Enfance délinquante : Le phénomène régresse mais…





Même si les statistiques font défaut ou sont rares, les spécialistes du domaine de la délinquance juvénile, relevant de la Direction Générale des Etablissements pénitentiaires et de la Rééducation des enfants délinquants affirment que le phénomène est en recul mais beaucoup reste
à faire…

Tunis - Le Quotidien
Une journée d’études organisée hier à la Cité des Sciences par le Ministère de Justice et des Droits de l’Homme, a été consacrée au sujet de l’enfance délinquante en Tunisie. Les spécialistes relevant des institutions intervenantes dans la prise en charge des enfants délinquants ont présenté à cette occasion, les principaux mécanismes et outils mis en œuvre au sein des établissements pénitentiaires pour encadrer les enfants délinquants et faciliter leur réintégration sociale.
A propos de l’enfance délinquante, les représentants des institutions de rééducation relevant du système pénitencier pensent qu’il ne s’agit en aucun cas d’un phénomène alarmant. M. Ali Sakli, président du département de rééducation à la Direction Générale des Etablissements pénitentiaires et de la Rééducation affirme à ce propos que les multiples mesures d’encadrement social et législatif mis en place par le gouvernement en faveur de la protection de l’enfance ont permis de réduire substantiellement le nombre d’enfants délinquants pris en charge dans les établissements de rééducation.
En l’absence de chiffres officiels pour ce qui est du nombre exact d’enfants délinquants soumis aux programmes de rééducation au sein des établissements spécialisés du ministère de la Justice et des droits de l’homme, on affirme toutefois que le phénomène est en recul. M. Sami Belghith, directeur de la protection sociale à la Direction Générale des Etablissements pénitentiaires et de la Rééducation assure que «les mécanismes d’encadrement et de rééducation ont permis de réaliser une baisse de 28% de l’effectif d’enfants délinquants retenus dans les centres de rééducation».
Dans les cinq centres spécialisés dans le domaine, les sujets à l’âge de l’enfance tel que définis dans le Code de l’Enfant et de l’enfance, c’est-à-dire entre treize et dix-huit ans, suivent des programmes d’encadrement spécifique pour chaque cas de délinquance. Il s’agit de donner à ces enfants des chances de se racheter. «Les divers dispositifs d’encadrement et de formation mis en place par les institutions de rééducation permettent aux enfants victimes de délinquance de réintégrer la société», précise M. Sakli.
D’après lui, il y a toujours un besoin de renforcer les centres de rééducation des enfants délinquants par d’autres établissements. «Les cinq centres en activité ne peuvent suffire pour tout un pays». Le conférencier souligne cependant qu’il y a un intérêt grandissant d’impliquer d’autres parties qui peuvent aider de prés ou de loin, à la prise en charge de ces jeunes. «Les associations sont capables de mieux faire dans ce domaine d’autant plus qu’actuellement c’est l’Organisation Tunisienne de l’Education et de la Famille (OTEF) qui est en train de prêter main forte aux efforts de réinsertion sociale de ces enfants», fait-t-il remarquer.

H. Ghédiri




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com