Coupe CAF : Etincelante Etoile





E.S.S. - F.A.R. (0 - 0) - L’analyse technique du «Quotidien»
A tactique désespérée, réplique étudiée

Il aura fallu attendre la finale retour de la Coupe de la CAF pour voir enfin une équipe tunisienne couronnée. L’Etoile aura ainsi mis fin au signe indien.

Après la mésaventure et la désillusion du CSS face à Al Ahly d’Egypte, tout le monde appréhendait cette finale de la Coupe de la CAF avec beaucoup de méfiance. Méfiance due au précédent de la ligue des champions d’abord puis eu égard à la valeur technique individuelle de l’ensemble marocain très entreprenant et par conséquent digne de tout le respect.
Finalement ce fut le couronnement tant attendu d’une équipe étoilée qui aura dominé cette compétition de la tête et des épaules. Faut-il rappeler à ce propos que l’Etoile n’a concédé que deux nuls tout au long de son fabuleux parcours (les 2 nuls en finale face aux F.A.R).
C’est donc une Etoile sereine et confiante en ses moyens qui a abordé cette finale. Confiante car elle dispose d’un ensemble homogène et enthousiaste capable de relever n’importe quel défi.
Sereine car au fond d’eux-mêmes les joueurs étoilés savaient qu’ils pouvaient compter sur l’apport d'un public en or voire même mystique.

Le coup de pocker de Benzarti
Côté stratégique l’E.S.S a abordé son match avec son schéma habituel c’est-à-dire en 4 - 4 - 2, classique ou Nefkha et Nari assuraient la récupération en plein axe alors que Chikhaoui et Ogounbiyi se chargeaient de couvrir les couloirs pour bloquer le jeu de l’adversaire.Cette option s’est avérée payante surtout que Benzarti a demandé à sa défense conduite par le vaillant capitaine Seif Ghezal de monter d’un cran (au niveau des 35 m), ce qui évitait à l’Etoile de s’exposer au danger surtout que sur le plan mental on ne peut éviter aux joueurs de penser qu’un nul vierge suffisait à leur bonheur et qu’ils couraient ainsi de gros risques, donc le fait de se placer très haut constituait un gage de sécurité, pour toute l’équipe.
Mais le véritable coup de poker de Benzarti se situe au niveau de l’utilisation de Chikhaoui qui a évolué à gauche et avait cherché souvent à monopoliser la balle. Ce choix stratégique a surpris certains mais pour les connaisseurs Benzarti a vu et joué juste puisque sachant que les FAR puisaient leurs forces dans le flanc droit, donc il a cherché à bloquer ce couloir en plaçant un joueur d’abord redouté par les Marocains lesquels savaient que Chikhaoui était capable par ses chevauchés balle au pied de faire la différence à tout moment, résultat, leur latéral droit s’est contenté de défendre et par conséquent la mission de Nefkha (le pivot gauche) devenait plus facile, d’ailleurs même lorsque Chikhaoui changeait de position il était souvent relayé par Gilson qui évolue dans le même registre et non pas par Ogunbiyi qui se caractérise par son jeu plutôt direct. C’est donc un choix qui s’est avéré salutaire de la part d’un entraîneur rusé et qu’on ne présente plus en Tunisie et ailleurs.

Mental d’acier
Autre aspect qui a contribué efficacement dans le sacre de l’Etoile, il s’agit de celui inhérent à l’aspect mental. Là aussi la préparation menée a été presque parfaite car en suivant l’évolution de jeunes joueurs comme Balbouli - Nefkha - Nari - Gilson - Chikhaoui (et qui n’ont point démérité) on se rend compte à quel point cette préparation a été réussie surtout qu’il n’est jamais évident d’aborder une finale continentale dans des conditions mentales pareilles et même le fléchissement constaté au cours des dix dernières minutes ne peut remettre en cause cette préparation étant donné qu’il est dû à un réflexe naturel dans un souci de préserver un acquis et là ce n’est plus la préparation physique ou mentale qui prévaut mais ça devient une question de vigilance et d’état d’ame et d’esprit qui prennent le dessus, car n’oublions pas que l’ensemble marocain ne manquait pas d’arguments et d’individualités et qu’il a été l’auteur d’un sursaut ravageur cherchant à jouer son va-tout, tout comme en témoignent les deux montées de son gardien Jarmouni (auteur lui aussi d’une bonne prestation privant l’Etoile d’un but certain). A ce propos faut-il rappeler que le sacre de l’Etoile a un goût suave étant donné qu’il a été acquis aux dépens d’une vaillante et très bonne équipe marocaine qui a chèrement vendu par son «trophée» puisqu’elle a posé de multiples problèmes aux Etoilés surtout vers la fin lorsque Stambouli a jeté toutes ses armes dans la bataille alignant jusqu’à 4 attaquants en même temps, mais ce fut peine perdue, car en face l’Etoile était plus que décidée à lui ravir cette Coupe de la CAF.

