Journées de l’entreprise : Que manque-t-il à l’intégration des économies maghrébines





C’est à la faveur des Journées de l’entreprise de Hammam Sousse (1er et 2 décembre) que M. Mondher Zénaïdi, ministre du Commerce et de l’artisanat, a remué le couteau dans la plaie en apportant les preuves objectives, documentées et chiffrées de ce que tous les facteurs devraient logiquement conduire à une intégration économique intra-maghrébine alors que, dans la réalité actuelle, nous sommes devant un cas d’école en matière de médiocrité économique.

Hammam-Sousse - Le Quotidien
Pour M. Zénaïdi, le Maghreb bat actuellement tous les records d’incohérence en matière d’échanges entre ses cinq pays ... et les chiffres le disent d’une manière tout à fait crue. Car, alors que les échanges intra-européens culminent à 60%, que ceux de l’ALENA se montent à 56% et que même ceux de l’ANASE atteignent les 23%, les échanges intra-maghrébins ne constituent qu’un très maigre 2% à 4% (selon les différentes sources).
Pourtant, de nombreuses études s’accordent sur le fait que le volume de nos échanges peut progresser, voire se situer dans des proportions qui approchent celui d’autres regroupements régionaux dans le monde.
Mais alors, que manque-t-il au Maghreb pour qu’il réussisse de vrais échanges intra-régionaux?
M. Zénaïdi va au fond des choses et remonte jusqu’aux sources des politiques économiques des cinq pays du Maghreb où ressort une radicale diversité dans les approches commerciales, allant du franc libéralisme au protectionnisme avéré. Il souligne également l’absence d’une vision commune sur un quelconque processus d’intégration commerciale et économique. “La mentalité de gagnant-gagnant n’est pas encore très enracinée et l’on continue à penser que l’on peut gagner tout en poursuivant une approche unilatérale”, regrette-t-il.
Le ministre soutient également que la situation demeure intenable dans les conditions de retard enregistré en matière de connexion de l’infrastructure (particulièrement celle des transports) et d’insuffisance de l’offre de production industrielle et agricole dans l’ensemble du Maghreb. “Je pense que toute réflexion sur la dynamisation de l’intégration maghrébine ne peut se limiter à l’analyse des différents mécanismes de facilitation du commerce entre les économies de la région et nécessite, de plus, l’impératif de tenir compte d’autres aspects relevant de leurs sphères productives, de leur complémentarité dynamique et évolutive, de leur compétitivité et de la réactivité de leurs agents économiques, spécialement le secteur privé”, poursuit-il !
Beaucoup a été réalisé, en particulier à l’initiative de la Tunisie pour laminer ces embûches mais celles-ci persistent pour une foule de raisons souvent compliquées. Par ces initiatives qui devraient logiquement avoir des répercussions positives sur le multiplication des échanges intra-maghrébins, émerge celle du rapprochement de plus en plus étroit entre les hommes d’affaires et les structures professionnelles et d’encadrement dans les pays de l’UMA.
M. Zénaïdi a néanmoins tenu à conclure sur une note positive, attestant, en s’inspirant des convictions du Président Ben Ali, qu’il faut quand même retenir que le secteur privé des cinq pays ne cesse de prouver son dynamisme, que la société civile soutient la multiplication des échanges et que les peuples sont plus que jamais attachés à la cristallisation de l’Union du Maghreb Arabe.

Manoubi AKROUT
manoubi.akrout@planet.tn




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com