Les jeunes et la culture de l’excellence : Plus que parfait… à l’unanimité





Certains élèves ne se contentent pas seulement de réussir, puisqu’ils aspirent à l’excellence.
Ces élèves déploient de très grands efforts afin de se distinguer hautement par leur travail et leurs résultats. D’autres, en revanche, ne visent pas haut. Ce qui compte le plus pour eux, c’est de pouvoir réussir, et peu importe le degré d’appréciation. La perfection est-elle justement l’objectif des élèves ? Pourquoi ? Et comment comptent-ils y parvenir ?

Tunis — Le Quotidien
Lorsqu’on naît dans une famille où les études sont considérées comme le bien le plus précieux, on est enclin a priori à accorder aux études tout l’intérêt qu’il faut.
Par ailleurs, tout parent rêve de voir son enfant réussir brillamment ses études. Les parents qui ont généralement un niveau d’études plutôt modeste ne sont pas aussi fermes quant à la perfection des résultats de leurs enfants, semble-t-il. Ils ne se montrent pas aussi exigeants envers eux et ils peuvent se contenter juste de leur réussite.
En revanche, les parents qui ont un haut niveau d’études, sont plus sensibles à la qualité des résultats de leurs enfants. Ils ne peuvent pas admettre des résultats modestes de la part de leurs progénitures. Ils tablent sur l’excellence et rien que l’excellence. Pour satisfaire ses parents, un élève fera en sorte de maintenir le cap de l’excellence depuis la première année primaire. Ces parents éclairés et instruits s’investissent à fond pour encadrer leurs enfants et les suivre pas à pas dans leur évolution. Cela dit, le premier trimestre s’apprête à prendre fin. Cette semaine, tous les élèves ont dû donner le meilleur d’eux-mêmes pour réussir les devoirs de synthèse. Ceux qui veulent l’excellence doivent être sur des charbons ardents en attendant le verdict. Les autres, ceux qui ne cherchent pas spécialement la distinction, aspirent à atteindre le « SMIG » pour garantir le passage à l’année d’après.
Même si les élèves espèrent tous au fond d’eux appartenir au rang des meilleurs éléments, certains ne misent pas sur la perfection. Partisans du moindre effort, ils trouvent inutile de se donner une grande peine. D’autres, ayant une nature perfectionniste, visent haut et ne souhaitent que réussir brillamment.
Hend, 17 ans élève au lycée pilote, appartient à ceux qui accordent une priorité absolue à leurs études. Depuis sa tendre enfance, la jeune fille rêvait d’intégrer le lycée pilote et de réussir ses études universitaires avec excellence. «Je tablerai toujours sur l’excellence. Mes études sont ma principale priorité. Le savoir est offert à tous. Ceux qui veulent se distinguer et rêver des plus hauts niveaux de vie ne doivent pas se contenter de réussir, mais d’atteindre le sommet de la réussite. Nous évoluons dans un contexte où la réussite moyenne ne garantit aucun plus. La réussite est à la portée de tous, il suffit de faire quelques efforts. En revanche, celui qui aspire à se faire une place dans la société et à se garantir un avenir serein, est redevable de miser sur l’excellence des résultats. Mes parents ont un niveau universitaire et ils m’ont toujours dit que mes études seront ma seule arme pour parvenir à réaliser mes rêves et pour que je sois dans la certitude d’atteindre un assez haut niveau de vie. Depuis mon enfance, ma mère me supervisait. Bien qu’elle travaille, elle a toujours su trouver du temps pour m’encadrer. Mes deux parents insistent pour que j’aie de très bons résultats. Cela m’a poussé à viser haut et à dépenser le maximum d’énergie parce que je suis convaincue que c’est l’unique moyen pour moi de garantir mon avenir», dit-elle.
