Après l’attaque sanglante contre une université : Angoisse de représailles à Bagdad





• Deux GI’s tués, combats à Haîfa

La capitale irakienne soignait ses plaies hier dans l'angoisse de possibles représailles, au lendemain de la journée la plus meurtrière depuis le début de l'année, avec plus de 100 personnes tuées dans des attaques à Bagdad.

Le Quotidien-Agences
L'université de Moustansiriyah a été fermée pour trois jours en signe de deuil, après la double attaques qui a tué mardi 70 étudiants, professeurs et employés et fait 169 blessés, au moment où ils quittaient l'établissement pour rentrer chez eux.
Seuls des gardes de sécurité et des agents d'entretien se trouvaient sur place hier matin, pour nettoyer les débris et enlever les carcasses de la dizaine de voitures qui ont brûlé dans l'explosion.
Selon les services de sécurité, un kamikaze s'est fait exploser en fin d'après-midi devant l'entrée secondaire de l'université, à la sortie des étudiants. Quelques instants plus tard, une voiture piégée a explosé devant l'entrée principale, à quelques dizaines de mètres de là.
Bagdad a été touchée mardi par d'autres attaques: 15 personnes sont mortes dans l'explosion de deux bombes artisanales en plein centre-ville, et quatre ont péri dans l'explosion d'une bombe dans un bus dans le quartier populaire chiite de Sadr City (est).
Dix personnes ont aussi été tuées par un groupe d'hommes armés non identifiés dans l'attaque d'un marché situé dans le nord-est de Bagdad.

Craintes
Ces attaques alimentaient hier la crainte de représailles, en particulier de la part des milices chiites, sous la forme d'enlèvements collectifs comme la capitale en connaît régulièrement.
Le quartier de l'université de Moustansiriyah se trouve à proximité de Sadr city, le fief de l'armée du Mahdi, la plus importante milice chiite d'Irak, dirigée par le chef radical Moqtada Sadr.
Les étudiants y sont en majorité chiites, et l'organisation sunnite Ansar al-Sunna avait prévenu les sunnites qu'ils ne devaient plus s'y rendre, selon une source de sécurité occidentale.
Mardi soir, le Premier ministre Nouri Al-Maliki avait dénoncé un "crime horrible contre des innocents étudiants", dont il a rendu responsable "un groupe désespéré de terroristes saddamistes".
"Cette attaque arrive au moment où l'ex-régime vient d'être enterré pour toujours, et alors que l'Irak vient de tourner une page noire de la dictature et de l'oppression", a affirmé le Premier ministre dans un communiqué.

Attaques
Sur le terrain, deux soldats américains ont été tués dans l’ouest de l’Irak, a annoncé hier l’armée américaine dans un communiqué.
«Les deux soldats de la 5e Régiment de combats sont morts lors d’une action ennemie dans la province d’al-Anbar», a ajouté l’armée.
Par ailleurs 15 personnes ont été tuées et 33 blessées hier après-midi dans l’explosion d’une voiture piégée dans le quartier chiite de Sadr city.
Enfin, de nouveaux combats ont éclaté hier dans le quartier de Haïfa, au coeur de Bagdad, où des forces irakienne et américaines mènent depuis une semaine des opérations contre des résistants sunnites.
Cette flambée de violences, après plusieurs semaines sans attaques majeures à Bagdad, sonne comme un défi aux autorités irakiennes et à l'armée américaine, qui s'apprêtent à lancer un nouveau plan de sécurité pour la capitale, déchirée par les violences confessionnelles.
Plus de 17.500 GI's doivent renforcer les troupes présentes à Bagdad, où trois brigades supplémentaires de l'armée irakienne sont également attendues.
Les premiers éléments sont arrivés lundi et les autres sont attendus dans les prochaines semaines.
D'après un rapport publié mardi par les Nations unies, plus de 34.000 civils ont été tués en 2006 en Irak, soit une moyenne de 94 morts par jour.
Pour sa part, l'armée américaine a annoncé que 28 personnes ont été arrêtées hier matin au cours de plusieurs raids à travers le pays, dont un "membre important d'Al-Qaïda spécialisé dans les bombes artisanales", à Mossoul, à 370 km au nord de Bagdad.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com