Dans une lettre manuscrite du Président Saddam au peuple américain (1/2) : Voici les vraies raisons de l’invasion de l’Irak…





Lors de son incarcération et quelques jours avant sa pendaison, l’ancien Président irakien, Saddam Hussein, a écrit une lettre au peuple américain dans laquelle il met en exergue les mensonges de leur gouvernement sur les motifs qui ont conduit les Etats-Unis à envahir l’Irak et l’occuper. Voici l’intégralité de cette lettre manuscrite qui a été rendue publique par son avocat américain Ramsy Clark et publiée sur le site «www.albasrah.net».

Au nom de Dieu le Miséricordieux, le Bienfaisant
« Il est, parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. Certains d’entre eux ont atteint leur fin, et d’autres attendent encore ; et ils n’ont varié aucunement (dans leur engagement) ; afin qu’Allah récompense les véridiques pour leur sincérité, et châtie, s’Il veut, les hypocrites, ou accepte leur repentir. Car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. Et Allah a renvoyé, avec leur rage, les infidèles sans qu’ils n’aient obtenu aucun bien, et Allah a épargné aux croyants le combat. Allah est Fort et Puissant. » [Le Coran 33:23-25]

Au peuple des Etats-Unis
La paix, sur ceux qui croient et désirent la paix, et la miséricorde de Dieu et sa bénédiction.
Je vous adresse cette lettre depuis mon lieu d’incarcération, pour tenter, en vertu de ma responsabilité morale, humaine et constitutionnelle, de faire qu’aucun parmi vous ne puisse dire ne pas avoir entendu un message de paix après que la guerre a commencé, pour réfuter ainsi ses prétextes, dans le désir de paix pour vous ainsi que pour notre digne, loyal et héroïque peuple.Alors que je dis cela, je ne sais pas si mes frères et camarades à l’extérieur qui conduisent la Résistance vous ont déjà approché ou pas. Cela est dû à la « démocratie » de vos dirigeants qui depuis mon arrestation à ce jour m’interdit l’accès aux journaux, aux magazines, à la radio et à la télévision. Cela m’a isolé du monde et isole le monde de moi, pour que je ne puisse pas entendre ou voir quoi que ce soit en dehors de mon lieu d’emprisonnement.
Est-ce cela le vrai visage de la démocratie et des droits de l’homme que vos dirigeants préconisent pour l’extérieur des Etats-Unis !? Ou auraient-ils alors menti? Cette « Démocratie » comprendrait-elle, le meurtre de personnes dans les prisons, certaines au moyen de pistolets par des investigateurs étasuniens. Ou alors tout cela, et d’autres détails encore qui donneraient des cheveux blancs à une personne sensible, vous ont été cachés par vos dirigeants pour que vous ne sachiez pas la vérité !?
En tout cas, je vous adresse cette lettre dans l’espoir qu’elle vous arrivera, et que vous en prendrez connaissance. Sur la base de ma responsabilité je porte ces faits devant l’opinion internationale, quelle que soit sa couleur ou sa nationalité, parce que c’est notre devoir envers elle, de même que c’est le sien envers nous de ne pas accepter la malfaisance.
1. Je vous adresse cette lettre aujourd’hui sur le conseil de mon avocat éminent, le professeur Ramsey Clark. Celui-ci ainsi que le professeur Curtis Dobler sont des exemples de conviction humanitaire et m’ont laissé une très bonne impression. En cette occasion je voudrais saluer leur courage pour s’être proposés pour cette tâche, bien qu’ils connaissaient les dangers encourus – quatre parmi les avocats de la défense ont été assassinés.
Peuple des Etats-Unis, il me semble que les officiels de votre gouvernement persistent dans le mensonge et ne vous disent pas les raisons exactes pour lesquelles ils ont engagé cette agression. Ils ont trompé délibérément, dès le départ, pas seulement la communauté internationale, et en particulier l’Union européenne, mais aussi les peuples des États-Unis eux-mêmes. Ils n’est pas non plus vrai quand ils disent, après que leurs mensonges aient été découverts, d’avoir été trompés par leurs agences de renseignement et les pantins amenés dans leur fourgon pour les servir en Irak. Cela rappelle ce qu’avait l’habitude de faire le vieil impérialisme et les vieux empires des 19ème et 20ème siècles. Nos affirmations sont basées sur beaucoup de faits, et voici les principaux d’entre eux :
Les équipes d’inspecteurs – agissant au nom des Nations Unies qui ont fouillé même des maisons privées, des départements gouvernementaux, des palais présidentiels – savaient que l’Irak n’avait pas d’armes de destruction massive. Les dirigeants de ces équipes étaient étasuniens, britanniques et avaient en plus des espions et des volontaires d’autres nationalités. Ces équipes qui ont fouillé l'Irak de fond en comble, d’une extrémité à l’autre n’ont jamais trouvé d’informations contraires à celles communiquées par notre gouvernement. Les inspections ont duré plus de sept ans. En plus des équipes qui voyageaient en voiture et à pied, ils se sont servis d’avions espions, d’hélicoptères et de satellites. Les dirigeants étasuniens et britanniques pensaient que c’était l’opportunité historique pour frapper l'Irak et détruire ses aspirations légitimes, ses éminentes réussites scientifiques et culturelles de ces 35 dernières années. Ils ont fait usage d’informations collectées par leurs espions parmi les équipes d’inspecteurs et ont utilisé - après l’incident du 11 septembre - la soi-disant guerre contre le terrorisme. Ils ont mélangé les cartes pour faire remonter des objectifs décidés d’avance, autres que ceux annoncés publiquement au départ.
