Emna Haj Kacem : Au gré de la nature





L’auteur de Point de vue a inauguré avant-hier soir son exposition de fleurs séchées avec des mots qui riment avec la vie est belle… Malgré le beau et mauvais temps.

Nafra venu spécialement de Gozo pour rythmer le mois culturel et artistique de Malte en Tunisie (du 11 janvier au 10 février 2007) au club culturel Tahar Haddad, la rencontre avec la romancière Emna Haj Kacem, programmée à la même heure, qui plus est dans un Bir Lahjar, sis à un vol d’oiseau (ou même pas) de l’autre espace de la Médina, n’a pas drainé la grande foule. Et ça s’explique… Dans la grande cour de ce Bir Lahjar, il y a beaucoup de gens qui s’affairent. On se prépare déjà à l’orée du soir pour accueillir une cérémonie de je ne sais quoi. Avec des tables, des chaises et autres couverts. Dans la petite salle Habib Bouaâbana, à notre droite il y a un vernissage. Quelque vingt tableaux sont accrochés et qui nous plongent dans les atmosphères florales de Emna Haj Kacem. Elle a butiné dans toutes les familles et toutes les saisons tout ce qui est agréable à voir et a orchestré des mises en scène. Des feuilles de tout genre et de toutes les dimensions qu’elle a ramassées lors de ses promenades dans la nature. Et elle a pris le temps qu’il faut (des semaines voire des mois) pour les sécher tendrement dans divers lieux et même à l’ombre des plis et replis d’un journal ou d’un bloc-notes personnel.
Puis elle a collé harmonieusement ces pétales, ces tiges, ces écorces sur un fond clair pour nous donner une lecture de poésie de toutes les rimes. Les plus douces à son image. En fait, cette exposition est en train de faire le tour, car on l’a déjà vue, il y a peu de temps au Club Tahar Haddad que les fidèles de ces lieux prestigieux d’art et de culture ont animée et ils ont félicité notre petite dame qui a de la suite dans les idées dans pas mal de domaines. “Mais c’est une grande dame. Il faut voir son parcours et juger. Il faut voir la maman qui a réussi l’éducation de ses enfants, aujourd’hui sur le droit chemin. Il faut aller chez elle et voir la finesse dans le décor. Un décor de rien de tout. Mais personnalisé. Puis, elle est cette dame qui a l’art de cuisiner et de bien servir ses hôtes. Il n’y en a pas deux comme elle”, nous a dit une dame haut placée dans le ministère de la Culture, le temps d’une dégustation de la cuisine maltaise au Club Haddad, une heure à peine après le vernissage qui vient de se dérouler dans le voisinage. Les mêmes propos ont jailli de ce même cercle appuyant ceux de madame. Et c’est tant mieux. Ce vernissage ne s’est pas déroulé en fait d’une façon plate. Car Emna Haj Kacem est une mordue d’écriture romanesque et de poésie et son exposition avait, outre la beauté, une âme. Du verbe. Devant seulement une poignée d’amis (et amies), l’artiste a lu quelques extraits de son Point de vue, avec une rare éloquence et une grande finesse. Les passages choisis ont déferlé avec poésie et valsé sur fond de l’assortiment floral des tableaux. Car son Point de vue est tiré de la nature. Une nature toute vierge. C’est du moins ce que pensent les lecteurs et lectrices de cet ouvrage ou les fidèles de la Médiathèque de l’Avenue de Paris qui connaissent assez ce qu’écrit dans d’autres nouvelles notre dame de Tunis. Y compris Samira El Goulli qui a animé la séance… Un peu, et dommage, bousculée par le concert de Nafra qui crée actuellement l’événement à Tunis, au centre-ville et dans la Médina.

Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com