Chaire Ben Ali pour le Dialogue des Civilisations et des Religions : Paix, mode d’emploi!





Dans un monde en ébullition miné par la guerre, la paix devient une nécessité. Comment, en effet, vulgariser ce principe auprès des citoyens du monde? Alfredo Breccia, professeur titulaire d’histoire des relations internationales de l’Università degli Studi Roma, a tenté de répondre à cette question lors d’une conférence donnée mercredi à la Cité des Sciences.

“La construction des voies de la paix” tel était le thème de cette conférence organisée dans le cadre des activités scientifiques de la Chaire Ben Ali pour le Dialogue des Civilisations et des Religions. Dans cette intervention, le conférencier italien a souligné d’emblée que le nouveau siècle dont nous vivons les débuts a reproposé de façon dramatique la profonde contradiction qui secoue l’humanité toute entière. Si la décennie 1995-2005 a été consacrée à l’éducation et aux droits de l’homme, la décennie 2001-2010, elle, est dédiée “à la culture de la paix”, mais le monde lui, n’a pas fini d’enregistrer des conflits.
Selon Alfredo Breccia, nous traversons actuellement une période de profonds changements et d’attentes historiques qui ont fait ainsi naître l’exigence de donner une impulsion nouvelle et effective à un développement équilibré et global des relations humaines. Selon le conférencier à partir des problèmes liés au sous-développement, à la famine, aux conflits de matrice nationaliste, ethnique et religieuse, les contrastes économiques et sociaux exaspérés, aggravés par un processus de mondialisation, les flux migratoires, les tensions suscitées par l’intégration socio-culturelle, des nouveaux défis se dressent sur le chemin de la paix. “Face donc à l’ampleur et la complexité de ces problèmes, chacun de nous ressent sa propre impuissance mais réclame avec force un engagement conjoint et solidaire des institutions autant publiques que privées”, regrette le conférencier italien. Pour Alfredo Breccia, la paix ne peut donc être conçue comme “paix armée” qui suppose l’assainissement physique ou moral de l’ennemi risquant ainsi d’anéantir réellement la vie dans le monde à cause de la puissance destructrice atteinte par les armements.

Les vraies voies de la paix
Pour le conférencier, la vulgarisation de la paix passe inéluctablement par la construction d’une culture de la paix. Celle-ci doit avoir comme voies une éducation à la paix, à la démocratie, à la tolérance, au respect mutuel, la tutelle des droits, de la liberté et surtout l’amélioration de la qualité de la vie, le développement, entre autres. “Ces objectifs sont là pour indiquer que la paix ne peut être de façon simpliste identifiée et définie comme une pure absence de conflits armés, car c’est à elle qu’appartiennent toutes les dimensions de la vie de l’homme. La paix est une valeur “pluridimensionnelle”, a fait constater Alfredo Breccia. Mais une question, demeure centrale de nos jours. Comment en effet traduire toutes ces bonnes idées en pratique ou en “concepts opérationnels”, au sens sociologique de l’expression? Pour répondre à cette question, le conférencier révèle que “L’Università degli studi Roma Tre” tente actuellement de mettre en place, suivant les nouvelles organisations didactiques, un parcours de formation qui, partant de la création du cours de Licence triennal en Sciences politiques, conduit à un Master de deux ans. Ce Master sera une spécialisation sur “l’Education à la paix: Coopération internationale, droits de l’homme et politiques de l’Union européenne”. Cette formation aura pour modules de base, la culture de paix et éducation interculturelle, histoire des politiques et des relations internationales.
A la fin de la conférence, Alfredo Breccia a déclaré qu’il souhaite voir cette première expérience de formation à la paix se généraliser à tous les pays.

Ousmane WAGUE

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Qui est Alfredo Breccia?

Professeur titulaire d’histoire des relations internationales, cours de licence/maîtrise en sciences historiques, du territoire et pour la coopération internationale de la Faculté de lettres et philosophie de L’Università degli studi Roma Tre et professeur suppléant pour la licence/maîtrise en sciences diplomatiques et relations internationales de la Faculté de sciences politiques de l’Istituto Universitario Orientale de Naples. Son enseignement universitaire concerne également d’autres secteurs: histoire de l’Europe orientale, histoire de l’intégration européenne et histoire des rapports entre l’Etat et l’Eglise, et ce en plus de ses cours de spécialisation en études européennes et de préparation au concours pour la carrière diplomatique promue par le ministère des Affaires étrangères. Son enseignement s’appuie sur des travaux présentés dans des congrès et séminaires en Italie et à l’étranger et oubliés dans des revues italiennes et étrangères. Ils servent également à enrichir des programmes radiophoniques et à la mise à jour du IVème appendice della Enciclopedia Italiana.
De 1998 à 2004, il a assumé la charge de directeur du département d’études historiques, géographiques, anthropologiques de L’Università degli studi Roma Tre; Il est depuis 2002 directeur du master en “Education à la paix: coopération internationale, droits de l’homme et politiques de l’Union européenne”. Depuis 2004, il occupe le poste de directeur du “Centre de coopération pour la paix” institué par la Provincia de Rome en convention avec L’Università degli studi Roma Tre; il a été directeur scientifique de la revue bilingue “Storia, Politica e Cooperazione internazionale-International History, Politics and cooperation” et il est actuellement le directeur scientifique de la revue “Processi storici e politiche di pace”. (Processus historique et politiques de paix).




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com