Ils ont estimé que l’embargo inique n’avait pas réussi à détruire la volonté de l'Irak, pas plus que ses aspirations légitimes de se développer économiquement, culturellement, scientifiquement et en tant que civilisation. Ils ont cru que l'Irak était sur le point de briser l’embargo économique à l’aide de ceux qui coopéraient avec lui sur la base d’intérêts mutuels et des sentiments nationaux fraternels pour ce qui concernait les Arabes. Les dirigeants de votre pays ont cru que là se trouvait leur chance d’imposer leur volonté au monde, par le contrôle du pétrole du Moyen-Orient, sa production et sa nouvelle mercatique et d’autres objectifs – ceux dont nous avons parlé avant 2003 – en plus d’avoir atteint un de leurs objectifs sionistes et obtenir leur soutien à vos élections. L’Iran et ses laquais de leur côté ont joué un sale rôle en faisant paraître l’agression attractive et en facilitant son implémentation.
2. Malgré la pression de l’évidence les officiels étasuniens ne se sont pas retirés de l'Irak, mais avouèrent que les faits étaient contraires à ce qu’ils avaient affirmé lors de l’invasion de mars-avril 2003. S’ils avaient été honnêtes quand ils ont dit qu’ils avaient été trompés par les informations qu’on leur avait fourni, qui ont servi de justification à l’invasion – comme quoi la sécurité des États-Unis était affectée – ils auraient dû se retirer de l'Irak et faire leurs excuses à l’héroïque peuple irakien, au peuple étasunien et aux peuples du monde pour ce qu’ils avaient commis.
Aucun parmi les [officiels] étasuniens n’a demandé à son gouvernement, avant la guerre, comment l'Irak qui n’était pas encore sorti du sous-développement, pouvait-il menacer la sécurité d’un pays comme les États-Unis, au-delà de l’Atlantique, et la raison pour laquelle l'Irak aurait voulu les menacer, surtout à une époque où ceux-ci n’avaient pas encore violé son territoire. Si les officiels étasuniens voulaient promouvoir l’idée que la menace irakienne provenait de l’opposition entre l’Irak et les Etats-Unis au sujet de l’occupation sioniste de la Palestine et d’autres terres arabes, on peut réponde que l'Irak n’était pas le seul pays dans le monde, arabe ou non, qui soit dans ce cas. De plus, qui a autorisé les États-Unis à commander à leur guise les politiques des autres pays et à leur faire la guerre s’ils ne s’y conforment pas? Comment peut-on comprendre l’appel des États-Unis pour la démocratie, si cela ne permet pas les différences d’opinion même sur des questions de caractère régional, sinon international?
Un autre mensonge était la prétention par les officiels étasuniens que l'Irak avait des liens avec ce qu’ils appelaient le « terrorisme » alors que le Premier ministre britannique allait déclarer le contraire – l'Irak ne possédait pas non plus d’armes interdites par les instances internationales - ce qui a obligé Bush de déclarer la même chose. Malgré cela, aucune parmi les personnalités étasuniennes importantes n’a demandé au président Bush, sur quelle analyse rationnelle ou information réaliste reposait cette affirmation. Savez-vous, mesdames et messieurs, pourquoi ils ne l’ont pas demandé? Parce que certains parmi vos personnalités proéminentes sont manipulés par des puissances occultes qui déforment l’information que vous recevez concernant l'Irak, durant des années ils ont préparé le terrain pour faciliter cette agression. Par conséquent, personne n’a demandé aux officiels étasuniens, par exemple, pourquoi aucun irakien n’avait pris part aux événements du 11 septembre !? Et si la participation d’individus à l’attaque de cibles étasuniennes n’implique pas forcément la participation d’un pays, alors, comment pouvez-vous accuser un Etat comme l'Irak, dont le caractère de son système politique est connu, de soi-disant relations avec la terreur? Comment pouvez vous accepter cette accusation comme l’une des deux à avoir servi de prétexte pour agresser notre peuple, détruisant son patrimoine et ses réalisations, menaçant des vies directement et journellement?
