Pour sa première sortie depuis 10 ans : L’armée cubaine étonne les experts





Après une décennie sans montrer leur matériel de guerre, les forces armées cubaines, pilier du régime castriste, ont fait défiler à La Havane une panoplie "cubanisée" et modernisée de son héritage soviétique, qui a impressioné les experts étrangers.

Le Quotidien-Agences
Passé le choc de l'absence à la tribune de Fidel Castro, très attendu pour cette parade en l'honneur de ses 80 ans, et le discours de son frère Raul, ministre de la Défense chargé de l'interim, les militaires des trois armes ont entamé un défilé de 45 minutes, jugé "impeccable" par un diplomate occidental.
Sous le rugissement des moteurs des chars, camions tractant l'artillerie blindés légers ou transporteurs de troupes, et des lance-missiles anti-aériens auto-tractés, les experts étrangers invités par les autorités ont découvert des "trouvailles" qu'ils n'avaient vu nulle part ailleurs.
"C'est incroyable, très intéressant. Je croyais assister à une revue des matériels soviétiques des années 1980, et je m'aperçois que Cuba a une véritable industrie militaire", a déclaré l'un d'eux sous couvert de l'anonymat.
"Cela dépoussière l'image qu'on avait de l'armée cubaine", a-t-il ajouté.
Et de pointer des chassis de blindés soviétiques entièrement reconvertis pour servir de canons lourds autotractés, des transporteurs de troupes à huit roues équipés désormais d'un tourelle de canon de 100, ou une grosse jeep à quatre roues motrices reprofilée pour servir de blindé léger avec tourelle de mitrailleuse sur le toît.
En vedette, un ensemble canon lourd de 152 mm avec son camion et sa cabine de tir "d'un niveau tout à fait comparable à ce qui se fait aujourd'hui" dans les armées modernes, selon cet expert qui juge les "inventions" cubaines "très astucieuses".
"On n'avait jamais vu ces matériels avant", a-t-il souligné.
"Oui, je crois que nous avons +cubanisé+ l'armement soviétique, il est d'inspiration locale, mais efficace", a déclaré le général de brigade William Galvez qui participait à la parade.
Cuba a reçu pour 30 milliards de dollars d'équipements militaires soviétiques entre 1961 et 1989, offerts gratuitement par le "régime frère" d'alors.
Après l'effondrement de l'URSS et celui de l'économie cubaine qui s'en est suivi dans les années 1990, Cuba s'est abstenu d'acheter de nouveaux matériels, ont assuré à plusieurs reprises Fidel Castro et son frère Raul.
Depuis 2003, avec l'amélioration de la situation économique à Cuba, grâce notamment à l'aide du Venezuela d'Hugo Chavez, et devant "l'agressivité croissante" de l'administration américaine, La Havane a décidé d'allouer "les quantités nécessaires" à son armement, selon les rares déclarations officielles en la matière.
Autre découverte offerte à la vue des étrangers, le nouveau viseur qui équipe maintenant l'inévitable Kalachnikov. Il a été baptisé "Vilma", du prénom de l'épouse de Raul Castro, Vilma Espin, ancienne de la guérilla de la Sierra Maestra et présidente de la Fédération des femmes cubaines.
La même Kalachnikov a été montrée équipée d'un silencieux, dont l'origine n'a pas été précisée.
L'armement léger est produit pour l'essentiel à Cuba qui a adapté à ses conditions depuis 1986 la fameuse doctrine de "la guerre du peuple tout entier", d'origine chinoise et vietnamienne.
Celle-ci préconise le recours à de petites unités mobiles de guérilla, qui rendent inaptes les lourds moyens d'un envahisseur puissant tels les Etats-Unis.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com