Eventuel retrait US d’Irak : L’Iran se dit prêt à “aider” les Etats-Unis





L'Iran est prêt, dans certaines circonstances, à "aider" les Etats-Unis à retirer leurs troupes d'Irak, a affirmé hier à Manama le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, tout en se refusant à préciser quelle forme pourrait prendre cette aide.

Le Quotidien-Agences
"La clé pour résoudre les problèmes de l'Irak est le retrait des troupes étrangères", a affirmé Mottaki dans un discours devant les participants au "Dialogue de Manama", une conférence sur la sécurité dans le Golfe organisée à Bahreïn par l'Institut international des Etudes stratégiques (IISS) de Londres.
"Si les Etats-Unis changent d'attitude, la république islamique d'Iran est prête à aider cette administration à retirer ses troupes d'Irak", a-t-il
déclaré, selon la traduction officielle en anglais de son discours en farsi.
Lors d'une conférence de presse qui a suivi son allocution, Mottaki a été longuement interrogé sur ses propos, mais a refusé de fournir la moindre précision.
Il a également refusé de se laisser entraîner sur le terrain des contreparties que Téhéran pourrait exiger des Etats-Unis en échange d'une aide iranienne en Irak.
"Les Etats-Unis doivent s'aider avant que quelqu'un les aide", a-t-il déclaré.
"Quand ils auront dit qu'ils ont décidé de se retirer d'Irak, alors nous expliquerons comment la région peut aider", s'est-il borné à dire.
"L'essentiel" pour Washington, a-t-il dit, "est d'avoir une image réaliste de la situation actuelle en Irak.
Commentant le rapport du Groupe d'études sur l'Irak remis mercredi au président George W. Bush, il a affirmé que c'était seulement "la moitié de la vérité, pas toute la vérité".
Dirigée par l'ancien secrétaire d'Etat James Baker, cette commission a dressé dans son rapport une liste de 79 recommandations pour améliorer la politique des Etats-Unis en Irak, prônant notamment des discussions directes avec l'Iran et la Syrie.
Un changement de politique de la part des Etats-Unis "n'est pas suffisant" et doit s'accompagner d'un "changement de comportement", a souligné Mottaki.
Interrogé sur le fait de savoir si Téhéran était prêt à des discussions directes avec Washington sur l'Irak, le chef de la diplomatie iranienne a répondu qu'il y avait "tant d'autres étapes qui devraient être franchies par les Etats-Unis" avant d'en arriver là.
«La première, et la plus importante, c'est l'annonce qu'ils (les Etats-Unis) ont décidé de se retirer d'Irak", a-t-il dit, avant d'ajouter: "nous ne voyons pas encore aux Etats-Unis la volonté politique" pour cela.
Interrogé par l'AFP sur les propos de Mottaki, Sadoun Al-Doulaimi, conseiller au Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki, a répondu qu'il ne savait pas "comment l'Iran (pouvait) aider les Etats-Unis à se retirer pacifiquement d'Irak".

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Ryad
Le maintien de troupes US contribue à "créer des terroristes"

Le chef des services saoudiens de renseignement, le prince Muqrin ben Abdelaziz Al Saoud, a affirmé hier à Manama que le maintien de la présence des troupes américaines en Irak aboutissait à "créer plus de terroristes".
Il a toutefois estimé que le moment n'était pas venu pour ces troupes de quitter l'Irak, mais a souhaité l'établissement d'un calendrier pour leur retrait.
Le prince, dont les apparitions en public sont très rares, a aussi confirmé que Ryad prenait "très au sérieux" le risque de voir la violence qui ravage l'Irak, voisin de l'Arabie, s'étendre aux autres pays de la région.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com