Alia, 17 ans, également élève au lycée pilote, pense qu’il est tout à fait normal de viser l’excellence. La jeune fille pense que tout être normalement conçu est redevable de tabler sur le summum. «Nous étudions dans tous les cas, nous faisons tous des efforts pour réussir, pourquoi ne pas aspirer à la plus brillante des réussites ? A mon avis, il ne suffit plus de réussir aujourd’hui. Parce que même les élèves médiocres peuvent réussir s’ils redoublent d’efforts la veille des examens. Ce qui fait la différence entre les uns et les autres, c’est justement la qualité. L’être humain doit avoir des objectifs dans la vie. Celui qui procède arbitrairement sera perdu d’une manière ou d’une autre parce qu’il ne sait pas où il veut aller exactement. Moi, je me suis fixé des objectifs et je sais quel genre d’avenir je veux et pour y parvenir, je n’ai pas plusieurs alternatives : je dois bosser et avoir des résultats gratifiants. Il faut viser haut pour que je puisse concrétiser mes rêves. Je voudrais atteindre un haut niveau de vie pouvoir vivre aisément et cela ne peut se garantir qu’à travers mes études», dit-elle.
Salma, 17 ans, élève, vise également l’excellence. Elève dans un lycée pilote, Salma pense avoir mérité d’intégrer cette école d’élites parce qu’elle a justement tablé haut. «Je ne pense pas que le fait de faire partie des élites s’offre. Je sais que certaines personnes sont surdouées et la tâche leur est plus facile, mais chaque personne a la faculté de parvenir à l’excellence si elle se donne corps et âme pour ce faire. Mon objectif dans la vie est de devenir médecin comme mon père. La médecine est le plus noble des métiers à mon sens puisque cela a une vocation humaine. J’aimerais tant pouvoir devenir un médecin très compétent et pouvoir servir l’humanité. Il se peut que je parvienne à trouver des remèdes à des maladies jusqu’ici incurables et mes parents qui exercent tous les deux dans le domaine de la médecine seront fiers de moi. Je voudrais être célèbre dans ce domaine là et depuis ma tendre enfance je rêvais d’atteindre un haut niveau de vie, d’acquérir une bonne culture générale et d’avoir une place remarquable au sein de la société. Pour réaliser ce rêve, il faut que je vise l’excellence et je serai toujours redevable envers mes parents qui m’ont donné toute l’attention et tout l’encadrement qu’il faut», dit-elle.
Mehdi, 17 ans, dit qu’il rêve aussi de faire partie des élites. Selon le jeune homme, tout élève rêve d’atteindre l’excellence sauf que certains n’y parviennent pas. «Entre ce que je veux faire et ce que je fais réellement, il y a une différence. Je fais partie d’un lycée privé parce que je n’ai jamais pris au sérieux mes études. Je sais que la responsabilité ne revient qu’à moi seul. Mais certains ont la chance de faire partie d’une famille bien éclairée et instruite et ils ont donc la chance d’être mieux encadrés. Ils sont dès le départ mis sur le droit chemin et leur réussite est presque évidente, il est donc tout à fait normal qu’ils se permettent de tabler sur l’excellence. Je suis persuadé que si je veux mener une vie digne, je dois mettre le paquet et même si j’ai commis des erreurs, je suis en train d’essayer de récupérer le terrain perdu. Cela dit, même si je fais des efforts incroyables, je ne parviendrai pas à résorber toutes les lacunes que j’ai puisque j’ai perdu plusieurs éléments de la chaîne», dit-il.
Hamid, 18 ans, dit qu’il est très raisonnable et qu’il ne peut plus aspirer à l’excellence puisqu’il a enregistré un retard au niveau des études. «Je ne peux pas dire que je ne rêve pas d’atteindre le sommet de la réussite, mais je dois être logique : avec les multiples lacunes que j’ai, je ne peux plus me permettre d’en rêver d’autant plus que je poursuis mes études dans un lycée privé. Je n’ai pas reçu l’encadrement adéquat et lorsque je vais à l’école, je ne suis pas tout le temps concentré sur mes études. Les filles sont généralement plus enclines à atteindre l’excellence dans la mesure où elles ne sont pas soumises aux mêmes tentations que les garçons. J’ai négligé mes études et actuellement, je suis en train de payer les pots cassés. Je n’en veux qu’à moi-même et je finis par espérer de pouvoir réussir. L’excellence ne fait plus partie de mes projets», dit-il.

Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com