Le savez-vous, mesdames et messieurs, que j’avais demandé à un des officiels étasuniens qui s’est entretenu avec moi pendant deux semaines : « Sur quoi avez vous basé ces fausses accusations? » Il m’a répondu qu’en ce qui concerne les armes de destruction massive, « nous n’avions rien pour confirmer ce que vous disiez », et concernant les liens avec le terrorisme, il a dit : « Parce que vous, Saddam Hussein, n’avez pas envoyé de lettre de condoléances au président Bush après l’incident » [du 11 septembre].
J’ai souri avec amertume et lui ai dit qu’en ce qui concerne la prétendue absence de confirmations à propos de nos déclarations, il semblerait que vos officiels mentent et imaginent que leurs homologues dans les autres pays du monde font de même ou alors que parmi ceux avec qui vous avez des relations il y en a - qu’ils s’opposent ou s’accordent avec vous - qui ne vous disent pas la vérité. C’est une question dangereuse, pas seulement pour les autres pays dans le monde, mais aussi pour les États-Unis, si personne ne dit leur dit « c’est une erreur » et « ce n’est pas acceptable » ! Et à un moment ou les avions étasuniens ciblent l’Irak et détruisent nos biens publics et privés, tuant sans raison des citoyens irakiens, y compris des femmes et des enfants, et imposent à notre pays un embargo injuste lui interdisant l’importation même de crayons pour les enfants de l’école primaire, qu’est ce qui obligerait Saddam Hussein à envoyer un télégramme de condoléances au président d’un Etat, dont les officiels ont commis tous ces crimes, si ce n’était que par hypocrisie et par faiblesse? Je ne suis ni hypocrite ni faible et je n’ai pas envoyé de télégramme de condoléances à Bush. Cependant j’ai été d’accord pour l’envoi d’un tel télégramme au nom du gouvernement par le camarade Tarik Aziz, le Vice-Premier ministre, à notre ami Ramsey Clark et à travers lui aux familles qui ont été frappées.
Les grands Etats vivent-ils tellement en dehors de la réalité pour imaginer que quiconque n’envoie pas de lettre de condoléances mérite qu’on lui déclare la guerre, ainsi qu’à son pays et à son peuple !? Constatez-vous comment les dirigeants de votre pays se sont même servis de votre sang pour promouvoir une politique dangereuse et agressive? Est-ce une telle moralité que devrait avoir un peuple, des hommes, des responsables politiques? Il n’y a rien de plus grave, et qui conduise à des désastres, que les erreurs commises par des gens frappés de délire, méprisant délibérément le rôle des autres. Il s’agit bien là de la pire maladie des dirigeants étasuniens impliqués dans la guère contre l'Irak.
3. Après mon arrestation ils ont vainement tenté de m’intimider. Un des leurs généraux m’a fait une série de menaces et essayé de négocier avec moi, promettant de me laisser la vie si je consentais à lire de ma propre voix et à signer une déclaration, qui appelait le peuple d'Irak et à la Résistance de baisser les armes. Selon mon interlocuteur, si je refusais, mon sort serait celui de Mussolini. Évidemment, j’ai refusé avec dédain ; et n’ai même pas touché ce sale document pour ne pas me souiller. Je lui ai dit que si j’avais la chance de m’adresser à mon peuple, je leur demanderait d’intensifier leur résistance.
Sept jours plus tard, ils ont envoyé en renfort un groupe. Ils m’ont dit qu’ils venaient d’une université aux Etats-Unis et voulaient engager avec moi une large discussion. J’étais d’accord et leur ai confirmé que l’Irak n’avait rien de ce dont les officiels étasuniens l’accusaient et leur ai conseillé que les E-U quittent rapidement l'Irak et s’excusent auprès du peuple irakien. Je les avais alors prévenus de ce à quoi ils sont aujourd’hui confrontés – en fait, avec le temps leur situation empirera et ils n’auront même pas la possibilité de retirer leur armement ni leur équipement quand les deux moitiés de l'Irak les submergeront, si Dieu le veut, parce que notre peuple est profondément enraciné et consciencieux. Notre libération ne peut être nette et complète que dans l’unité et la tolérance parmi les rangs de notre peuple. Les plaies doivent être soignées et non pas envenimées davantage.
Je les avais alors averti, mais ils n’ont pas changé, ils n’ont pas remplacé les clés du mensonge et persistent à frapper à la porte du mal plutôt qu’à celle de la légitimité. A ce propos j’ai attaché à cette lettre quelques versets d’une longue ode de 56 versets. [Ils n’ont pas été traduits]
A suivre




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com