Jalaleddine Rûmi : Hymne à la religion de l’amour





Qui est Jalaleddine Rûmi et quels sont les moments forts de sa vie? Leïli Anvar-Chenderoff, maître de conférences à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris et spécialiste de la littérature persane, a dressé un apeçu consistant sur la vie de ce personnage mystique, lors d’une conférence donnée jeudi à l’Institut Supérieur de Musique de Tunis.

«Rûmi ou l’envol de l’âme», tel est le titre de cette conférence au cours de laquelle Leïli Anvar Chenderoff a disséqué de façon hautement scientifique l’œuvre et la vie de Jalaleddine Rûmi, ce savant et poète mystique musulman qui a vécu entre l’Orient persan et l’Orient arabe de 1207 à 1273. En effet, selon la conférence, la particularité de ce mystique est d’avoir vulgarisé tout au long de sa vie ce qu’il a appelé: «La religion de l’amour». Cette approche a fait de Rûmi l’un des poètes les plus universels. Selon Leïli Anvar-Chenderoff, Rûmi se considérait comme un «oiseau du ciel», ce qui donnait à ses œuvres, un caractère surtout universel qui transcende les différences religieuses pour faire de l’homme la pierre angulaire à travers laquelle son prochain peut exprimer l’amour de Dieu et l’admiration pour l’autre. Ainsi, à travers des images poétiques, ce mystique a exprimé son expérience de «l’envol de l’âme» et de «la religion de l’amour». Toute son œuvre est en effet consacrée à ses visions mystiques et ses expériences spirituelles. Celles-ci se veulent aussi une initiation à une autre dimension de la réalité, à laquelle l’âme ne peut accéder qu’en renonçant à la raison ordinaire et en acceptant d’entrer dans l’amour infini.

Mysticisme et Musique
Pour expliciter cette approche de Jalaleddine Rûmi, la conférence a procédé à la lecture de certains poèmes et présenté quelques moments forts de vie de ce poète mystique musulman sur la scène de la salle d’Ahmed El Wafi, de l’Institut Supérieur de Musique de Tunis. Le décor est conçu, tel dans une veillée persanne. Des bougies étaient plantées tout autour de la scène. Leili Anvar-Chenderoff s’est faite aussi accompagner d’un flûtiste, d’une virtuose du violon et d’un batteur de bendir, lors de la lecture de certains des poèmes de ce mystique musulman. Chacun des poèmes présentés est un témoignage percutant sur une phase de la vie de Rûmi dont la plus remarquable est sa rencontre avec Chems, un autre mystique. Après avoir lié un amour spirituel avec ce soufi, Rûmi devient désespéré, dans sa vie, après la disparition de Chems, en1946 et passe des jours entiers à écouter de la musique du Dhikr. Mais ce qui apparaît surtout percutant dans les enseignements de Rûmi, ce sont les nombreuses leçons que ce savant a véhiculées à travers ses poèmes. L’amour, la patience, l’«extase», l’admiration de l’autre, sont autant de thèmes que Rûmi a mis en exergue de façon lyrique et très expressive. Parmi les illustres enseignements de Rûmi, on trouve la conception selon laquelle l’homme est un miroir à travers lequel, on peut exprimer l’amour de Dieu. Rûmi conçevait aussi la patience comme une échelle qui monte vers le haut. A travers les poèmes présentés, le conférencier a reproduit les meilleurs poèmes de Rûmi, lesquels ont braqué pleins feux sur les concepts et expressions saillants de ce savant mystique.
Cette conférence, rappelons-le, est la première d’une série de manifestations qui entrent dans le cadre de la célébration du 800ème anniversaire de la naissance de Rûmi. Elle est organisée dans le cadre du programme: «Former en créant», initiée par le Théâtre National, l’Institut Supérieur de Musique de Tunis et l’Institut Supérieur d’Art Dramatique de Tunis.

Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com