a commencé par un silence absolu. Il y a eu, par la suite, l’apparition des trois acteurs sur scène qui exécutent quelques gammes de danse. Ils tournèrent tantôt en rond, tantôt ils produisirent des gestes lents, mais très expressifs. Le tout était accompagné du son lointain de la flûte et d’une lumière qui s’éteint ou se met en veilleuse selon les situations et les mouvements. Des chansons et une voix du Dhikr ont accompagné tous les tableaux de cette pièce lui donnant une ambiance hautement mystique. En effet, la particularité de “Waçl” réside surtout dans ce silence absolu, flou et long qui incite à la méditation. Loin de toute forme d’exercice ou de mouvement corporel. Finalement, “Waçl” se révèle d’un genre difficile à décrypter. Un genre auquel une grande partie du public n’est pas habituée, mais qui véhicule une approche théâtrale, hautement mystique inspirée de la philosophie de Jalaleddine Rûmi.
Au-delà de l’ambiance théâtrale, force est de rappeler que “Waçl” incite d’abord à une certaine prise de conscience de la dimension mystique. La pièce incite à voyager au-delà des frontières du conscient vers une dimension insaisissable, mais profonde et puissante de la poésie de Jalaleddine Rûmi, ce poète et savant musulman. D’autre part, la philosophie de la méditation que véhicule “Waçl”, est en quelque sorte une incitation à la recherche du soi, la réflexion sur l’au-delà de l’existence, mais également l’invisible, le surnaturel, etc… Sans toutefois s’inspirer des démarches théâtrales contemporaines, “Waçl” forge un genre théâtral où le mysticisme s’allie à la réflexion métaphysique et le mouvement au geste spirituel. En dehors de la traditionnelle joute entre le sacré et le profane, “Waçl” nous plonge dans un espace d’une nouvelle symbiose entre chants mystiques et interprétations chorégraphiques et scéniques.

O.W.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com