Rice : «Non au dialogue avec la Syrie et l’Iran»





Le Quotidien-Agences
La secrétaire d'État américaine a défendu avec passion sa politique en Irak et au Proche-Orient, refusant d'ouvrir un dialogue inconditionnel avec la Syrie et l'Iran et réaffirmant le caractère «central» de la promotion de la démocratie dans sa stratégie.Dans sa première réaction publique au rapport Baker, qui critique implicitement la politique qu'elle mène depuis deux ans, la chef de la diplomatie américaine s'est néanmoins montrée prête à lancer de nouveaux efforts pour débloquer le processus de paix au Proche-Orient, une des recommandations du rapport publié mercredi.
«Aucun d'entre nous ne considère la situation en Irak comme favorable, nous la voyons tous comme très difficile», a-t-elle déclaré au cours d'une conférence de presse commune avec son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier.
Rice, qui dirige la diplomatie américaine depuis deux ans, a imputé ces difficultés non à la politique de l'administration américaine mais à al-Qaida qui provoque des violences confessionnelles pour «saper les progrès démocratiques» en Irak.
«Le Proche-Orient souffre depuis 60 ans d'un déficit de liberté. Il souffre de l'absence de canaux légitimes pour l'expression politique», a déclaré d'une voix vibrante Rice, qui considère la promotion de la démocratie comme le meilleur moyen pour lutter contre l'extrémisme islamiste et par extension, le terrorisme.
«L'importance des réformes démocratiques (...) restera un élément central, peut-être même l'élément central de la politique étrangère de l'administration», a-t-elle ajouté.
Cette politique est implicitement critiquée par le rapport du Groupe d'études sur l'Irak, coprésidé par l'ancien secrétaire d'Etat James Baker, qui recommande une approche réaliste, basée sur un dialogue avec l'Iran et la Syrie.
Rice a rejeté cette suggestion, rappelant avoir proposé en mai d'ouvrir le dialogue avec Téhéran, à condition que l'enrichissement de l'uranium par l'Iran soit suspendu.
«Je vais répéter ce que j'ai déjà dit à de nombreuses reprises: je rencontrerai mon homologue iranien, à ces conditions, n'importe quand, n'importe où», a-t-elle dit.
«En ce qui concerne l'Iran et la Syrie, souvenons-nous que c'est un problème de comportement», a poursuivi Rice. «Ce sont des Etats qui ont choisi de se placer du côté de l'extrémisme, pas de la modération, et c'est le problème essentiel».
«Le fait est que s'ils veulent aider à stabiliser l'Irak, ils le feront», a-t-elle ajouté.
Alors que le rapport Baker reproche à l'administration Bush de ne pas avoir déployé suffisamment d'efforts pour débloquer le processus de paix israélo-palestinien, Rice a envoyé une pique à Baker, son prédécesseur à la tête du département d'Etat.
«N'oublions pas que ce conflit n'est toujours pas résolu, malgré de multiples, multiples efforts pour le faire», a-t-elle lancé.
Elle a cependant indiqué voir la possibilité d'une «ouverture pour faire avancer le processus» après l'établissement d'un cessez-le-feu dans la Bande de Gaza.
«Mon engagement personnel et celui du président pour tenter de résoudre ce conflit est très profond et très fort», a-t-elle assuré, avant de rappeler que Bush a été le premier président américain à se prononcer en faveur d'un Etat palestinien.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com