Avenir radieux
On ne peut clore sans évoquer l’avenir de l’équipe étoilée - un avenir qui s’annonce radieux eu égard à la jeunesse de l’effectif seniors où le capitaine Seïf Ghezal n’a que 25 ans et où des néophytes aux grandes ambitions comme Nefkha - Melliti -Balbouli - Gilson - Chikhaoui - Nari n’ont que 20 ans alors que d’autres jeunes commencent à frapper à la porte de l’équipe première et là on cite l’international juniors Ammar Jemel et Maher Gamoudi.
D’autre part, faut-il rappeler que l’Etoile dispose d’un centre de formation très performant et aussi d’un encadrement médical et administratif infaillibles.
Tout cela est de nature à permettre au club-phare de toute la région du Sahel d’espérer à des lendemains nettement meilleurs.

Mohamed Ali FERCHICHI

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Leurs impressions

Moëz Driss
«Je tiens à remercier Monsieur le Président de la République Zine El Abidine Ben Ali qui ne cesse d’encourager le sport et les sportifs. D’ailleurs, le sacre de l’Etoile n’est autre qu’un aboutissement de la politique de l’Etat qui ne lésine pas sur les moyens pour promouvoir le sport, c’est pourquoi le sacre est venu au bon moment pour le football tunisien, il a été acquis grâce au dévouement de toutes les parties prenantes c’est-à-dire dirigeants: staffs technique et médical ce qui nous a permis de brandir cette Coupe et ne pas décevoir ce fabuleux public que je tiens à saluer du fond du cœur. Car malgré toutes les manœuvres il a répondu présent pour soutenir l’Etoile du début jusqu’à la fin».

Faouzi Benzarti
«Je savais que le match serait très disputé et par conséquent difficile face à un ensemble marocain qui a su tirer tous les enseignements utiles de la confrontation de l’aller et a donc su contrer le jeu de l’Etoile. A signaler aussi que nos joueurs ont été soumis à une très forte pression due à l’enjeu, mais aussi au public sans oublier la fatigue qui a fait son effet et puis il ne faut pas oublier que la grande majorité des joueurs manquaient d’expérience. L’essentiel c’est que nous avons réussi à brandir le trophée que je dédie à tous nos supporters».

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L’union sacrée à l’honneur
Jenayeh, Driss, Douik et… les autres

Le sacre de l’Etoile a mis du baume au cœur de tous les Tunisiens, mais il fut fêté particulièrement par la grande et large famille étoiliste.

La veille du match, le ton était déjà donné pour rassembler tous ceux qui ont contribué, de loin ou de près, à la bonne marche de l’équipe durant de longues décennies.
Ce fut une première et une initiative louable à mettre au crédit de M. Moëz Driss, le nouveau président étoilé.
Le jour du match, une banderole portant l’expression “Merci M. Jenayeh” a retenu l’attention de tous les présents au stade. Ce fut une belle reconnaissance de la part du public étoilé pour un dirigeant qui a sacrifié une bonne période de sa vie afin de servir le club de son cœur. Et puis, pour rendre à César ce qui appartient à César, l’équipe qui a remporté ce nouveau titre africain a été celle que M. Jenayeh a mis su pied il y a quelques mois avec d’anciens éléments (Ghezal, Frej, Sellami, Ben Mohamed, Nasri, Opara, Gelson), de nouveaux talents (Chikhaoui, Nafkha, Melliti, Meriah, Balbouli) et un renfort considérable (Nari, Ogunbiyi, Selliti, Khalloufi) et surtout un certain Faouzi Benzarti dont le métier et l’expérience ont pu mener l’équipe vers le sacre. Toute cette bonne graine a constitué la force d’un ensemble qui avait hâte de renouer avec les sacres, et c’est M. Moëz Driss, l’actuel président, qui a achevé la belle symphonie. C’est dire que l’Etoile a su profiter de la contribution de tous ses enfants pour relever la tête et réaliser une belle performance venue au bon moment pour nous faire oublier l’échec du CSS et du CA quelques jours avant. La joie des Sahéliens ne peut pas leur faire oublier, également, un homme qui a tant donné à l’Etoile et qui n’arrête pas de la soutenir. Il s’agit de M. Ezzeddine Douik à qui nous souhaitons un rapide retour en forme et auquel les Etoilés doivent beaucoup.
Dans ces moments de joie, cette union sacrée a été très appréciée, mais elle doit être préservée et présente dans les esprits, surtout lorsque le club en a grandement besoin, que ce soit dans les moments de liesse, ou ceux parfois moins heureux après les déceptions.

