Théâtre : Zahira Ben Ammar tout feu tout “Femme”





“Femme”, une pièce de théâtre de Zahira Ben Ammar, concoctée sur la base du texte d’Ezzeddine Madani a été présentée en avant-première lundi à l’Institut supérieur des Arts Dramatiques sis à Al Omrane. Cette production brosse un tableau peu reluisant de la situation critique de la femme arabe.

La particularité de cette pièce est que le texte duquel elle s’inspire est en arabe littéraire. Elle évoque la vie de la légendaire sultane “Chajaratou Ad-Dor”.
Conçue dans un style dramatique “Femme” part d’une vision légendaire pour expliciter la situation actuelle, par laquelle passe la femme arabe. Il s’agit, pour le metteur en scène et l’actrice de démontrer en s’appuyant sur ce personnage légendaire de Dorra, la place de la femme arabe dans la cité, laquelle a été mise en exergue dans le texte d’Ezzeddine Madani. La pièce de théâtre de Raja Ben Ammar soulève un ensemble d’interrogations sur le second rôle donné à la femme. Pourquoi une femme ne devient-elle pas sultane ou ne dirige-t-elle pas une prière? Il s’agit pour Zahira Ben Ammar d’expliciter, sur un autre plan, sa situation actuelle de femme arabe attachée à son passé et ouverte sur le reste du monde, tout en aspirant à être traitée sur un pied d’égalité avec l’homme dans plusieurs domaines. Mais à vrai dire, bien que Ezzeddine Madani réfute la vocation historique de son texte, “Femme” s’inspire, en entier des références historiques, notamment des grands conquérants, comme Salaheddine Al Ayyoubi entre autres. Zahira Ben Ammar, elle, veut faire de la pièce une aventure dramaturgique qui fait un va-et-vient entre le passé et le présent.

Décor splendide
Dans la présentation de la pièce, le décor restitue le texte dans son contexte social. Zahira Ben Ammar s’est entourée de deux jeunes actrices. Il s’agit d’Imen Mabrouk et de Sandra Ben Chikha. Quant à la scène sur laquelle est jouée la pièce, elle est conçue sous la forme d’un espace nu. Au milieu, on trouve un cercle. C’est à l’intérieur de ce cercle que Zahira procède à la lecture de son texte avec une certaine spontanéité. Elle est présentée dans cette scène, comme une femme verticale, en position de faiblesse, qui peut être écrasée à n’importe quel moment, mais qui se lance à la conquête de l’espace vide au milieu du cercle. Cependant, pour bien expliciter sa position de faiblesse, les mouvements sont présentés de façon très lente. Zahira Ben Ammar a procédé à la lecture en ayant parfois recours à des vociférations ou à des intonations montantes. Le tout était basé sur l’instantanéité des mouvements lents sur la scène, comme pour exprimer la situation actuelle de la femme arabe, toujours en quête d’un vrai positionnement social.

Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com