En visite à Ryad : Rice obtient un appui prudent au plan Bush en Irak





La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a obtenu hier de l'Arabie saoudite un soutien prudent à la nouvelle stratégie américaine en Irak, au centre de sa tournée au Moyen-Orient qu'elle achève au Koweït par une rencontre avec ses homologues des huit pays arabes.

Le Quotidien-Agences
«Nous sommes d'accord avec les objectifs" du plan pour l'Irak annoncé le 10 janvier par le président George W. Bush, a déclaré le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal, lors d'une conférence de presse conjointe avec Rice à Ryad.
Mais il est resté prudent sur l'application du plan, basé sur l'envoi en Irak de plus de 20.000 soldats supplémentaires, une augmentation de l'aide à la reconstruction et le déploiement de missiles antimissiles Patriot dans la région du Golfe pour protéger les alliés arabes des Etats-Unis.
"Nous ne commentons pas les moyens par lesquels il (ce plan) sera appliqué. Nous espérons que ces objectifs seront réalisés mais les moyens ne sont pas entre nos mains. Ils sont entre les mains des Irakiens", a-t-il dit.
Il a espéré que le plan contribuerait à "l'amendement de la Constitution irakienne pour assurer la participation de toutes les composantes du peuple irakien au processus politique".
Adoptée en octobre 2005, la Constitution a institué le fédéralisme, auquel sont hostiles les Arabes sunnites par crainte de se retrouver isolés dans une région au centre-ouest du pays, dépourvue de toutes ressources naturelles, tandis que chiîtes au sud et Kurdes au nord se partageraient les revenus du pétrole.

Hommage
La secrétaire d'Etat américaine a rendu hommage à l'Arabie saoudite pour son rôle en vue d'une "réconciliation nationale" en Irak et s'est dite favorable à ce que les pays arabes s'engagent davantage à unifier les Irakiens.
"Si la Ligue arabe est prête à aller de l'avant dans la conférence de réconciliation, ce sera très utile pour les Irakiens", a-t-elle dit.
"J'admets que la possibilité de renforcer la place de l'Irak dans le monde arabe par une initiative arabe sera très utile", a ajouté Rice, interrogée sur le rôle des pays voisins de l'Irak.
Son homologue saoudien, dont le pays accueillera les 28 et 29 mars à Ryad le sommet arabe annuel a souhaité "une reprise de la conférence de réconciliation nationale irakienne, à l'inititative de la Ligue arabe".
En décembre dernier au Caire, le ministre irakien des Affaires étrangères Hoshyar Zebari avait demandé la relance de cette initiative arabe.
La secrétaire d'Etat achève au Koweït où elle est arrivée dans l'après-midi, sa tournée au Moyen-Orient qui l'a menée aussi en Israel, en Cisjordanie, en Jordanie et en Egypte.
Au Koweït, elle a rencontré ses homologues du "CCG+2", le groupe informel qui rassemble les six monarchies du Conseil de Coopération du Golfe (CCG - Arabie saoudite, Koweït, Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn et Oman), l'Egypte et la Jordanie.

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Pas de médiation saoudienne entre Téhéran et Washington

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et son homologue saoudien, Saoud Al-Fayçal, ont souligné hier l'absence d'une quelconque médiation saoudienne entre Téhéran et Washington, évoquée par la presse à l'occasion d'une visite à Ryad d'un haut responsable iranien.
"Il n'y a pas de lieu à des médiations", a déclaré le prince Saoud Al-Fayçal lors d'une conférence de presse avec Rice à Ryad.
Le chef du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne, Ali Larijani, également en charge du dossier nucléaire de son pays, a remis hier au roi Abdallah d'Arabie saoudite un message du guide suprême iranien, Ali Khamenei.
Selon des médias, cette démarche était destinée à demander à Ryad de contribuer à réduire les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, portant sur le programme nucléaire controversé de Téhéran et la violence confessionnelle en Irak.
"Ce n'est pas un conflit entre l'Iran et les Etats-Unis concernant son programme nucléaire. Il y a une résolution (de l'ONU) ... qui demande à l'Iran d'arrêter ses activités d'enrichissement pour que des négociations puissent commencer", a expliqué Rice.
"Ce n'est pas la position des Etats-Unis et par conséquent il n'y a pas lieu à des médiations. L'Iran a besoin de répondre aux exigences de la communauté internationale", a-t-elle encore souligné lors de la conférence de presse.
Ali Larijani a affirmé hier s'être entretenu avec les responsables saoudiens pour améliorer les relations entre chiîtes et sunnites et la situation sécuritaire au Proche-Orient, selon la télévision d'Etat.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini, a démenti à Téhéran les informations de presse évoquant une telle médiation.
"Cette information est fausse", a déclaré Hosseini, cité par la presse locale.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com