Négligée depuis le Vietnam : La contre-insurrection fait son retour aux USA





Le Quotidien-Agences
L'armée américaine a négligé pendant longtemps les tactiques de contre-insurrection mais ses déboires en Irak les ont remises à l'ordre du jour malgré les réticences d'une hiérarchie militaire traumatisée par le fiasco du Vietnam.
"Les opérations de contre-insurrection ont de manière générale été négligées dans la politique de sécurité et la doctrine militaire américaines depuis la fin de la guerre du Vietnam, il y a plus de trente ans", écrivent en préambule les auteurs du nouveau manuel de contre-insurrection publié par l'armée de terre et le corps des Marines américains.
L'armée de terre n'avait pas publié depuis 20 ans de manuel consacré exclusivement aux opérations de contre-insurrection. Pour le corps des Marines, cela fait 25 ans. Ce sont les difficultés rencontrées en Irak et en Afghanistan qui ont rendu urgent une telle actualisation.
L'armée américaine "a quitté le Vietnam complètement dégoûtée des opérations de contre-insurrection", rappelait Jeffrey Record, professeur au Air War College, lors d'une conférence à Washington.
Selon Conrad Crane, directeur de l'Institut d'histoire militaire et principal auteur du manuel, la précédente doctrine de contre-insurrection était "basée sur le modèle dit du Salvador, c'est-à-dire, 50 ou 60 conseillers militaires, beaucoup d'argent et un pays d'accueil qui s'occupe de régler ses propres problèmes". Mais elle ne convient "pas à une insurrection à grande échelle", comme celle en Irak.
Même si on ne combat pas "d'anciens partisans de Saddam Hussein et des extrémistes islamiques" de la même manière que des Vietcongs, toutes les insurrections ont des "points communs", écrit dans un avant-propos du document de 282 pages, le général David Petraeus, qui va bientôt prendre la tête du contingent américain en Irak et mettre en pratique la nouvelle doctrine. "Un trait commun est que le gouvernement concerné met généralement du temps à admettre qu'il y a une insurrection. Les insurgés prennent avantage de cette période pour se renforcer et gagner des soutiens", souligne le manuel.
"Un autre trait commun est que les forces menant des opérations de contre-insurrection démarrent généralement mal", ajoute-t-il.
Selon les auteurs de la nouvelle doctrine, "les armées occidentales négligent trop souvent l'étude des insurrections. Elles croient à tort que les armées entraînées à gagner des guerres conventionnelles (contre l'armée d'un pays) sont automatiquement préparées à gagner des petites guerres non-conventionnelles (contre des insurgés)".
C'est d'autant plus le cas pour l'armée américaine qu'elle dispose d'"une supériorité militaire conventionnelle écrasante". Mais "l'Histoire montre que des tactiques qui réussissent contre des ennemis conventionnels peuvent échouer contre des insurgés".




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com