Bibliothèque nationale : Le portail de l’avenir





A l’occasion du premier anniversaire de l’inauguration du nouveau siège de la Bibliothèque nationale, le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine a organisé avant-hier soir à Ennejma Ezzahra une soirée en l’honneur de ses invités. Et c’était à l’image de l’événement.

Et comme on l’a deviné, c’est le patron de la somptueuse maison du Baron de Sidi Bou Saïd, Mourad Sakli qui a offert ses «couleurs tunisiennes», un concert d’une petite heure au plus qui fleure bon le terroir et les temps modernes.
Au menu, le professeur-luthiste et directeur du Centre des musiques arabes et méditerranéennes (CMAM) nous a servi quatre de ses propres compositions.
Avec au violon Lassaâd Zouari, docteur en musique de la Sorbonne et directeur de l’Institut supérieur de musique de Sfax et aux percussions Abdelkader Ben Haj Kacem, enseignant à l’Institut supérieur de musique de Tunis, Mourad Sakli était au summum de son art.
«Printemps d’Al Khadra», était la page musicale d’accueil que le public a aimée et longuement applaudie. Puis les airs nous ont transportés à petits pas jusqu’au pays des oasis. Une caravane de notes festives, bien ciselées avec «Mourour al Hawdej». Fantastique.
«Tounès Al-Ifrikya» a enveloppé richement, généreusement, les atmosphères d'une musique légère, rythmée et qui en dit long sur les divers passages culturels et civilisationnels et surtout sur une époque d’épopée qui a laissé ses estampes un peu partout dans le pays et des échos qui résonnent fortement au-delà des frontières.
«Nafahat soufia» avait autre connotation qui dégage de l’identité et de l’appartenance religieuse. Les notes se sont dispersées heureuses et nous ont parés d’une cape mystique, pudique et sertie de mystères.
Cerise sur le gâteau: l’universitaire qui enseigne les sciences musicales à l’Institut supérieur de musique et de théâtre au Kef s’est à peine détachée du groupe pour nous combler avec du pur son du malouf tunisien. Rym Fehri, la tête bien vissée entre ses épaules a de la voix. Une voix de pépite et de velours. Sur ces magnifiques pétales un brin tirés de l’Andalousie, les présents ont changé de cadre et quitté la salle des concerts.

Le réseau se trame bien
Dans le hall, il y a réception et bien sûr petites causeries pour les ouies les plus fines. C’était tout de grande utilité et «Le Quotidien» a butiné quelques dires de grand intérêt. Les Français étaient bien sûr présents. Déjà une convention a été signée le premier entre la bibliothèque nationale française (BNF) et celle de la Tunisie.
Sur l’apport de la France dans ce projet de préservation de manuscrits anciens, sur l’expérience de l’Hexagone dans ce domaine et sur la formation pour le personnel tunisien, Jacqueline Sanson, directrice générale adjointe de la BNF nous a répondu: «Entre la France et la Tunisie, il y a eu toujours une collaboration et dans divers domaines. Nous allons poursuivre dans le même sillon avec la Bibliothèque nationale de Tunis. Nous avons été impressionnés par ce bâtiment moderne. Ce qui nous intéresse, c’est la conversion des catalogues. Après le transfert de la bibliothèque d’Al Attarine, comment va-t-on modifier, imprimer, informatiser les manuscrits pour qu’on puisse les présenter? C’est en fait le même cas que chez nous quand on a fait le transfert de Richelieu, le cœur historique de de la bibliothèque. Nous allons donc travailler étroitement dans le cadre de la bibliothèque numérique francophone. D’ailleurs, une rencontre dans ce sens sera organisée au cours du premier trimestre à Paris. Les stages pour la préservation, les ateliers, les services publics sont les trois axes de réussite. J’ai appris qu’il n’y a pas d’école de formation de bibliothécaire chez vous. Ce n’est pas grave, on peut remplacer ceci avec la multiplication des stages. Votre bibliothèque m’a agréablement surprise. C’est une avancée et la présentation des collections et du travail est faite dans les règles de l’art. Ensemble, on va réfléchir sur la continuité et la valorisation tout en revisitant l’ancien site. C’est vraiment une révolution pour de vrai. Il y a une facilité dans l’accès et les chercheurs ou lecteurs trouvent librement ce qu’ils cherchent. C’est une bibliothèque grandement intégrée dans la modernité».

Autres conventions
Du côté de la Corée du Sud, la délégation de trois personnes a signé hier 2 décembre à midi une autre convention en présence du nouvel ambassadeur. C’était au ministère de la Culture.
Du côté marocain, Driss Khrouz porte en lui beaucoup d’espoir «C’est un pas symbolique tourné vers la modernité. Nos deux pays ont beaucoup à faire ensemble et étroitement. Ça va être notamment dans les échanges des catalogues, des microfilms pour les manuscrits. L’exposition de Ibn Khaldoun est magnifique. Nous aussi, sur le même savant et d’autres, nous avons un bon fond à communiquer. Nous allons dans le sens de se mettre sérieusement pour créer une bibliothèque numérique maghrébine», nous a notamment dit le directeur de la Bibliothèque nationale du Maroc qui est en cours de construction.
Pour le Mauritanien Mamadou Hadya Kane, le directeur général de la Bibliothèque nationale et des Musées, «le ton est tourné vers l’intensification de la collaboration qui ne date déjà pas d’aujourd’hui. Moi-même, j’ai fait mes études en Tunisie que je considère ma seconde patrie».
Pour l’Algérien Amine Zaoui, la collaboration va continuer «L’ancienne Bibliothèque nationale d’Alger date depuis 1846. La nouvelle existe déjà depuis dix ans et elle est dotée de un million 500 volumes. Lors de la semaine algérienne qui a eu lieu en mai dernier à Tunis, nous avons fait un don de trois mille livres de lettres, ouvrages pour enfants. Du côté tunisien, nous avons alimenté notre bibliothèque pour mille titres. Avec bibliobus, nous avons circulé avec quarante mille titres...», nous a confié le directeur général de la Bibliothèque nationale du pays de l’émir Abdelkader. Quant à notre Samia Kamarti, à qui on a confié le poste de directrice générale de la bibliothèque, elle n’a pas cessé d’afficher sa satisfaction, une année après l’inauguration de cette merveille: «Les services publics, l’accueil, la circulation des documents sont là. Nous avons présenté aujourd’hui le portail documentaire où il y a des services automatisés avec un accès libre aux bases de données et aux fichiers..., et nous ambitionnons la création d’autres réseaux avec notamment les pays du Maghreb». Madame n’exclut surtout pas les manifestations parrainées de part et d’autre au cours de toute l’année pour le service des chercheurs.

Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com