Kamel ZAÏEM

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Un homme dans le match
Un Nafkha aux poumons d’acier

Mohamed Ali Nafkha a soufflé sur le match tel un bon vent qui donnait des ailes à tous les Etoilés. Ce jeune milieu de terrain, à peine lancé dans le bain il y a quelques mois, n’a pas mis beaucoup de temps pour répondre à l’appel, et de belle manière. Face aux FAR, dans un match où la tension et l’enjeu peuvent bloquer les plus aguerris, ce fut Nafkha qui a été le plus décontracté et le plus lucide sur le terrain. Aussi bien en couverture qu’en relance, on l’a retrouvé partout sur la pelouse et il fut le joker dont Faouzi Benzarti avait besoin pour faire le plus. Auteur d’une sortie époustouflante, le jeune Olympique étoilé a dominé partenaires et adversaires samedi dernier grâce à sa vivacité, son sens de l’anticipation, sa générosité et sa technique. Pour ce joueur, les portes d’une grande carrière commencent à s’ouvrir. A lui d’en profiter en faisant preuve du même sérieux et du même cran.

K.Z.

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Le fait du match
Un public monstrueusement fan

Saber Ben Frej s’est empressé au coup de sifflet final, avant même d’effectuer le tour d’honneur en compagnie de ses partenaires, d’aller saluer le public en guise de reconnaissance envers les fans étoilés pour leur apport inestimable, contribuant ainsi largement au sacre de Seïf Ghezal et consorts.
Rencontré un peu plus tard, l’excentré droit de l’ESS n’a fait que persister pour leur apport inestimable, contribuant ainsi largement au sacre de Seïf Ghezal et consorts.
Rencontré un peu plus tard, l’excentré droit de l’ESS n’a fait que persister pour louer encore une fois le soutien inconditionnel du public.
Il faut dire que les supporters étoilés, soutenus et encadrés par un comité à l’activité débordante aura fait les choses en grand en mettant en scène une entrée (Dakhla) fracassante, digne de l’événement historique que la perle du Sahel a vécu en cette belle soirée du 2 décembre 2006. Une date d’ailleurs inoubliable pour la simple raison que le premier trophée continental glané par l’ESS est venu inaugurer le palmarès du club phare du Sahel le 2 décembre 1995.
Samedi dernier donc l’ambiance qui régnait dans les gradins était monstrueusement chaleureuse, qu’on en voit rarement en tout cas dans nos stades. Ne parlons pas des immenses banderoles, ni les milliers de fanions exhibés, ni encore des petits ballons aux couleurs du club lancés dans le ciel pour survoler un stade survolté (dans le bon sens), mais il fallait voir également ces milliers de jeunes, et moins jeunes aussi, qui n’ont point lésiné sur les moyens afin de porter tee-shirts, casquettes et autres gadgets rouge et blanc portant la scintillante étoile de leur chère association.
Mais un stade qui s’est avéré encore trop exigu pour contenir la masse humaine qui a pris le chemin du complexe sportif de l’ESS plusieurs heures avant le coup d’envoi de la rencontre. Une masse humaine qui a tout sacrifié afin de donner ce coup de pouce nécessaire à ses favoris partis à la conquête de cette petite princesse africaine. Une masse humaine, enfin, dont une bonne partie aura été refoulée pour aller garnir les cafés.
Une question s’impose dès lors, à quand une arène digne de la renommée et de la réputation de l’ESS…

Mansour AMARA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com