Pension complète au siège du gouvernement libanais





Libres mais cernés par les manifestants qui encerclent leur palais depuis dix jours, Fouad Siniora, le Premier ministre libanais, et quelques-uns de ses ministres vivent des journées particulières dans le Sérail transformé en forteresse où ils ont élu domicile.

Beyrouth-Agences
Surnommé "le prisonnier du Sérail" par le Hezbollah chiite prosyrien, chef de file de l'opposition, Fouad Siniora n'a pas bougé du siège du gouvernement depuis le début du sit-in de l'opposition qui a pour objectif déclaré de faire tomber son cabinet.
De la place Riad el-Solh, en contrebas du Sérail - un superbe bâtiment de l'époque ottomane juché sur un promontoire - monte la clameur de la foule.
Celle-ci campe jour et nuit, au milieu de centaines de tentes comme au Moyen-Age, sous les balcons du Sérail appelé "la citadelle" du temps des
Ottomans.
L'épaisseur des murs du palais n'empêche pas Siniora et ses ministres d'entendre les harangues qui s'élèvent du campement, les appelant à "ne pas se cacher du peuple derrière les barbelés" érigés par l'armée autour du Sérail.
Le Premier ministre confie qu'il regrette les jours "de liberté", "quand je pouvais marcher, sans me sentir menacé, avec mon épouse dans les ruelles du centre-ville".
"Nous ne sommes pas là pour nous cacher mais pour des raisons de sécurité, après les menaces de liquidation physique contre l'un des nôtres", affirme Nayla Moawad, la ministre des Affaires sociales.
Moawad a élu domicile au Sérail après l'assassinat le 21 novembre du ministre de l'Industrie Pierre Gemayel, membre de la majorité parlementaire anti-syrienne.
"Il leur suffit de tuer encore deux d'entre nous pour faire chuter le gouvernement", ajoute avec amertume Nayla Moawad, veuve du président René Moawad, assassiné en 1989 dans un quartier de Beyrouth.
Nayla Moawad réside aujourd'hui avec une dizaine de ministres dans l'aile réservée aux invités de marque, au premier étage de l'imposant édifice coiffé d'un toit de tuiles rouges.
Ironiquement, le Sérail, une bâtisse utilisée comme caserne militaire puis
comme siège du pouvoir ottoman au XIXe siècle, a été restauré avec force luxe par Rafic Hariri alors qu'il était chef du gouvernement et que Fouad Siniora était son fidèle ministre des Finances.
Avec sa femme et son fils restés à ses côtés, M. Siniora occupe toute la partie nord du second étage.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com