Edition : Les arts tunisiens en état de grâce !





“Les arts tunisiens dans les savoirs universels”, tel est le titre d’un ouvrage que vient de publier une dizaine d’enseignants universitaires, sociologues et musicologues, sous la direction de Mohamed Zinelabidine, directeur de l’Institut Supérieur de Musique de Tunis.

Quelle est la place qu’occupent les arts tunisiens dans les savoirs universels? A cette question, Mohamed Zinelabidine, Mohamed Gouja, Saoula Hfaïedh, Michaela Mami, Bassem Makni ont tenté de répondre à travers cet ouvrage de 151 pages et d’une haute qualité littéraire. Ainsi, à travers une dizaine d’articles, ces chercheurs et enseignants universitaires ont braqué pleins feux sur divers sujets portant aussi bien sur les stratégies culturelles et les chantiers d’avenir pour la Tunisie que sur d’autres thèmes d’une importance capitale. Plusieurs autres sujets portant sur l’homonymie maqamique, l’identité et la pluralité de la musique tunisienne, les manières classiques et langage modal, l’authenticité et l’enracinement de la musique tunisienne ont été traités, dans une approche musicologique. Dans l’introduction de ce précieux ouvrage, Mohamed Zinelabidine précise que “dans ce livre, nous ouvrons le débat sur les enjeux de la musique dans l’acception d’une projection qu’on en fait afin de situer notre conscience d’elle, dans le sillage des arts et des savoirs universels”.
Ainsi, dans cette quête d’une place respectable pour les arts tunisiens, dans les savoirs universels, les enseignants et chercheurs n’ont pas manqué d’imagination traitant de thèmes d’une actualité brûlante, dans le domaine de la culture musicale.
Pour sa part, Mohamed Gouja a accentué son analyse sur les différentes nomenclatures de plusieurs modes musicaux maghrébins “tubû” ou “maqam”. Il note à cet effet que ces modes sont tellement si proches qu’elles se confondent. “Leurs noms diffèrent souvent, mais les descriptions qu’on leur attribue, dans les différents ouvrages, dévoilent des similarités et des analogies graphiques et phoniques si explicites qu’elles omettent de révéler des singularités et des particularités inhérentes à chaque cas. Il s’agit là d’une preuve qui dénote d’une part des sources musicales communes propres aux arts et aux musiques arabes et, d’autre part, de la place qu’occupent les arts tunisiens parmi les arts maghrébins et universels”.

La musique tunisienne d'hier et d’aujourd’hui
Saloua Hfaïedh a consacré dans cet ouvrage des pages précieuses à l’identité et à la pluralité du Malouf tunisien et de son vécu social. Dans son approche, elle est partie du fait que l’identité d’un pays se dessine par rapport à plusieurs paramètres, dont le patrimoine oral dans lequel la musique tunisienne occupe une place notable. A cet effet, Saloua Hfaïedh a noté que la santé de la culture tunisienne se mesurera par rapport à son dynamisme et à son aptitude au changement, tant au niveau macroscopique qu’au niveau microscopique, comme l’a suggéré Roger de Bastide. Et pour ce faire, et selon l’enseignante tunisienne, le malouf classique, en tant qu’élément qui subit le défi de ce changement se développe et tente de s’adapter à ce changement. “Elle s’est développée peu à peu, au cours d’une longue période de tâtonnement et de gestation pour devenir au XIIIème siècle, un art majeur et indépendant par sa forme et son esthétique spéciale”, explique Saloua Hfaïedh.
Mohamed Abid a, de son côté, levé le voile sur l’authenticité à laquelle la musique tunisienne ne cesse de s’attacher, aujourd’hui. “Nos ancêtres nous ont légué un patrimoine cher qui porte les empreintes de chacun d’eux en particulier”, a-t-il constaté avant de recommander de suivre les pas de l’authenticité, en restant ouvert et en poursuivant l’évolution naturelle et bénéfique de notre époque. Telle est aussi l’une des conditions primordiales pour l’intégration des arts tunisiens dans les savoirs universels. Publié avec le concours du ministère de l’Enseignement supérieur et celui de la Recherche Scientifique, de la Technologie et du Développement des compétences, cet ouvrage entre dans le cadre d’une série de publications que la collection: “L'impensé du temps” dirigée par Mohamed Zinelabidine a édité en collaboration avec l’UNESCO.

Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com