Naïm Berrebat (E.S.T.) : «Je n’ai jamais perdu l’espoir de revenir au premier plan»





Après ses pérégrinations à travers pas moins de six clubs à travers la république, Naïm Berrebat est rentré cette saison au bercail pour retrouver le club de ses premières amours, l’Espérance. Forgé et aguerri par des expériences dures mais exaltantes, il est revenu plus fort que jamais.
Aujourd’hui, il est devenu titulaire à part entière au poste de régisseur dans les rangs sang et or grâce à son abattage, sa technique individuelle, son influence sur le jeu et son audace. Notre invité du dimanche nous révèle dans cet entretien certaines confidences et nous livre ses impressions sur l’Espérance, son parcours, les clubs rivaux, la sélection et bien d’autres sujets brûlants.

Vous revoilà au premier plan après plusieurs semaines passées sur le banc des remplaçants. Comment expliquez-vous ce retour en forme?
Je dois bien avouer que j’ai dû patienter longtemps, cravacher dur à l’entraînement et je n’ai jamais perdu espoir d’arracher une place de titulaire au sein de l’équipe-type de l’Espérance où les places sont très chères. Il faut avouer aussi que la période que j’ai passée en équipe nationale m’a beaucoup aidé pour retrouver la confiance nécessaire sans oublier le fait que je n’ai jamais prêté attention aux rumeurs qui ont circulé autour du Parc aux mois de septembre et d’octobre et qui visaient la déstabilisation de l’équipe. Enfin, je reconnais que depuis l’arrivée de Jacky Duguépéroux, je n’ai pas cessé de monter en puissance pour retrouver mes sensations.

Avouez aussi que le nouvel entraîneur a cru en vous?
Il m’a donné ma chance contre l'Etoile et je l’ai saisie au vol. Ce jour-là, j’ai donné le meilleur de moi-même et c’était le nouveau départ pour moi. Contre le ST et l’ASM, j’ai confirmé et je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin.

Quels enseignements avez-vous tirés de vos pérégrinations à travers six clubs tunisiens avant de revenir à vos premières amours?
C’était une période très difficile car j’étais loin du club de mon cœur. Cela dit, j’ai appris à lutter, et les souffrances vécues avec ces clubs de la Ligue 2 m’ont permis de forger une personnalité de battant. Quand on lutte pour le maintien, le stress est très pesant. Autrement dit, je suis sorti de ces expériences bien rodé. Et croyez-moi, il est bien plus difficile de jouer en Ligue 2 qu’en Ligue 1. Sachez enfin qu’en quittant l’Espérance, j’ai joué successivement à l’AS Marsa, l’US Monastir, l’AS Djerba, le CAB, le Stade Gabésien et enfin EGS Gafsa.

L’Espérance compte-t-elle aujourd’hui sur le meilleur Berrebat?
Non. J’estime que je ne suis qu’à 60% de mes moyens réels. Je sais aussi qu’avec la compétition et la succession des matches je ne peux pas progresser et je peux affirmer que le meilleur est à venir.

Quelles sont les ambitions de l’Espérance pour la saison en cours?
Il n’échappe à personne que l’Espérance ne vit que par les titres et pour les titres. Elle ne peut s’accommoder qu’aux places d’honneur. Et en tant que champion en titre, elle ne peut que chercher à succéder à elle-même. C’est même une évidence.

Sur le plan personnel, que visez-vous particulièrement?
Je compte poursuivre sur cette voie grâce au travail sérieux à l’entraînement et à l’application le jour du match. Ces derniers temps j’ai marqué des buts face au ST et à l’ASM et cela ne manque pas de me conférer confiance et sérénité! Et puis, l’Espérance a besoin de l’apport de tous pour récupérer les points perdus lors des premières journées. Je sais que tous les matches sont difficiles et notre équipe est souvent attendue au tournant. La vigilance est donc nécessaire car tout faux pas risque de peser lourd lors du décompte final.

De l’avis de tous les observateurs, la lutte pour le titre cette saison s’annonce rude entre les quatre grands. Comment se présente, selon vous, la suite de la compétition?
D’abord, il ne faut pas se fier aux résultats et au classement de la phase aller. Au retour, la musique changera et les prétendants seront davantage concentrés sur leur sujet. Cela dit, je pense que la lutte sera très serrée entre les quatre grands. Il n’y aura donc pas de cavalier seul ou de lutte à deux. Cette année, le Club Africain, par exemple, semble bien armé pour se mêler à la course, contrairement aux dernières saisons. Et puis, un grand C.A donne beaucoup plus de charme à la compétition et fait du bien à… L’Espérance qui a besoin de ce rival pour se donner à fond.

Le prochain derby de la première journée retour sera-t-il décisif pour les deux clubs de la capitale?
Je ne peux l’affirmer. Ce sera certainement un grand derby car il y aura sur la pelouse deux clubs aguerris et ambitieux et ce, au grand bonheur des amateurs de sensations fortes. Le vainqueur aura certainement accompli un grand pas sur le chemin du titre car un succès dans ce genre de match donne des ailes.

En attendant, l’Espérance effectuera lors de la prochaine journée un déplacement périlleux à Sfax pour rencontrer le CSS, un autre prétendant au titre!
Je suis convaincu qu’il s’agira d’un duel titanesque. Ce sera un grand match, voire capital pour les deux équipes appelées à ne rien lâcher en cette période de la saison. D’ailleurs, la victoire constituera le seul objectif à atteindre.

En cette période faste sur le plan personnel, l’Equipe Nationale fait-elle partie de vos projets?
La sélection est à la portée de tous ceux qui la méritent. Personnellement, je cravache dur et si le sélectionneur le jugera utile, je serai convoqué, convaincu comme je suis que le travail sérieux finit toujours par payer.

Les bons régisseurs se font rares sur nos terrains et, à l’heure actuelle, Sallami et Nafti émergent du lot. Comment jugez-vous leur niveau actuel?
Il faut d’abord signaler que la notion de régisseur a bien changé dans le football moderne. Un milieu offensif est appelé à participer à la récupération et même à défendre. Quant à Sallami et Nafti, ce sont des joueurs doués que je connais bien et qui sont capables d’atteindre un très bon niveau de compétitivité pour peu qu’ils se montrent réguliers dans leur rendement et davantage “batailleurs”.

Ces dernières journées du championnat ont donné à voir aussi deux jeunes joueurs pétris de qualité, à l’instar de Lachkham et Dhaouadi. Ont-ils, selon vous, les moyens d’aller loin dans le monde du football?
Sincèrement, je crois qu’il ne faut pas aller vite en besogne. Ces deux joueurs possèdent des arguments valables mais il faut leur laisser le temps de mûrir. Le chemin de la gloire est long et semé d’embûches. La graine est bonne mais il ne faut point brûler les étapes. Lachkham et Dhaouadi promettent beaucoup et les “chouchouter” actuellement comporte des risques certains.

Que vous inspirent enfin toutes ces scènes de violence, de palabres et de contestation vécues ces derniers temps dans nos stades?
L’environnement de notre football est à assainir. L’arbitre ne peut être la cause de tous les maux. C’est un être humain, il est amateur et a besoin d’être protégé. Toutes les pressions exercées ne peuvent que nuire à tous. Le danger est réel et il faut bien mettre un terme à cette situation car certains dérapages sont incontrôlables.

Propos recueillis par
Jamel BELHASSEN




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com