En panne de mensonges





On se souvient que pendant les premières décennies, Israël jouissait auprès d’une grande partie de l’opinion mondiale, et notamment auprès des Occidentaux, d’un immense crédit. On était bouche bée devant le «miracle» de sa création au milieu d’un prétendu désert de sable et de rocailles. On louait son système «révolutionnaire» des kibboutz. On encensait son régime «démocratique». On exaltait la «vaillance» de ses soldats. Bref c’était l’idylle. Une idylle qui cachait hélas immense injustice. Le gros mensonge historique était si bien vernissé que le monde, conquis, avalait aisément toutes les couleuvres que lui proposait l’Etat hébreu.
C’était, pour ce dernier, la belle époque. La fabrications des mensonges, des contre-vérité, des faux-fuyants constituait un artisanat florissant. Au point que plusieurs pays sollicitaient Tel-Aviv pour les aider à filer des contes à dormir debout.
Aujourd’hui la vérité peu à peu éclate au grand jour. Des historiens de plus en plus nombreux, au sein même du sanctuaire juif, revisitent le cours de l’Histoire. Ils détricotent, quelquefois au péril de leur carrière, le tissu de certitudes que l’Etat hébreu, avec une certaine naïveté, considérait comme une invulnérable cuirasse. Ils admettent volontiers que la terre de Palestine n’était pas la terre vierge dont on parlait. Qu’il s’y trouvait un peuple qui est aujourd’hui dépouillé de sa patrie, privé de sa liberté et livré à la fureur de l’occupant. David n’est plus juif et Goliath n’est plus philistin. Interversion des rôles qui abat le château de cartes érigé par les Israéliens. «L’océan arabe qui menaçait de submerger le petit poucet n’est plus qu’une mare tout juste bonne pour des canards boiteux. Et c’est plutôt lui qui est en danger de mort et non Israël.
Bref, les choses ont tellement évolué au niveau de la conscience mondiale, qu’il devient de plus en plus malaisé aux dirigeants d’Israël de dénicher des arguments plausibles justifiant leurs méfaits et leur forfaits.
Les explications produites font ricaner plus d’un et provoquent des retours de bâton qui mettent à mal la crédibilité de Tel-Aviv... L’arsenal d’«arguments» s’appauvrit de jour en jour. Un exemple qui démontre la difficulté éprouvée par les dirigeants israéliens dans ce domaine ?
On les entend ces temps-ci et de plus en plus reprocher aux arabes leur retard technologique allant jusqu’à affirmer que, sans ce handicap, la Palestine ne serait pas dans l’état où elle se trouve actuellement.
Je me frotte les yeux ! Alors sous prétexte qu’un pays a un déficit scientifique, on est en droit de l’occuper, de le maltraiter, de le dépecer. Cela me rappelle ces conquistadores espagnols qui, prétendant propager les lumières de la foi chrétienne, se sont livrés aux pires exactions. Cela a été aussi l’argumentaire de la colonisation. Israël se prévalant de son avance scientifique, c’est exactement la même démarche, cynique et grotesque à la fois.

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Le naufrage des poissons

Au train où va l’érosion de l’environnement les scientifiques prévoient pour 2048 la disparition de l’espèce des poissons. Triste perspective ! Nous ne verrons en effet plus le ballet de ces beaux poissons rouges dans leur petit aquarium illuminé, sous le regard vivement intéressé du chat de la maison. Les silhouettes des pêcheurs focalisés sur leur canne à pêche aux bords des lacs ou des rivières disparaîtront du paysage rustique. Quant aux poissonniers qui nous proposent à voir sur leurs étals cette gent animalière dans un kaléidoscope à nous faire saliver à plein tube, ils n’auront plus qu’à s’inscrire au registre du chômage. Quant aux randonnées estivales à La Goulette pour déguster les délicieux complets poissons, flanqués d’une exquise testira, il ne faudra plus compter dessus. Comme il ne faut plus s’attendre à ce que nos repas comportent un plantureux couscous au mulet ou au loup de mer, monument de la gastronomie tunisienne que la maîtresse de maison entoure de tous les trésors de son art.
Adieu aussi à la charmoula, qui fait les délices des Sfaxiens, mieux vaut tirer un trait définitif dessus.
Et comme au commencement était le verbe, nous voilà appelés à faire un détour dans le monde des mots et des expressions. On ne pourra plus, par exemple, utiliser l’expression finir en queue de poisson pour parler d’une affaire qui, traînant en longueur, finit par n’avoir plus d’importance. L’aimable tradition du poisson d’avril laissera un vide chez les amateurs de plaisanteries et de canulars. Noyer le poisson ne signifiera plus grand-chose. Bref c’est la poisse pour les poissons.
Par contre, les paléontologues des millénaires futurs auront de quoi s’occuper, à la recherche des restes de cette sympathique espèce animalière. Et de toutes les ressources de leur imagination, ils essaieront de redonner vie aux squelettes glanés ici et là comme ils le font actuellement avec les redoutables dinosaures des ères géologiques révolues.

A.C
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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com